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Les Assises de la maternelle sous le signe de l’affectivité et des neurosciences.Trois pistes (AFP). L’Unsa interpelle le MEN sur l’expérimentation de la méthode "Parler" [en éducation prioritaire]

27 mars 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

La « relation affective » et les neurosciences pour transformer la maternelle ?

Langage, mémoire, affect, apprentissages fondamentaux : lors des Assises de la maternelle, les 27 et 28 mars, les neurosciences et la "théorie de l’attachement" de Boris Cyrulnik devraient être mises en avant.

Une semaine après l’annonce de la fermeture de 850 classes à la rentrée 2018 et deux ans après une révision des programmes saluée par les enseignants, le gouvernement prépare la “refonte” de l’école maternelle. Les 27 et 28 mars, au CNAM (Centre national des Arts et Métiers, Paris), Jean-Michel Blanquer organise des “Assises” consacrées à la “dimension affective et aux apprentissages fondamentaux” en petite et grande sections.

Ces deux journées, durant lesquelles seront mises en avant les “meilleures pratiques pédagogiques et éducatives” pour la petite enfance, ont été préparées depuis janvier par Boris Cyrulnik, spécialiste de la petite enfance, et neuropsychiatre. Objectif : “penser l’école maternelle de demain”, afin d’en faire “véritablement l’école de l’épanouissement et du langage.”

“L’objectif de ces deux journées est de mettre en évidence de quelle manière la dimension affective et la dimension préparation aux apprentissages fondamentaux se renforcent l’une l’autre au sein de l’école maternelle”, indique l’Education nationale sur son site. Selon Boris Cyrulnik, interrogé par Ouest France à ce sujet il y a trois mois, les premières années sont “fondamentales, car ce sont celles où l’on prend sa direction dans la vie”, et que “du fait de la plasticité du cerveau, un enfant est alors capable d’apprendre n’importe quelle langue”.

Le plaisir d’apprendre par « l’affect » ?
Au programme des “assises de la maternelle”, des conférences qui porteront sur le développement de la mémoire chez l’enfant (par Francis Eustache, chercheur en neuropsychologie et imagerie cérébrale à l’université de Caen), la “relation affective et les apprentissages” (par Agnès Pommier de Santi, professeur des écoles et doctorante en sciences de l’éducation), le sommeil du jeune enfant, le rôle de la musique dans les apprentissages, la formation des enseignants, l’acquisition du langage (par Ghislaine Lambertz-Dehaene, pédiatre et neuroscientifique à l’INSERM), ou encore le “bilinguisme précoce” (par Ranka Bijeljac-Babic, psycholinguiste au CNRS).

[...] Pas d’écrans avant 6 ans ?
A rebours du nouveau programme de maternelle, en 2015, qui stipule qu’avant leur entrée en CP, les enfants devront savoir « utiliser des objets numériques », Boris Cyrulnik propose l’exacte contraire, à savoir empêcher les élèves de moins de 6 ans d’avoir accès à un écran (d’ordinateur, de smartphone ou de tablette). D’après lui, “si les enfants ont l’air sages face à un écran, c’est parce qu’ils sont médusés, hypnotisés. Mais cette fascination implique une perte des relations. Non seulement ils n’apprennent rien, mais cela entraîne une altération de l’empathie et des troubles du développement.”

Acquisition du langage, développement de la mémoire, affect et attachement : les neurosciences, qui font l’objet d’un “conseil scientifique de l’Éducation nationale” mené par Stanislas Dehaene, seront en première ligne lors de ces deux journées de réflexions sur la maternelle. Alors que des chercheurs s’inquiètent de la façon dont Jean-Michel Blanquer semble voir une recette miracle dans ce conglomérat de sciences (biologie, neurologie, psychiatrie, chimie, physique, imagerie cérébrale) qui permettent de comprendre comment fonctionne le cerveau, Francette Popineau, secrétaire nationale du SNUIPP, premier syndicat des enseignants du primaire, reste sur ses gardes. “En 2015, on a décidé de mettre l’accent sur la dimension du langage et du bien-être à l’école. Veut-on revenir sur ces deux axes qui étaient plébiscités, ou aller plus loin ?”, lance-t-elle à l’AFP.
Fabien Soyez

Extrait de vousnousils du 26.03.18 : La « relation affective » et les neurosciences pour transformer la maternelle ?

