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Bien-être à l’école. Deux articles du Ctreq : - Esthétique de l’environnement et bien-être en milieu préscolaire et scolaire - Quand sieste et réussite scolaire vont de pair

13 août Version imprimable de cet article Version imprimable

Esthétique de l’environnement et bien-être en milieu préscolaire et scolaire

D’après le psychologue américain Abraham Maslow, l’environnement physique a un impact sur le bien-être des personnes le fréquentant. Lors d’une expérience qu’il a réalisée dans les années 50[1] et pour les besoins de laquelle il a créé trois pièces différentes – un bel environnement, un environnement sans attrait particulier et un environnement désagréable, inesthétique –, Maslow a comparé les effets de chacune de ces pièces sur trois groupes d’étudiants universitaires. Pour ce faire, les étudiants, qui se trouvaient dans l’un ou l’autre des trois environnements créés par Maslow, devaient entre autres émettre un jugement analytique, évaluatif sur le sentiment de bien-être relatif à chaque image d’une série de photographies. Il en est ressorti que l’évaluation attribuée à ces images par les étudiants du groupe se trouvant dans le bel environnement était nettement meilleure que celle attribuée par les étudiants des deux autres groupes. Partant de ce constat, Maslow a ajouté trois besoins à sa pyramide des besoins fondamentaux, notamment en ce qui concerne l’esthétique de l’environnement, c’est-à-dire la recherche de la beauté, l’harmonie des couleurs et des formes, etc. En s’inspirant du modèle de la pyramide de Maslow revisitée, on comprend aisément que tenir compte de l’esthétique dans les environnements préscolaires et scolaires s’avère un bon moyen d’améliorer le bien-être des enfants et des éducateurs.

Article adapté de Russel, N. (2019, mai). The importance of environmental aesthetics to educator and child wellbeing. Repéré dans le site Web The Sector

Extrait de rire.ctreq.qc.ca du 06.08.19

 

Quand sieste et réussite scolaire vont de pair

Pour chaque Chinois, enfant comme adulte, la sieste fait partie du quotidien, au point que la Constitution chinoise[1] prévoit un temps de repos autorisé pour les travailleurs. C’est une manière de faire le plein d’énergie et de rétablir l’harmonie du corps et de l’esprit. Permettre aux enfants de s’initier ou d’avoir recours à cette pratique paraît donc tout à fait naturel, puisque cela les aiderait à atteindre leur plein potentiel. Au Québec, si beaucoup d’enseignants favorisent une période de détente après le dîner au préscolaire, il n’y a aucune obligation de faire la sieste. Une étude américaine publiée dans la revue SLEEP suggère d’intégrer la sieste dans l’horaire scolaire à tous les niveaux (préscolaire, primaire et même secondaire). Cette recommandation émane des travaux de six chercheurs qui ont observé les effets positifs de la sieste sur la cognition, le bien-être psychologique et la résolution des problèmes émotionnels et comportementaux d’élèves du primaire.

Six chercheurs[2] de l’Université de Pennsylvanie et de l’Université de Californie à Irvine ont mesuré, pour près de 3 000 élèves âgés de 10 à 12 ans (classes de quatrième, cinquième et sixième année d’écoles primaires), la durée de la sieste après le dîner et du sommeil nocturne, ainsi que la qualité du sommeil et la performance scolaire, et leurs effets sur l’exécution de tâches neurocognitives. Avec l’aide des enseignants, ces chercheurs ont pu obtenir des données comportementales et scolaires sur chaque élève, y compris des renseignements sur les plans psychologique (ex. : le courage et le bonheur) et physique (ex. : l’indice de masse corporelle et le taux de glucose). Ils ont ensuite analysé les liens entre les résultats obtenus et la sieste, en tenant compte de différents facteurs (ex. : sexe, niveau scolaire, éducation parentale, heure du coucher).
Première étude du genre

Le manque de sommeil ou la somnolence diurne chez les enfants et les adolescents est chose courante, la somnolence affectant jusqu’à 20 % de tous les enfants. Jusqu’à maintenant, de nombreux chercheurs s’étaient intéressés aux effets de la sieste sur les adultes et sur les enfants en bas âge, mais l’état de la recherche scientifique dans ce domaine démontrait un manque en ce qui concerne les effets de la sieste sur les enfants plus âgés. Les études américaines traitaient probablement essentiellement des effets de la sieste sur les tout-petits, parce qu’à l’instar de beaucoup de pays occidentaux, dans le système scolaire américain, la sieste sort de la routine scolaire au moment où les enfants entrent à l’école.
Études américaine et chinoise

