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B* Synthèse de l’observation des pratiques : enseignement explicite et climat scolaire, année 2017-2018, au collège REP Ernest Renan à Nantes, par l’IA-IPR référent du réseau

30 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

enseignement explicite
observation de pratiques d’enseignement

collège Ernest Renan, REP, Nantes - 2017-2018
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Synthèse de l’observation des pratiques d’enseignement : enseignement explicite et climat scolaire, durant l’année scolaire 2017-2018 au collège Ernest Renan à Nantes.

Projet d’observation présenté à l’équipe pédagogique du collège

Objectif principal :
Observer des pratiques d’enseignement pour en relever les articulations explicites ou implicites et leurs incidences sur le climat scolaire.

Principes envisagés :
Temps d’observation dans les classes et d’analyse des pratiques d’enseignement

► Temps de travail avec les professeurs observateurs : définition d’une grille d’observables qui puisse s’appliquer au travail du professeur comme à celui des élèves.
► Temps d’observation en classe : 3 classes (différents niveaux) ou 1 classe suivie pendant 3 heures de cours.
► Temps d’échange entre professeurs observateurs pour mutualiser les éléments relevés et les interrogations qu’ils pourraient poser.
► Temps d’échange entre professeurs observés et professeurs observés pour échange.
► Rédaction d’une synthèse de l’observation permettant de faire un point sur les pratiques professionnelles et produire un outil de référence commun à l’ensemble des enseignants.

Structure du dispositif d’observation
Dates et durée : mardi 27 mars 2018 – 1 journée d’observation et d’échange

► En amont : un temps de préparation avec les professeurs observateurs : le mardi 20 mars 2018, de 17H à 19H.
► 1 journée en établissement : 3 heures d’observation : classe de 5e 5 observée en M1 et en M4, classe de 6e 6 observée en M3
► Un temps de mutualisation des observateurs (1H) : M2 et pause méridienne.
► Un temps d’échange observateurs/observés (1H) : S1
► Un temps de retour auprès des enseignants du Collège Ernest Renan.

Professeurs impliqués :
► Personnels observateurs : Mme BENCHEIKH, professeure d’histoire et géographie Mme GUERIN, professeure d’EPS, Mme ROSSARD, professeure d’EPS, M. SEINCE, IA-IPR référent du REP.
► Classes observées : 5e 5 (en mathématiques et en anglais), 6e 6 (en histoire-géographie)
► Professeurs observés : Mme ACKERMANN professeure d’anglais, M. BRIDJI, professeur d’histoire et géographie, Mme DABOUIS, professeure de mathématiques,

Quelques éléments généraux de pratiques professionnelles à observer :
► Les différents rituels organisant le travail de la classe : règles communes à l’équipe pédagogique, règles particulières du cours observé.
► L’interaction, la coopération des élèves dans la réalisation du cours.
► L’espace et la disposition de la classe (le lieu où travaillent les élèves).
► L’interaction des enseignants pour coordonner procédés et contenus d’enseignement.

Synthèse de la réunion initiale des observateurs (20 mars 2018)

Plutôt qu’une grille détaillée d’éléments établie en amont, ont été choisi quatre axes prioritaires d’observation dans les pratiques des élèves et dans celles des enseignants :
► La gestion de l’espace classe (le lieu, les affichages, l’espace, la disposition des mobiliers).
► Les rituels d’organisation du cours mis en place par l’enseignant(e).
► La mise en activité des élèves.
► La variété et l’adaptabilité dans la réalisation d’une séance de cours.

Par ailleurs, les professeurs et l’inspecteur ont échangé sur leurs attentes dans la mise en œuvre de l’observation : une occasion pour prendre du recul sur ses propres pratiques professionnelles et pour pouvoir mutualiser des idées, des gestes ou des postures pour améliorer le climat scolaire (le vivre ensemble) et la consolidation des apprentissages (l’apprendre ensemble). Au regard de ces deux objectifs corrélés, Il a été décidé de repérer ce qui est implicite (qui n’est pas ou plus exprimé ou rappelé) ou explicite dans le déroulement d’une séance de cours.
Le bilan effectué à l’issue de la journée est envisagé comme un relevé de bonnes pratiques et non comme une description exhaustive du déroulement des séances observées et de leurs situations d’apprentissages.

Synthèse bilan des observations faites en classe et des échanges observateurs/professeurs observés.
Individualisme versus citoyenneté
Deux points majeurs émergent des observations mais également des ressentis des enseignants. Ils semblent marquer particulièrement l’identité de la population scolaire accueillie au Collège Ernest Renan et nuire à l’efficacité souhaitée des enseignements disciplinaires. Ces deux points révèlent certainement une dégradation de l’estime de soi, d’une ambition limitée dans ce que l’Ecole peut leur apporter, compensés par une posture assez autocentrée dans leurs rapports à l’équipe éducative :

► Les élèves montrent de la difficulté à travailler ensemble dans un cadre collectif. Ils sont fortement attachés à un accompagnement et un intérêt du professeur sur leur progression et leurs performances individuelles. Aussi, ils peinent à interagir dans un questionnement collectif par manque d’écoute et de prise en compte des contributions de leurs pairs, voire de réponses précises apportées par le professeur à l’un(e) de leurs camarades.
► Les élèves peinent à comprendre et à assimiler les « codes sociaux » qui régissent le vivre ensemble dans le collège. La méconnaissance ou la transgression de règles et de valeurs civiques les amènent à ignorer l’importance des postures et registres de parole à adopter dans un cadre collectif : respect de l’autre (élève ou adulte), acceptation des différences, etc.