 

 

Trois pistes pour repenser la maternelle

Plus de musique
L’école maternelle est d’abord le lieu où se mettent en place les compétences communicationnelles des élèves. "Des activités quotidiennes comme la lecture de contes à haute voix, en classe, ou la musique, jouent un rôle fondamental dans l’épanouissement de l’enfant, dans son bonheur d’être à l’école, mais également dans l’acquisition du vocabulaire, au travers des chansons et des comptines", expliquait Jean-Michel Blanquer en janvier dernier. [...]
Professeur agrégé en éducation musicale au Canada, Jonathan Bolduc ne dit pas le contraire. Dans l’un de ses travaux de recherche, intitulé "Musique et habiletés cognitives au préscolaire", il souligne notamment que "sur le plan langagier, la musique favorise le développement de composantes bénéfiques à la conscience phonologique et à la reconnaissance de mots".

Mardi, Emmanuel Macron se rendra d’ailleurs dans une école du 19ème arrondissement de Paris, où il se fera présenter une activité de phonologie (étude des sons de la langue) dans une classe de moyenne section avant d’échanger avec des enseignants, des parents et des agents territoriaux spécialisés. Cette école s’appuie sur l’apprentissage du vocabulaire par la musique et les arts visuels, en partenariat avec la Philharmonie de Paris voisine, a expliqué l’Élysée.

Plus de sécurité affective
C’est là encore une piste évoquée par le duo Blanquer-Cyrulnik. Le neuropsychiatre prône l’apprentissage par les enseignants et autres intervenants en maternelle - notamment les fameux ATSEM (agents territoriaux spécialisés) - de la "théorie de l’attachement". Pilier de l’éducation bienveillante, ce concept, particulièrement appliqué en Europe du Nord et au Canada, vise à "sécuriser l’enfant" par son langage, son attitude. Il permet aussi de repérer des indices d’anxiété. "L’expérience montre que les enfants ne s’attachent pas forcément à celui qui a le plus de diplômes, mais à celui qui établit les meilleures interactions avec lui", détaille ainsi Boris Cyrulnik, toujours dans Ouest-France. [...]

Un cycle plus long ?
Réunir les enfants de 1 à 6 ans en un même cursus préscolaire. C’est la préconisation du laboratoire d’idées France Stratégie, dans son rapport "Un nouvel âge pour l’école maternelle", publié le 15 mars. Cela se fait déjà dans les pays nordiques, ainsi qu’au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Italie. À tel point que la France apparaît presque isolée sur ce point. Pour les auteurs du rapport, cette intégration améliorerait, pour la tranche des moins de 3 ans, "l’équité d’accès et renforcerait la dimension éducative". [...]

Extrait de europe1.fr/AFP du 26.03.18 : Trois pistes pour repenser la maternelle

 

Les élèves de maternelle ne sont pas des robots !
par Stéphanie de Vanssay

Le retour du calamiteux programme “Parler” du Dr Zorman

Le programme “Parler” de Zorman existe depuis 1998, il a donc 20 ans. Il était très présent en septembre 2011 dans le projet de Luc Chatel qui conduisait à classer les élèves de GS en 3 catégories : RAS, “à risque” et “à haut risque” ; il avait tenté un retour sous la forme d’un outil d’observation avec un programme de renforcement en avril 2012 décrié par tous les spécialistes de la lecture et… le revoilà via l’association “Agir pour l’école”, attachée à l’Institut Montaigne dont on connaît la proximité de vues avec notre actuel ministre.

Nous avons affaire cette fois-ci à une expérimentation (à propos d’un programme qui a déjà 20 ans) menée dans l’académie de Limoges, dans les écoles en REP et REP+ avec le soutien de l’IA et des IEN. (Voir le document officiel présentant l’expérimentation)

Complètement focalisé sur la phonologie, ce programme conçu, rappelons-le, par un médecin et non par des pédagogues, est répétitif et mécanique. Il s’agit de séries d’exercices de découpage en syllabes et en phonèmes qui ne sont pas en lien avec le vécu et les projets de la classe. (Lien vers le livret de l’expérimentation)

[...] Le Se-Unsa interpelle le ministère sur son appui à un tel programme au moment où s’ouvrent les Assises de la maternelle.

Extrait de ecoledemain.wordpress.com du 26.03.18 : Les élèves de maternelle ne sont pas des robots

 

Sur le site OZP, voir les mots-clés :
Pédag. bienveillante ou positive (gr 4)/
Pédag. Neurosciences, Psycho. cognitive (gr 4)/
Maîtrise Langue Expérimentations : AGIR, PARLER, ROLL.../

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