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"Non, l’école n’augmente pas les inégalités", une tribune de Louis Maurin qui remet à plat les interprétations des rapports Cnesco et Pisa

20 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

L’idée a pris racine et désormais c’est comme si elle allait de soi : l’école française « amplifie » les inégalités sociales, comme le dit d’ailleurs le dernier rapport du Conseil national de l’évaluation du système scolaire (Cnesco)1. Une affirmation grave. Rares, pourtant, sont ceux qui se sont posé la question, même parmi les chercheurs, de sa signification. Or non seulement cette affirmation est fausse, mais ceux qui défendent une école plus juste n’ont aucun intérêt à forcer le trait.

Aucune donnée, dans le rapport du Cnesco comme ailleurs, ne montre que l’école accroît les inégalités. Hormis son titre ("Comment l’école amplifie les inégalités sociales et migratoires, ndlr), rien ne l’étaye. Le texte est beaucoup plus modéré. Il indique notamment : « Si l’école française ségrégue moins les élèves de façon flagrante qu’il y a 50 ans, elle tend cependant à maintenir de nombreuses inégalités sociales et migratoires en son sein, plus cachées, moins observables, mais pourtant bien présentes. » On peut y lire, par exemple, que la part d’enfants d’ouvriers qui sortent de l’école sans diplôme ou avec le brevet seul est passée de 80 % à 20 % entre 1946 et 2000.

[...] Reste deux questions. La première est de savoir si les inégalités ont augmenté ou non ces dernières années dans l’école française. Là aussi, prudence. Ainsi, le travail mené par le sociologue Mathieu Ichou dans le cadre de ce rapport est très nuancé. Il montre l’inégalité d’accès entre milieux sociaux à la classe de seconde a baissé et que globalement les inégalités dans l’obtention du bac aussi. Mais que si l’on tient compte du détail des filières, elles ont peu évolué.

[...] PISA. Si l’on observe non pas les résultats mais les diplômes obtenus et le lien avec le milieu social des parents, notre pays est l’un de ceux où le décrochage scolaire est parmi les plus faibles et les enfants de parents peu diplômés s’en sortent mieux que la moyenne (5).

[...] Bizarrement un certain nombre de travaux de comparaison internationale publiés par le ministère de l’Education sont passés sous silence, alors qu’ils montrent que France est loin d’être un modèle repoussoir (Voir récemment « Du bon usage des comparaisons internationales dans l’aide au pilotage des systèmes éducatifs », Florence Lefresne, in Education et formations, n°91, septembre 2016, min. de l’Education).

Extrait de alternatives-economiques.fr du 19.01.17 : Non, l’école n’augmente pas les inégalités

 

Voir aussi

Dans les commentaires qui suivent les livraisons de PISA, il est répété à l’envi par les commentateurs ou les politiques que l’école crée ou aggrave les « inégalités sociales ». Or, il est pour le moins un peu court de dire que l’école crée ces inégalités.

Extrait de blogs.mediapart.fr du 21.12.16 : Michel Gonnet. Inégalités à l’école : de quoi parle-t-on ?

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