Les bonnes pratiques observées ou formulées dans l’échange pour répondre aux deux points majeurs de difficulté

Gestes et pratiques généraux :
►Adopter une et maintenir une posture bienveillante : donner droit à l’erreur, valoriser la progression collective ou individuelle même si celle-ci n’aboutit pas immédiatement au résultat escompté.
► Rappeler systématiquement les règles de vie commune : savoir entrer et sortir de la classe, savoir présenter une excuse pour son retard, pour un acte d’incivilité.
► Atténuer l’inquiétude des élèves face à la notation des travaux : la fiche de révision paraît en partie rassurer à condition que ses objectifs soient fréquemment rappelés (cibler des compétences et des connaissances travaillées). Il peut être intéressant de la construire avec les élèves. Evaluer ce qui est acquis ou évaluer un temps ‘t’ pour tout le monde : il y a deux formats à distinguer.
► Faire verbaliser les élèves sur leur ressenti par rapport à leur travail.

Matérialisation de ce qui est enseigné :
► Donner à voir ce qui est réalisé par les élèves et ce qui enseigné dans la salle : affichage des travaux en cours de réalisation ou déjà réalisés, éviter l’anonymat des salles de cours. Dans la mesure du possible, créer un espace visuel qui développe l’estime de soi, donc l’implication personnelle dans les travaux proposés.
► Montrer les modalités de travail et des postures qu’elles impliquent par des outils simples (exemple : tétraèdre ou feux multicolores). Les élèves peuvent visualiser le geste d’apprentissage qui est attendu pour la réalisation de la tâche à effectuer : travail de réflexion silencieuse, travail en concertation avec ses camarades, travail en collectif, apprendre à différer les questions etc…

Gestion des activités et des rythmes de réalisation dans une séance :
► Favoriser un engagement rapide et collectif : rituel de mise au travail installé au début du cours (remise en contexte par remémoration de la séance précédente, interrogation brève, régulière et simple sur les apprentissages en cours, installation d’une situation d’apprentissage sous la responsabilité d’un ou de plusieurs élèves, etc.)
► Donner des repères temporels pour la réalisation de travaux autonomes (en binômes ou en groupes) : pour favoriser la concentration, découper l’activité en périodes brèves (3 à 5 minutes), effectuer des relances collectives pour atténuer la multiplicité des rythmes de réalisation, installer systématiquement un moment de compte-rendu collectif sur ce qui a été réalisé séparément et comment cela a été réalisé.
► Anticiper la fin du cours afin de ne pas avoir à précipiter le rythme du travail (envisager un temps de retour au calme pour prendre en note le travail personnel de transition entre deux séances).

Coopération des élèves :
► Lever les implicites : donner de la place au co-enseignement en encourageant les élèves « performants » à expliquer les termes bloquants ou les procédures de résolution adoptées pour aider leurs camarades en difficulté.
► Valoriser la parole des élèves : éviter de reprendre une réponse ou une argumentation proposée par un élève si elle convient, encourager celui-ci à s’adresser à la classe et non au seul professeur si sa voix n’est pas audible par tous.
► Atténuer l’attente d’une aide du professeur dans les procédures de pédagogie individualisée : l’aide de l’enseignant peut être relayée collectivement par celle d’un camarade, voire du groupe qui l’entoure.

Prolonger ce temps d’observation et d’échange didactique par des actions dans l’établissement.

Les professeurs impliqués dans cette procédure initiale ont unanimement signifié leur souhait de prolonger ce dispositif d’observation des pratiques d’enseignement, au Collège Ernest Renan. Ils soulignent d’une part l’intérêt d’un regard externe hors les visites d’inspection ou d’accompagnement pédagogique institutionnels afin d’exercer un regard critique sur leurs propres pratiques et d’autre part la nécessité de revisiter et renouveler celles-ci en prenant appui sur la ressource de leurs collègues.

Trois actions peuvent être envisagées au sein de l’établissement :
► Dans un premier temps, ouvrir sa classe aux collègues enseignant(e)s à l’aide d’un planning affiché en salle des professeurs. Celui-ci permettrait d’identifier les professeur(e)s acceptant la présence de collègues en observation de leurs pratiques (classes, créneaux horaires, dates). Cette procédure serait fondée sur le volontariat des observateurs et des observés.
► Une formation de proximité pour échanger et s’appuyer sur des ressources externes serait la bienvenue pour apporter des réponses à ces interrogations.
► Une aide particulière des formateurs ou formatrices académiques éducation prioritaire. Ceux ou celles-ci peuvent également intervenir pour aider à définir la problématique et les objectifs de l’action de formation précédemment citée

Ces échanges ont également permis de faire émerger des problématiques communes, donc des besoins, que nous listons, de manière non-exhaustive, ci-dessous :
- comment gérer les différents rythmes en classe et ceux qui ont fini avant ?
- comment faire pour s’économiser dans la gestion des élèves au travail ?
- comment apprendre aux élèves à utiliser à bon escient l’auto-évaluation ?
- faire du lien entre les outils des différents professeurs.

Synthèse rédigée par Monsieur SEINCE, IA-IPR référent du REP (5 pages)

Extrait de ac-nantes.fr du : Observation de pratiques d’enseignement

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