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Agir pour la réussite de tous les enfants, par Frédérick Jésu, éditions de l’Atelier, 205 p., novembre 2016

29 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Dernier ajout le 29 mars 2017

Présentation éditeur :
Parents, enseignants, éducateurs, animateurs, ministres, élus locaux : tous disent vouloir « la réussite de tous les enfants ». Mais de quelle réussite parlent-ils ? Entre l’exaltation de la compétition méritocratique et le constat fataliste de l’échec programmé des enfants des familles populaires, comment promouvoir des pratiques qui redonnent confiance à tous ? Comment faire converger les initiatives des professeurs, des parents et des autres éducateurs afin de révéler et de développer les capacités de chaque enfant ?

Deuxième titre de la collection « Pouvoir d’agir », cet ouvrage est construit sur la base d’une quinzaine de clichés à déconstruire : des idées reçues qui, une à une, sont contrecarrées par les récits d’initiatives innovantes menées dans quinze lieux en France, qui mettent en valeur le pouvoir d’agir ensemble, localement, en faveur d’une coéducation des enfants. L’auteur raconte la façon dont les parents, les éducateurs, les élus et les décideurs locaux s’y prennent pour faire en sorte que tous les enfants d’un territoire de vie soient en mesure de « réussir ». C’est-à-dire, en pratique, réussir à apprendre à l’école et hors de l’école, à progresser, à échanger, à faire des choix individuels et collectifs éclairés, à s’émanciper en toute sécurité.

Ce livre est destiné à un public très large d’enseignants, d’éducateurs et de parents qui cherchent comment agir dès maintenant, de façon solidaire et coopérative, pour que chaque enfant inscrive son parcours dans une dynamique de réussite.

Les actions présentées concernent tous les âges, de la petite enfance à l’adolescence. Ce livre invite à les mutualiser, les partager et les enrichir, pour que la réussite de tous les enfants devienne une expérience contagieuse et vivifiante qui développe la démocratie.

Extrait de editionatelier.com : Agir pour la réussite de tous les enfants

 

Que signifie "agir pour la réussite de tous les enfants" ? (F. Jésu)

Qui oserait dire qu’il ne veut pas que tous les enfants réussissent ? Mais personne ne met, sous le mot "réussite" les mêmes attentes. Quant aux adolescents, ne seraient-ils pas tentés de s’exclamer : "Vous nous prenez la tête avec vos histoires de réussite (...) !". Frédéric Jésu signe un petit livre, "Agir pour la réussite de tous les enfants" dans lequel il oppose aux idées reçues sur la réussite et sur les finalités du système éducatif les démarches d’un terrain qu’il a arpenté, passant du projet d’un collège perdu dans la Somme à celui d’une maison de quartier à Poitiers, d’une école de Bobigny au collège-lycée Freinet de La Ciotat, d’une recherche action menée à Strasbourg à un petit coin bibliothèque d’une "maison pour tous" de Lorient...

Dans cet espace, les enfants gèrent eux-mêmes le prêt de livres. Une animatrice a voulu rationaliser le système avec des fiches : "Tout s’est aussitôt figé, les livres ont cessé d’être empruntés." Elle a renoncé à s’en mêler, et "la dynamique collective, la confiance accordée aux enfants et le respect de leurs initiatives" leur ont permis "de réussir leur entreprise et (d’) obtenir l’adhésion de leurs camarades".

Contredire tous les fatalismes
Frédéric Jésu est un "militant associatif engagé dans la défense des droits de l’enfant", et il a choisi de convaincre par l’exemple, d’exposer des initiatives et des expériences, de présenter des personnalités dont les actions et les témoignages viennent contredire tous les fatalismes, du type "tous les enfants ne peuvent pas réussir", ou "la réussite des enfants, c’est d’abord et surtout à l’école", "certains éducateurs (...) font trop confiance" aux enfants, "les parents ne s’intéressent pas à ce que font leurs enfants", "la compétition est inévitable", etc.

