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Séminaire professionnel OZP 2017. Atelier 3. "Organiser la formation sur site"

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Séminaire OZP : Construire des collectifs professionnels dans les réseaux
Paris, 2 décembre 2017

Organiser la formation sur site
Atelier animé par Arbya Eichi, formatrice académique REP+ dans les Hauts-de-Seine.

 

L’animatrice précise que, par son parcours professionnel, elle appartient aux deux degrés. Elle est actuellement seule sur deux réseaux REP+, qui totalisent 300 enseignants.

1. État des lieux
Un existant : le conseil école-collège.
Comment articuler les différentes instances au début ?
Faire des instances des lieux de formation et de production, ce qui n’est pas évident au départ.
Les formateurs REP+ ont 3 ans d’existence. Au départ, ils étaient perçus plutôt comme des accompagnateurs pédagogiques.
Chaque réseau a son histoire.
L’essentiel est de mettre le parcours de l’élève au cœur de la formation.
Sur le plan institutionnel, le temps de formation représente un contingent d’heures et une brigade de remplacement dans le primaire et un temps de pondération dans le secondaire.

2. De l’idée à la mise en œuvre
Comment faire vivre réellement le collectif ? Le temps de travail en formation est une bonne occasion de remplacer le face-à-face par le collectif, mais aussi d’amener les enseignants à verbaliser leurs difficultés et leurs besoins.
Ce décentrage n’est pas évident pour les enseignants. Il faut laisser le temps aux équipes d’apprendre à expliciter. Pour les formateurs, il s’agit d’organiser des formations explicites pour un enseignement explicite.
On est déstabilisé quand on sait qu’on ne sait pas.
On sous-estime souvent le temps nécessaire pour accompagner le changement de pratiques, pour "métaboliser". Au collège, ce sont les équipes qui organisent leur temps, une forme de formation à la carte.
Difficulté d’articuler les temps de formation REP+, les 15 heures de concertation, avec les temps de droit commun.
Des réunions régulières de pilotes sont organisées, le FEP (Formateur Education Prioritaire) étant un conseiller technique qui fait remonter les problèmes du terrain
Le travail en formation porte en particulier sur les représentations, très longues à faire évoluer, la dimension émotionnelle de l’acte d’enseigner et aussi beaucoup sur l’intermétiers.
Il faut considérer que l’appropriation de la formation est un temps de formation.

3. Le retour en classe
Le processus de formation en REP+ est une valse à trois temps. Le troisième temps est celui du retour en classe et prend la forme d’un accompagnement qui peut être fait par le formateur REP+ ou par le conseiller pédagogique.

Lors des trois temps, les équipes demandent de la lisibilité. Il s’agit pour nous de passer de la formation Formatage à la formation Accompagnement.

 

Les échanges avec les participants ont évoqué les questions suivantes :
- Un autre formateur : je me sens frustré car, moi, je n’ai pas la possibilité d’entrer dans les classes et d’interroger le terrain pour faire remonter l’information. La coordonnatrice est la seule ressource pour moi.
- il existe une forte différence entre la situation des REP+ et des REP face aux possibilités de formation.
- Lancer des classes sans notes amène toujours de nombreux questionnements mais comment répondre aux besoins ?
- "Qui pilote vraiment ?", se demandent souvent les enseignants ;
- Pour les débutants, la préoccupation première est le climat scolaire et la discipline
- Comment faire pour éviter que les visites de classes soient perçues par les enseignants comme des périodes d’observation ?
- Il est difficile de créer des collectifs vraiment autonomes, qui continuent à fonctionner quand le formateur n’est plus là retient beaucoup l’attention de l’atelier, ainsi que la définition et les conditions d’existence d’un collectif "auto-apprenant". La formation doit laisser aux enseignants un cadre de protocole qui les aide ensuite à s’organiser.
- Des enseignants peuvent-ils devenir formateurs de leurs collègues ? Plusieurs témoignages contradictoires sont apportés.
- Avoir un objet commun ne suffit pas à créer un collectif, il faut aussi un engagement commun.
- Comment organiser le travail entre le FEP et le conseiller pédagogique de circonscription ?
- Les commandes des pilotes ne correspondent pas nécessairement avec les besoins du réseau.

- Patrick Picard, qui était le matin dans un autre atelier, intervient pour préciser certains points :
- Les limites de la diffusion d’une vidéo de classe : chacun ne voit que selon sa propre focale ; le prof de maths ou le prof de langues n’ont pas le même regard. Voir ne signifie pas comprendre.
- Il est important de faire intervenir des personnes extérieures pour faire vivre le réseau.
- Chaque métier a un dilemme de métier. Cela se discute aussi entre les métiers.
- La refondation a-t-il elle changé les choses sur ce point ? Les avis sont partagés.

Suite des interventions :
- Il faut considérer que l’appropriation de la formation est un temps de formation.
- En tant que directrice d’école, j’estime que j’ai une fonction et une mission de formation. mais cela dépend bien sûr du taux de la décharge de directeur
- L’intitulé exact de ce séminaire est "Quelles continuités pour construire des collectifs professionnels dans les réseaux ? Il semble que la constitution d’une mémoire du réseau soit un élément essentiel de cette continuité et du développement du sentiment d’appartenance à ce réseau. C’est encore plus vrai dans le cas des enseignants débutants ou des enseignants expérimentés qui arrivent. [cette question a été développée dans l’atelier 2 sur l’interdegrés, NDLR]
Une idée fréquente est que la formation est un apport de ressources et qu’elle emprunte nécessairement une voie descendante.

 

Conclusion de marc Douaire
Cet atelier a débouché sur les 4 conditions de la réussite d’une formation sur site :
• Rattacher étroitement le parcours de formation des enseignants au parcours des élèves .
• Développer dans l’équipe un sentiment d’appartenance à un réseau.
• Outiller les équipes autrement que par un discours d’Espé. Mais comment ?
• Construire un collectif professionnel autonome dans la durée .
Compte rendu rédigé par Jean-Paul Tauvel

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