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Réduction de la taille des classes et maintien du Plus de maîtres..., conjuguer les deux logiques par pragmatisme (Marc Douaire, président de l’OZP)

16 mai 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

[...] Les classes à douze élèves

Déjà réformée il y a deux ans (1), l’éducation prioritaire devrait connaître une rentrée sous le signe du changement. L’entourage d’Emmanuel Macron a ainsi fait savoir qu’une de ses mesures éducatives phares, la réduction à 12 élèves des classes de CP et CE1 dans les établissements relevant de ces dispositifs, prendrait progressivement effet dès septembre. Un délai particulièrement court quand on sait que le ministère de l’éducation a déjà publié, début mars, sa circulaire de rentrée 2017. Laquelle devra donc être amendée.

Cette disposition pourrait commencer à s’appliquer en CP dans les établissements classés Rep+, le noyau dur de l’éducation prioritaire, et dans une bonne partie des REP (réseau d’éducation prioritaire). Elle ne devrait être pleinement effective qu’en septembre 2018. Pour Bruno Suchaut, chercheur en sciences de l’éducation à l’université de Lausanne, elle tient compte des enseignements de nombreuses études menées en France et à l’étranger. « On sait que pour produire des effets positifs sur les résultats des élèves, en particulier sur ceux des enfants les plus faibles, la réduction des effectifs de la classe doit être significative », rappelle-t-il. À ses yeux, il est également pertinent de faire porter les efforts en tout début d’élémentaire, au moment où l’on apprend à lire et écrire, même s’« il faudrait aussi diminuer le nombre d’élèves par classe dès la grande section de maternelle ».

Côté enseignants, la volonté d’Emmanuel Macron est accueillie avec des sentiments mêlés. Car pour appliquer cette réforme, le nouvel exécutif devrait redéployer les 5 000 postes jusqu’ici affectés au « plus de maîtres que de classes », un dispositif au cœur de la « refondation » menée sous le quinquennat Hollande et qui ne s’applique pas exclusivement dans l’éducation prioritaire. Le comité de suivi de ce dispositif évoquait, en janvier, des effets positifs en matière de prévention de l’échec et d’aide aux élèves. Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, insiste aussi sur la façon dont le « plus de maîtres que de classes », approuvé à 96 % par les professeurs, selon une étude conduite par son syndicat, a permis d’insuffler des dynamiques nouvelles dans les écoles. « On n’a jamais autant parlé des besoins des élèves », assure-t-il.

Quoi qu’il en soit, la diminution du nombre d’élèves par classe se heurte aussi à une question pratique : celle du dédoublement de ces classes, et donc, en théorie, de la construction de nouveaux bâtiments. Pour Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires, « par pragmatisme, faute de salles de classe supplémentaires disponibles », il serait judicieux de conjuguer les deux logiques. « Au lieu de former des classes distinctes de 12 élèves, on pourrait affecter de façon permanente deux enseignants à des classes de 24 enfants. Cette plus grande souplesse pédagogique irait de pair avec l’autonomie voulue par Emmanuel Macron. »

Extrait de lacroix.fr du 16.05.17 : Trois premiers chantiers au pas de charge

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