A Beaucamps-le-Vieux, un projet pédagogique a permis que le taux de passage des élèves en seconde augmente de 50 % ; à Poitiers, un enseignant de CP ouvre sa classe aux parents, et certains font de gros sacrifices pour venir, comme ce père qui assiste à une matinée de classe après une nuit de travail ; dans une école alsacienne, les acteurs du périscolaire, les enseignants et les acteurs associatifs participent à un groupe d’échanges et d’actions concertées ; dans une école parisienne, des "ateliers interactifs scientifiques" associent "parents, enfants et enseignants" tandis qu’à Nantes, le PEDT (projet éducatif de territoire) a été conçu avec l’ensemble des acteurs éducatifs, y compris les enfants. Ailleurs encore, "chaque enfant ou parent est reconnu comme apte et légitime à apporter un élément de solution"...

Mon échec ou l’échec de mon projet ?
Mais au final, pour quoi faire, pour quelle réussite ? Frédéric Jésu cite un collégien de La Ciotat : "La réussite, c’est quand on a accompli quelque chose, qu’on l’a mené à terme", et s’il échoue dans ses études et son projet professionnel, "ce ne sera pas nécessairement un échec, mais le début d’un autre projet. Je m’y adapterai." L’auteur ajoute en conclusion que "la personne globale de l’enfant reste trop souvent le continent noir des pédagogues, même les plus éclairés, qui s’attachent à le faire réussir" alors qu’il est "un expert du présent". Dès lors, il s’agit de promouvoir, sinon avec tous les acteurs concernés, une "conception émancipatrice de la réussite".

"Agir pour la réussite de tous les enfants", éditions de l’Atelier, 205 p., 10 €

Extrait de touteduc.fr du 26.10.16 : Agir pour la réussite de tous les enfants

 

Agir pour la réussite de tous les enfants
Frédéric Jésu, Les éditions de l’atelier, coll. Pouvoir d’agir, 2016

L’auteur, pédopsychiatre mais surtout militant de l’éducation populaire, montre à partir d’exemples concrets comment on peut agir pour la réussite de tous les enfants, grâce notamment à la collaboration entre le monde scolaire, les collectivités territoriales et le monde associatif. Ici, c’est un collège de la Somme un peu perdu dans la campagne qui met en place une pédagogie de projet, renforce les liens entre école primaire et secondaire et aide les élèves à avoir plus d’ambition pour l’avenir. Là, c’est une grande ville, comme Poitiers, qui se mobilise pour un accompagnement des jeunes dans les quartiers et anticipe la mise en place d’un PEDT, en associant par exemple ATD Quart Monde, même s’il faut pouvoir s’entendre par l’expression «  réussite  ». Là encore, c’est l’expérience très riche de la pédagogie Freinet, mise en œuvre en particulier à La Ciotat, jusqu’au bac et qui permet à certains enfants à surmonter leurs difficultés, bien que l’équipe du collège-lycée souhaite aussi accueillir des élèves les plus divers, avec des principes d’entraide et de coopération. Elle doit pour cela lutter contre les préjugés («  Aller chez Freinet, ça freine !  »). D’autres expériences sont évoquées : travail avec les parents à Guéret, les dispositifs passerelles à Nantes ou encore l’école Pajol à Paris qui accueille de nombreux allophones et met en place par exemple une «  papothèque  ».

Chaque chapitre est en quelque sorte une réponse à une idée reçue. Par exemple : «  les parents ne s’intéressent pas à ce que font les enfants à l’école  », ou «  La réussite de tous les enfants est d’abord l’affaire de l’école et des familles. Les Villes n’ont qu’un rôle périphérique.  »

En conclusion, Frédéric Jésu plaide pour une conception de la réussite «  construite collectivement, et qui, mieux qu’une simple victoire, revanche ou reconquête face à l’adversité et à l’injustice sociale, deviendrait un art d’l’apprendre ensemble, du faire ensemble et du vivre ensemble.  »

Jean-Michel Zakhartchouk

Extrait de cahiers-pedagogiques.com du 28.03.17 : Agir pour la réussite de tous les enfants

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