Pour savoir si la sieste peut aider à améliorer la santé mentale et physique des enfants, les six chercheurs américains ont donc utilisé les données d’une étude chinoise[3] où l’on s’intéressait à différents aspects du développement d’élèves chinois depuis leur plus jeune âge. La Chine comme terrain d’étude s’est imposée naturellement aux chercheurs américains, parce que la sieste y est une pratique culturelle bien ancrée dans la vie scolaire, même dans la vie adulte. À ce sujet, un des chercheurs, Xiaopeng Ji de l’Université du Delaware, souligne ceci : « La sieste pendant la journée est très controversée aux États-Unis et dans la culture occidentale, où le modèle de sommeil monophasique est considéré comme un marqueur de la maturation cérébrale. En Chine, le temps de la sieste est intégré dans l’horaire post-déjeuner pour de nombreux adultes dans les milieux de travail et les élèves dans les écoles. »

Liens entre sieste, bonheur et réussite scolaire

L’étude américaine a révélé qu’une sieste de 30 à 60 minutes effectuée trois fois par semaine après le dîner aurait les mêmes effets bénéfiques qu’une nuit complète de sommeil, d’une part, et de nombreux autres avantages, d’autre part. Elle aiderait notamment les enfants à travailler mieux, à être plus heureux et même à être plus courageux et maîtres d’eux-mêmes. Donc, plus les élèves dorment pendant la journée, plus les bienfaits de la sieste sont bénéfiques : attention soutenue, meilleure capacité de raisonnement non verbal, meilleure mémoire spatiale. Outre une attitude positive à l’égard des activités scolaires, des personnes et des choses qui les entourent, les enfants qui siestent durant la journée entretiendraient aussi, dans leur quotidien, une relation positive entre sommeil, concentration et efficacité et acuité intellectuelle.

Les enfants qui font la sieste trois fois ou plus par semaine bénéficient d’une augmentation de 7,6 % de leur rendement scolaire, en particulier les élèves de sixième année.

Durée d’une microsieste bénéfique

Selon les chercheurs, la durée idéale d’une sieste serait entre 30 à 60 minutes : plus d’une heure interfèrerait avec le rythme circadien. Les élèves participants, qui ont dormi entre 30 et 60 minutes, ont d’ailleurs fait état d’une meilleure précision dans les tâches d’attention ainsi que d’une vitesse plus rapide, et ils ont aussi bénéficié d’un meilleur sommeil nocturne. Cependant, les chercheurs recommandent d’éviter la sieste après 16 h et d’une durée excessive.

Limites de l’étude (pour y faire suite)

Au Canada[4], de nombreux spécialistes alertent les opinions et les pouvoirs publics sur les problèmes de sommeil des adolescents et des jeunes enfants touchés par cette situation pour divers motifs : temps passé devant les écrans, présence sur les réseaux sociaux, horaires surchargés, etc. Bien que les chercheurs précisent que des études plus poussées doivent être menées pour vérifier les liens de causalité précis entre la sieste et les bienfaits rapportés, ils affirment néanmoins qu’instaurer une sieste dans l’horaire scolaire pourrait offrir une solution de rechange intéressante, voire plus facile que, par exemple, de retarder l’heure d’entrée à l’école le matin.

La sieste de midi est facile à mettre en place et ne coûte rien, surtout si elle s’accompagne d’un allongement de la journée d’école pour éviter de perdre du temps d’enseignement.

Jianghong Liu, coauteur de l’étude

[Traduction libre]

D’autre part, examiner pourquoi les enfants dont les parents sont plus instruits siestent plus que ceux dont les parents sont moins instruits s’avérerait certainement aussi utile que pertinent.

Pour consulter la recherche

Extrait de rire.cetreq.qc.ca du 04.08.19

 

Note du QZ : Au Québec, il est d’usage de ne pas laisser d’espace avant les signes de ponctuation ? et !

 

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