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Continuité pédagogique et milieux défavorisés : - l’interview de J.-M. Blanquer - une lettre intersyndicale sur le "motif familial impérieux" - "ne pas imposer une contrainte supplémentaire " à ces familles (un prof en EP)

24 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Coronavirus : « Le scénario privilégié, un retour en classe le 4 mai », annonce Blanquer
Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, souhaite la poursuite de la classe à la maison et nous présente en exclusivité une série d’initiatives pour souder les classes dispersées.

[...] Comment comptez vous gérer les inégalités entre enfants, qui risquent de se creuser pendant la crise ?

Nos deux objectifs essentiels pour ce quinquennat qui sont d’élever le niveau général de tous les élèves et assurer la justice sociale par l’éducation peuvent être en partie menacés dans la période que nous traversons. J’ai demandé aux recteurs d’avoir une attention particulière pour les enfants des milieux défavorisés. Leurs familles seront appelées plus fréquemment. Nous travaillons avec les collectivités locales et les associations, pour faire parvenir autant que possible du matériel informatique aux familles qui n’en ont pas. Par ailleurs, je mettrai en place après la crise des modules de soutien gratuit pour les enfants les plus en difficulté.

Extrait de leparisien.fr du 22.03.20

 

Monsieur le Ministre,
Les personnels montrent leur engagement pour accueillir dans les écoles les enfants de soignant-es, assurer les fonctions techniques et administratives qui requièrent impérativement leur présence sur site et maintenir une activité scolaire. Leur protection est nécessaire. Nous exigeons que les mesures de protection et d’hygiène soient appliquées, que du matériel (masque, gel hydroalcoolique, serviette à usage unique…) soit systématiquement fourni dans les écoles, établissements et services. Dans de trop nombreuses situations ce n’est pas le cas.
Les consignes gouvernementales demandent expressément de rester confiné-es et de télé-travailler. Or nous constatons que les fonctionnaires de l’Éducation nationale sont l’objet de demandes croissantes qui contreviennent à ce principe de confinement, appuyées désormais sur votre demande d’utilisation étendue du « motif familial impérieux » pour récupérer des supports de travail pour les élèves. Aucun personnel, aucune famille ne peut être sommé de déroger au confinement, sauf absolue nécessité justifiée par l’organisation concrète de la continuité du service ou pour l’organisation de l’accueil des enfants de soignant-es.
Nous vous demandons également d’indiquer clairement aux autorités rectorales, que les déplacements doivent être réduits à l’essentiel, qu’à l’exception des personnels volontaires pour assurer l’accueil des enfants de soignant-es et l’organisation de la continuité du service, il convient de ne pas se rendre sur son lieu de travail. Tous les moyens doivent pouvoir être donnés aux personnels afin d’assurer à distance les missions absolument indispensables.
La priorité aujourd’hui doit être sanitaire. Il est inacceptable que vous demandiez aux chefs d’établissement, aux directeurs d’école, aux IEN et aux DASEN de signer des attestations de déplacement dérogatoire destinées aux parents d’élèves.

Les personnels de tous les métiers de l’éducation ont fait preuve de la plus grande responsabilité et de professionnalisme. Les enseignant-es, particulièrement, ont mis tout en oeuvre pour maintenir le lien avec leurs élèves sans en oublier. Il faut leur faire confiance. Il faut aussi rester modestes et vigilants, et ne pas creuser les inégalités entre nos élèves. L’urgence n’est pas dans l’avancement du programme mais dans le maintien pour tous les élèves d’un lien avec les apprentissages, dans le respect de la protection dues aux agent-es. La poursuite du lien entre les professionnels et les familles n’est pas sans difficulté : inégalités entre les familles liées aux conditions matérielles d’existence, difficultés à s’organiser pour le travail des enfants à la maison. Nos organisations demandent que le ministère cesse d’évoquer une “continuité pédagogique” dont il laisse entendre qu’elle pourrait remplacer l’enseignement en présentiel.
L’engagement dont les personnels ne cessent de témoigner sera, dans des conditions retrouvées de sureté sanitaire, et comme à l’accoutumée, mis au profit de tous nos élèves.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de nos salutations respectueuses.

Extrait de fsu.fr du 23.03.20

 

Le Covid-19 met à rude épreuve les relations entre les enseignants et Jean-Michel Blanquer
Les faits. Pressés d’assurer un maximum de « continuité pédagogique », soumis à des injonctions parfois contradictoires, les enseignants s’élèvent contre la volonté du ministre de les voir téléphoner à chaque famille.

[...] Parmi les points de crispation, son souhait de voir les professeurs téléphoner à chaque famille pour s’assurer que les enfants poursuivent bien, à la maison, leurs apprentissages et leur proposer une aide éventuelle. Une consigne que Sébastien, professeur d’histoire-géo dans un collège de l’éducation prioritaire de l’académie de Créteil, se refuse à appliquer.

« Je ne dispose pas d’un téléphone professionnel, justifie-t-il. Et surtout, appeler systématiquement les parents, c’est exercer sur eux une pression scolaire supplémentaire, alors que beaucoup de familles du quartier n’ont pas les moyens d’accompagner correctement leurs enfants dans les apprentissages. »

L’enseignant – non syndiqué – évoque plusieurs cas de figure : les parents n’ayant pas les ressources culturelles nécessaires, ceux qui doivent continuer à se rendre sur leur lieu de travail ou encore qui ne peuvent offrir un espace et un outil numérique de travail à chacun de leurs enfants. Sébastien se contentera de communiquer au principal de son collège la liste des élèves – environ 40 % – qui n’ont pas transmis par e-mail les devoirs exigés.

Extrait de lacroix.fr du 23.03.20

 

Note du QZ : tous les articles concernant la continuité pédagogique et le coronavirus sont classés dans la sous-rubrique Devoirs à la maison et Enseignement à distance
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