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B* Diversification des apprentissages en multi-classes et multi-âges : mieux vivre, mieux apprendre à l’école REP Irène Joliot-Curie de Harnes

29 février 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Projet SEPIA-Multi-classes

Etablissement :
École [REP] Irène Joliot-Curie
UAI : 062 1372 e
21, rue Saint-Claude 62440 HARNES
Téléphone : 03/21/78/03/40
Adresse électronique : ce.0621373e@ac-lille.fr

Résumé :
Individualisation et différenciation des parcours d’apprentissages dans 4 domaines sélectionnés : orthographe, lecture, numération et calcul.
Quatre groupes de besoins et évolutifs sont constitués pour chaque domaine avec des enfants de CE2, CM1 et CM2.
Un enseignant est le référent et le coordonnateur d’un domaine.
Le porteur du projet : RENAUT Guillaume, Directeur
Adresse mail académique : guillaume.renaut@ac-lille.fr
Le chef d’établissement : RENAUT Guillaume

Avis circonstancié :
Avis favorable : travail de cycle et d’équipe important, conçu pour une meilleure prise en charge des enfants selon leurs capacités et leurs besoins et permettant de lutter contre le décrochage scolaire.

L’inspecteur contacté et impliqué dans le projet :
LEFEBVRE Lionel
Observations de l’inspecteur : Ce projet est fédérateur. Il permet un réel travail d’équipe. La continuité pédagogique permet une meilleure connaissance réciproque entre élèves et enseignants. Le projet est porteur du point de vue des apprentissages : pour les élèves fragiles comme pour les élèves « plus forts ».
Le multiâge donne une expérience d’un collectif non choisi, non ordonné par des relations de ressemblance (identification) ; c’est donc à l’inverse un collectif qui peut échapper à l’ordre et à la violence et rentrer dans la structure et la créativité.

Nombre d’enseignants impliqués par disciplines :
4 professeurs des écoles

Les parents sont-ils impliqués dans le projet ? :
Les parents ont été informés et consultés.
Réunions de fin d’année et de début d’année

A l’origine :
Problème assez récurrent : l’analyse des évaluations de l’année précédente en conseil de cycle fait apparaître des écarts significatifs entre les élèves d’un même niveau au regard des compétences du palier 2 du socle commun.
Ce sont ces évaluations qui servent de diagnostic initial. Ce point d’appui est ensuite complété par des évaluations (à chaque fin de trimestre) construites par les enseignants (toujours au regard des compétences du palier 2 du socle commun) pour signifier leurs progrès aux enfants et leur permettre d’évoluer.
Comment adapter le mieux possible les enseignements aux besoins particuliers de chaque élève ?
La stabilité de l’équipe enseignante permet d’engager efficacement cette expérimentation. Un très important travail de cycle et de concertation sont nécessaires.

Quels sont les objectifs visés ?  :
Prendre en compte à la fois les capacités réelles des élèves et considérer leurs besoins particuliers.
Lutter contre le décrochage scolaire.

Quel est le public ciblé ? :
Les élèves de cycle 3 : du CE2 au CM2.
90 élèves : 22 CE2 ; 40 CM1 ; 28 CM2

Description de l’action :
Recherche d’une individualisation et d’une différenciation des parcours d’apprentissages dans les 4 champs d’action sélectionnés : orthographe, lecture, numération et calcul.
Quatre groupes - un par enseignant - ont été constitués pour chacun des domaines : du groupe 1 (« élèves les plus en difficulté » au groupe 4 (« élèves en réussite »).
Ces groupes sont composés indifféremment d’enfants des trois niveaux (CE2, CM1 ou CM2), répartis selon leur niveau de compétences, leurs besoins. Les groupes sont différents selon les domaines. Leur constitution est évolutive car revue après chaque trimestre à l’issue d’évaluations bâties pour l’occasion en fonction des compétences du palier 2 du socle commun.
Un enseignant est le référent et le coordonnateur d’un domaine.

