> 9 - AGENDA > 51- Archives > Revue de presse : archiv. 2008-2001 (non classées en rubriques (...) > Revue de presse. Archives 2008 à 2004 > année 2006 > août 2006 > "Les pieds blancs", d’Houda Rouane, août 2006. Une assistante d’éducation (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

"Les pieds blancs", d’Houda Rouane, août 2006. Une assistante d’éducation dans un collège ZEP de Saône-et-Foire publie son premier roman de témoignage

28 août 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Figaro magazine » du 28.08.06 : Des plumes au milieu des tours

475 romans français paraissent d’ici à octobre. Entre vieux briscards et jeunes premiers s’illustrent les enfants de l’immigration. Notre choix.

Houda Rouane, bientôt 29 ans, lectrice de Steinbeck et de Céline, est pionne dans un collège d’une ZEP (zone d’éducation prioritaire) en Saône-et-Loire. Elle ne s’est pas lancée dans Pieds-blancs (1) pour passer à la télé mais suite à la promesse faite à un ado d’écrire une histoire s’il passait en troisième. L’histoire est devenue premier roman, envoyé par mails fragmentés à un éditeur parisien. Des 700 pages rédigées jour et nuit, en deux mois et demi de transe, ne subsiste qu’une petite moitié, qui en dit déjà beaucoup sur la vie et les états d’âme de Norah, jeune assistante d’éducation, Française d’ascendance marocaine comme l’auteur.

Les « gosses rebeux » accros au Nutella, les gamines culottées comme Britney Spears, la tête des profs, le regard des autres et Allah dans tout ça... Pas facile pour Norah de vivre à une époque où « un Arabe, c’est plus un voleur. C’est un terroriste ». Pour autant, et c’est le credo du livre, la France est son pays : « On a tapé l’incruste pour de bon. » Rouane a de l’énergie et des idées qu’elle confie, roman oblige, à ses personnages. Ainsi Tariq Ramadan ou les « intellos pro-sionistes » sont mouchés, l’intégration vire à la « désintégration » et le devoir de mémoire apparaît comme « une foutue excuse pour regarder en arrière et pas en avant ».

Au téléphone, dans un petit immeuble du 71, Rouane se souvient des émeutes de novembre 2005 comme d’un mauvais roman : « Il n’est plus temps de pleurer dans les chaumières. Je ne fais pas de différence entre mon destin et celui des autres. » Dans le livre, Norah en pince pour son mari, alias « le Grand Turc », une sorte de Clint Eastwood nonchalant « qui se trouve beau, fort, intelligent et glamour sans avoir besoin de rien ». En plus de décrypter sauvagement la réalité, Rouane sait aussi parler d’amour, du grand, du vrai. (En contrepoint, Du rêve pour les oufs, la nouvelle romance girly racaille de la très jeune Faïza Guène, qui avait cartonné en 2004 avec Kiffe kiffe demain, semble bien légère).

(...)

Jean-Marc Parisis

Répondre à cet article