> IV- EDUCATION. GÉNÉRALITÉS (Types de doc.) > Education-Généralités (Rapports officiels) > Publication des résultats de l’évaluation Pisa 2022 (dossier)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Publication des résultats de l’évaluation Pisa 2022 (dossier)

6 décembre 2023

 

UN VOLUMINEUX DOSSIER DU CAFÉ

PISA 2022 : La chute
Cette fois, c’est une vraie chute de niveau qu’enregistre la nouvelle évaluation internationale Pisa organisée par l’OCDE. Elle concerne les jeunes âgés de 15 ans. Si presque tous les pays sont touchés par des conséquences négatives du covid, les élèves français chutent beaucoup plus que les autres. Et, pour la première fois, l’OCDE pointe directement…

PISA 2022 : la France, encore et toujours, championne des inégalités
Une image contenant texte, capture d’écran, reçu, nombre Description générée automatiquement
Que nous apprend PISA 2022 sur les inégalités sociales ? « La France est toujours l’un des pays de l’OCDE où le lien entre le statut socio-économique des élèves et la performance qu’ils obtiennent au PISA est le plus fort », écrit l’OCDE qui tempère en soulignant qu’il n’y a pas d’aggravation « notable sur la période 2012-2022 ». PISA…

Pisa 2022 : Le rapport à l’Ecole se dégrade
Les très mauvais résultats de Pisa 2022 reflètent aussi une dégradation du rapport à l’Ecole. De nombreux enseignants nous en avaient parlé. L’OCDE l’établit. L’indiscipline est plus forte dans l’Ecole française que dans les autres pays. Les outils numériques n’arrangent pas les choses. Pire encore : l’OCDE confirme un éloignement de certains parents par rapport…

PISA 2022 : une baisse du niveau en sciences
Le score français en culture scientifique diminue de 6 points en 4 ans. Avec un score à 487, la France se classe juste au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. L’enquête PISA 2022 montre surtout que les écarts se creusent davantage entre les bons élèves et les moins performants. S’il fallait des preuves, le…

PISA 2022 : Les mauvais résultats sont principalement dus aux réformes incessantes
Michèle Artigue est professeure des universités, didacticienne des mathématiques. Pour la spécialiste, si les résultats sont en chute, elle s’attendait néanmoins à pire. Et selon elle, la raison principale du mauvais score des élèves français se trouve principalement dans le système lui-même : alternance incessantes de réformes, manque de formation des enseignantes et enseignants… Elle s’inquiète…

Claude Lelièvre : Rappels historiques pour situer les résultats du PISA nouveau
À quelques heures de l’annonce des résultats du Programme International pour le suivi des acquis des élèves (PISA), Claude Lelièvre revient sur les résultats des précédentes éditions. Et s’ils étaient d’une « honnêteté moyenne », ils ont révélé l’incapacité du système français à résorber les inégalités sociales. Contrairement à ce qui est parfois suggéré voire affirmé,…

 

PISA : la France reste dans la moyenne malgré une chute très nette des performances en mathématiques et en lecture

"Les résultats de 2022 sont parmi les plus bas jamais mesurés par l’enquête PISA dans les trois matières (mathématiques, lecture, sciences) en France", estime l’OCDE, tout en soulignant que "la France se classe entre la 15ème et la 29ème place en mathématiques parmi les pays de l’OCDE, avec une performance moyenne comparable à celle de l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis, la Hongrie, l’Italie, la Lituanie, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et le Portugal." L’organisation internationale publie ce 5 décembre les résultats au test PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) auquel ont participé au mois d’avril-mai 2022 quelque 6 770 élèves "représentatifs des 781 300 élèves de 15 ans" scolarisés en France. Au total, environ 690 000 élèves, représentatifs des quelque 29 millions d’élèves âgés de 15 ans scolarisés dans les 81 pays et économies (ou grandes régions, ndlr) participants, ont passé les épreuves du PISA un an plus tard que prévu du fait de la pandémie. Pour cette édition, les mathématiques étaient la discipline dominante, la compréhension de l’écrit et la démarche scientifique les disciplines secondaires.

En l’absence des quatre régions chinoises de Beijing, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, qui pour cause de COVID n’ont pu participer au test, et alors que les résultats de plusieurs pays sont affectés par les conditions de passation du test et que leurs résultats doivent être interprétés avec prudence*, c’est Singapour qui vient en tête avec 575 points pour les mathématiques. Le premier pays européen est l’Estonie (510 points), un pays très digitalisé, où les élèves ont sans doute moins souffert des conditions créées par la pandémie. Viennent ensuite la Suisse, le Canada et les Pays-Bas. Les jeunes Français, avec 474 points se situent juste au-dessus de la moyenne de l’OCDE (472 points), en-dessous des Finlandais (484), à un point des Allemands et des Espagnols, 9 points au-dessus des Etats-uniens, loin devant les jeunes Cambodgiens (336 points, à noter que parmi ceux-ci, les deux-tiers ne mangent pas tous les jours à leur faim contre 8,5 % en France, 8,2 en moyenne OCDE, 13 % aux Etats-unis). A noter que 20 points représentent à peu près les acquis d’une année d’enseignement, selon l’OCDE.