Chaque enseignant intervient donc dans les quatre domaines et une rotation est prévue : il n’y pas d’enseignant « attitré » au groupe 1, au 2, au 3 ou au 4. Ainsi, le maître A peut avoir le groupe 1 en lecture, le 2 en numération, le 3 en orthographe et le 4 en calcul. Il s’agit de ne pas associer systématiquement un enseignant à un niveau de capacité des élèves.
Les groupes sont donc construits en fonction des capacités reconnues des enfants, les contenus sont établis selon une conception constructiviste qui suppose que l’élève passe d’une représentation première à une phase de déstabilisation pour parvenir à un savoir stable.
• Orthographe : de la phonologie à la capacité à écrire sans faute un texte court en mobilisant ses connaissances.
• Lecture : du déchiffrage, à la compréhension fine jusqu’à la compréhension de l’implicite.
• Numération : de la compréhension du système de numération jusqu’à l’utilisation des nombres décimaux dans des situations de recherche et de réinvestissement.
• Calcul : de la technique de la soustraction à celle de la division avec les nombres décimaux jusqu’à la capacité à résoudre des problèmes complexes, nécessitant l’enchaînement de plusieurs étapes.
Un classeur spécifique pour ce décloisonnement est mis en place pour les élèves (du CE2 au CM2).

Organisation de l’action :
De septembre à juin.
À raison de 45 min hebdomadaires pour chacun des domaines (soit 45 min de décloisonnement au quotidien, une journée lecture, une journée calcul, une journée orthographe, une journée numération).

En quoi l’action proposée vous paraît-elle innovante ? :
Ce dispositif spécifique crée une dynamique de diversification et d’adaptation des apprentissages. Il est basé sur les cycles, brise la conception de classe de niveau ordinaire et s’appuie sur les compétences à acquérir définies dans le socle commun de connaissances et sur la volonté de compenser les handicaps socioculturels par un enseignement plus adapté aux besoins de chaque enfant.
Les apprentissages ne sont plus liés à l’âge des élèves, mais définis et adaptés en fonction de leurs besoins.
Ce dispositif engendre des comportements de solidarité et d’entraide qui participent à la formation de tous. Il assure en outre une continuité pédagogique en introduisant plus de souplesse dans les apprentissages, il garantit une cohérence des enseignements et permet aux enfants, lorsqu’ils sont « prêts », d’entreprendre des activités du cycle sans changer de classe.
De plus, cette organisation particulière permet à tous les maîtres de connaître tous les élèves du cycle et réciproquement.

Quels sont les effets envisagés ? :
• Cet enseignement par compétences vise une amélioration des résultats des enfants (réduction des écarts par rapport aux compétences du socle commun).
Il limite aussi le risque de rapport de force entre petits et grands et privilégie la solidarité et l’entraide. C’est une éducation pragmatique à l’apprentissage de l’autonomie et de l’initiative, un outil de construction efficace d’un climat scolaire serein dans l’école.
Le dispositif permet de gérer et d’harmoniser plus facilement les cohortes et la répartition des enfants, une diminution voire une disparition du redoublement par la mise en place d’un travail adapté aux besoins, aux capacités et aux rythmes d’apprentissage des enfants.
Cette mise en place atténue aussi le ressenti négatif que peuvent avoir certains enfants « en difficulté » avec une uniformisation notamment des supports et des référents.
On évite ainsi une gestion de la classe basée sur un groupe « moyen » de manière plus ou moins inconsciente. La possibilité est donnée, à la fois, à certains d’acquérir des compétences plus tôt que prévu et à d’autres de reprendre des notions non maîtrisées.
• Concernant le travail des enseignants, il implique un travail d’équipe qui impose de trouver ou de mettre en place des réponses didactiques aux problèmes posés.

Quels sont les indicateurs retenus pour l’évaluation de l’action ?  :
• Outre les évaluations périodiques déjà mises en place et utilisées au sein des niveaux de classes, d’autres sont construites spécifiquement par rapport aux compétences du socle commun pour mesurer les progrès des enfants au sein des ateliers proposés. Leur corollaire est l’évolution des groupes, tant dans leur composition que dans les contenus proposés.
• L’évolution des groupes de niveaux définis dans chaque domaine, les progressions des enfants au sein des groupes.
• L’impact sur le climat scolaire avec limitation du nombre d’incidents relevés dans l’école.

Accompagnement et moyens
• Moyens engagés par l’établissement ? : Quatre enseignants (et leur décharge de service).
• Moyens demandés au Sépia ? : HSE pour la constitution des évaluations intermédiaires et finales et l’évolution des groupes d’enfants (tant au niveau de leur composition que de leurs contenus).
(2 heures x 5) x 4 enseignants (40 heures)
• Besoins en formation des personnels ? : Temps pour recherches, analyse et auto-formation.

Date de dépôt de la demande : 13.12.2013
Extrait de sepia.ac-lille.fr : Projet SEPIA-Multi-classes - Ecole Harnes

 

Consulter aussi le site Expérithèque : Continuité des apprentissages et cohérence des parcours par les classes multiâges dans une école classée en REP

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