La corrélation entre PIB par habitant et résultats est presque parfaite. Le PIB français et les résultats des élèves sont tous deux dans la moyenne.

En compréhension de l’écrit, c’est encore Singapour qui vient en tête (543), suivie de l’Irlande (516), un pays où la coopération entre enseignants est inscrite dans la culture. L’Estonie avec 511 points fait mieux que le Canada, les Etats-unis ou la Nouvelle-Zélande. La France avec 474 points est un peu en-dessous de la moyenne de l’OCDE (476 points) "avec une performance moyenne comparable à celle de l’Italie, l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique, le Portugal, la Norvège, la Lettonie, l’Espagne, Israël, la Hongrie, la Lituanie et la Slovénie", mais en baisse très nette. Dans le domaine scientifique, Singapour avec 561 est loin devant la première européenne, l’Estonie (suivie du Canada et de la Finlande). En France, les élèves ont obtenu 487 points, deux points au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, un résultat comparable à ceux d’autres pays européens (Lettonie, Danemark, Suède, Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Hongrie, Espagne, Lituanie ou Portugal).

Pour être donc dans la moyenne, les résultats des élèves français révèlent plusieurs caractéristiques de notre système scolaire.

Certes, "les résultats moyens des élèves de 15 ans sont en forte baisse par rapport aux tests précédents de 2018 en mathématiques et en compréhension de l’écrit, et à peu près identiques à ceux de 2018 en sciences", mais "la performance des élèves en France a baissé de 21 points en mathématiques (contre 15 points pour la moyenne OCDE), de 19 points en compréhension de l’écrit (contre 10 points pour la moyenne OCDE) et de 6 points en sciences (contre 2 points pour la moyenne OCDE) (...). En mathématiques, la forte baisse observée en France entre 2018 et 2022 est la plus importante observée depuis la première étude PISA. Dans les éditions précédentes, une baisse avait déjà été observée entre 2003 et 2006, alors que les résultats étaient pratiquement identiques sur toutes les évaluations entre 2006 et 2018".

"La France est toujours l’un des pays de l’OCDE où le lien entre le statut socio-économique des élèves et la performance qu’ils obtiennent au PISA est le plus fort", les élèves issus de milieux socio-économiques favorisés ont obtenu des résultats supérieurs de 113 points à ceux des élèves défavorisés, l’un des plus importants (la moyenne OCDE est à 93). Près de 19 % des élèves du quartile "favorisés", mais seulement 1,2 % des élèves défavorisés, sont parmi les élèves très performants en mathématiques en France (niveau 5 ou 6) (20 % et 2,6 % pour les moyennes de l’OCDE).

L’écart des performances se retrouve dans le niveau de scolarisation des élèves. La DEPP (le service statistique de l’Education nationale) note que le score moyen des élèves qui sont en seconde GT est de 507 points, que celui des élèves qui sont en 2nde professionnelle est à 404 points, celui des élèves qui sont encore en 3ème et qui sont "en retard" est encore inférieur (384), mais ceux qui sont en 3ème "à l’heure" ont 469 points, un score assez semblable à celui de ceux qui sont au lycée GT.

A noter que cet écart entre favorisés et défavorisés n’a pas augmenté en France alors qu’il a augmenté en Estonie, Finlande, Pays-Bas,Norvège, Roumanie, Suède et Suisse. A noter encore sur les pays où les conditions sociales pèsent le moins sur les performances des élèves les plus défavorisés sont le Canada, le Danemark, la Finlande, Hong Kong, l’Irlande, le Japon, la Corée, la Lettonie, Macao et le Royaume-uni. L’éducation y est considérée comme tout à fait équitable.

Les résultats des jeunes Fançais sont légèrement supérieurs à ce que l’on pouvait attendre au vu des résultats au test TIMSS de 2015, mais seuls 7,4 % d’entre eux se retrouvent dans les deux groupes des meilleurs (niveaux 5 ou 6), "une proportion inférieure à la moyenne OCDE (8,7 % mais 40 % à Singapour). Seul un élève français sur 10 a atteint le niveau 6 (2 % pour la moyenne OCDE) En compréhension de l’écrit, 7,1 % des élèves français ont atteint les niveaux 5 ou 6 au test PISA (moyenne OCDE : 7,2 %), en sciences, 7,7 % des jeunes Français ont atteint ces niveaux (7,5 % pour la moyenne OCDE).

L’organisation internationale note que le pourcentage des élèves français scolarisés dans le privé est supérieur en 2022 à ce qu’il était en 2018 (21 % contre 16 %) et leurs résultats sont meilleurs que ceux des élèves du public, mais "après prise en compte du profil socio-économique des élèves et des établissements (...), les élèves des établissements publics obtiennent des résultats en mathématiques supérieurs de 21 points à ceux des élèves des établissements privés".

Les garçons ont obtenu de meilleurs résultats en mathématiques que les filles de 10 points (moyenne OCDE 9 points), mais inférieurs de 20 points en compréhension de l’écrit (24 points en moyenne OCDE). Cet écart en lecture est nettement inférieur à ce qu’il était en 2012 (44 points en faveur des filles pour la France et 39 points pour la moyenne OCDE). En sciences, les filles ont réalisé en moyenne OCDE comme en France des performances identiques à celles des garçons.

La France est l’un des pays où l’on trouve une des plus fortes proportions d’élèves immigrés issus d’un milieu socio-économique défavorisé. "Les élèves issus de l’immigration ont 2,4 fois plus de chances que les élèves autochtones de se retrouver parmi les élèves peu performants en mathématiques (...). L’écart moyen entre les élèves issus de l’immigration et élèves non-immigrés en France est de 51 points en faveur des élèves autochtones" (30 points pour la moyenne OCDE). "L’écart n’est plus significatif après prise en compte du statut socio-économique des élèves et de la langue parlée à la maison."

Pour mémoire, la durée totale des épreuves PISA est de deux heures, les épreuves comportent "des questions à choix multiples et des questions nécessitant que les élèves formulent leurs propres réponses". Les élèves ont également répondu à un questionnaire de 35 minutes "portant sur eux-mêmes, leur vécu et leurs attitudes, leurs dispositions et leurs croyances, leur milieu familial, leur école et leurs expériences"d’apprentissage".

* Les pays dont les données peuvent être faussées sont notamment l’Angleterre, l’Ecosse, l’Irlande, le Canada, les Etats-unis, la Nouvelle Zélande, l’Australie, le Danemark, la Lettonie, les Pays-Bas, Hong-Kong, la Jamaïque, Panama.

Extrait de touteduc.fr du 05.12.23

 

PISA 2022 : une baisse sans précédent des résultats des élèves français, comme partout ailleurs dans le sillage du Covid-19

Les scores globaux décrochent brutalement dans cette étude phare de l’OCDE, témoignant du choc de la pandémie sur l’enseignement. En France, la tendance est plus marquée que la moyenne, notamment pour les mathématiques et la compréhension de l’écrit.

Extrait de lemonde.fr du 05.12.23

 

Comment les gouvernements français ont fait de l’enquête PISA un instrument politique dans l’éducation
Depuis qu’il est devenu incontournable, au milieu des années 2000, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, qui évalue les élèves de 15 ans, est utilisé par les politiques pour penser l’action publique, et leur sert à légitimer les actions qu’ils souhaitent mener.

Extrait de lemonde.fr du 05.12.23

 

Classement Pisa : pourquoi la France reste-t-elle une élève moyenne, alors qu’elle "met le paquet" sur le français et les maths ?

[...] Suffisant pour élever le niveau général ? Qui dit "plus", ne dit pas nécessairement "mieux". Selon le sociologue Pierre Merle, spécialiste des questions d’éducation, il faut interroger la méthode pédagogique et les programmes pour en évaluer l’efficacité. Notamment en primaire, où l’on apprend à lire, écrire et compter. Le ministre de l’Education a justement fait un pas en ce sens. Il prévoit de revoir les programmes de la maternelle au CE2 en vue de la rentrée prochaine. Un travail similaire sera mené pour le CM1 et le CM2 d’ici la rentrée 2025.

"En CP et CE1, l’apprentissage de la graphophonologie [reconnaître à l’écrit des lettres isolées et des mots] n’est pas suffisamment systématisé", estime Pierre Merle. En compréhension de l’écrit, Agnès Florin pointe d’autres lacunes : "Les élèves français sont plutôt bien préparés sur des compétences comme ’dégager les idées principales du texte’ ou ’expliquer et argumenter’. Mais sur d’autres, comme ’déterminer les perspectives de l’auteur’ ou ’décrire le titre et la structure du texte’, il existe un vrai retard par rapport à d’autres pays", illustre la présidente du Cnesco.

[...] De la persistance des inégalités
Depuis l’instruction obligatoire dès l’âge de 3 ans, Pierre Merle suggère aussi que "les programmes sont trop chargés" en maternelle. "Ils correspondent aux capacités cognitives des élèves moyens et bons. Les objectifs sont trop élevés pour les élèves faibles et peuvent déjà creuser les écarts", avance le sociologue. En classe, "les collègues de maternelle demandent plus de formation, en particulier sur l’apprentissage du langage, car il y a une difficulté à accompagner en même temps ceux qui viennent d’un milieu favorisé et ceux issus d’un milieu défavorisé", souligne Maud Valegeas, cosecrétaire fédérale de SUD-Education.

Dans son enquête Pisa, l’OCDE montre d’ailleurs que la France reste à la traîne en matière de réduction des inégalités scolaires. Les élèves issus de milieux socio-économiques favorisés ont obtenu des résultats supérieurs de 113 points à ceux des élèves issus de milieux modestes. C’est l’un des plus importants écarts de l’OCDE.

"Le système français est fortement ségrégué et l’absence de mixité sociale défavorise les élèves faibles." (Pierre Merle)

Extrait de francetvinfo.fr du 06.12.23

Répondre à cet article