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La réussite scolaire, une notion très relative (une volumineuse publication du CEREQ)

10 juillet 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le document du CEREQ (484 p.

Réussite scolaire, réussite professionnelle, l’apport des données longitudinales.
XXIes journées d’étude sur les données longitudinales dans l’analyse du marché du travail, Dijon, 19-20 juin 2014
Gérard Boudesseul, Thomas Couppié, Cécile Détang-Dessendre, Roméo Fontaine, Jean-François Giret, Christine Guégnard, Philippe Lemistre, Patrick Mayen, Séverine Millotte, Patrick Werquin (Coordonnateurs)
Relief , n° 48 , 2014 , 484 p.

 

La présentation par Tout Educ du 07.07.14

La réussite scolaire, une notion très relative (publication du CEREQ)

"La notion de réussite, saisie par une note, apparaît comme éminemment relative", les élèves issus de l’immigration "sont davantage stigmatisés au collège qu’ils ne l’étaient à l’école primaire", "en Allemagne, les jeunes issus de l’immigration rencontrent plus d’obstacles et de difficultés pour accéder à une formation professionnelle initiale non académique", c’est à dire l’apprentissage. Ces quelques constats, assez cruels, sont tirés d’articles publiés par le CEREQ après deux journées d’études consacrées à "l’apport des données longitudinales" dans la mesure de la "réussite scolaire" et de la "réussite professionnelle". En voici des éléments.

Compétences. "Finalement, la notion de compétence est très imprécise et on ne sait pas très bien ce qu’elle recouvre."

"Si un certain flou caractérise ce qui a été acquis (des savoirs ? des démarches ? des modes de raisonnement ? des modes opératoires ?), on peut néanmoins avancer qu’il ne s’agit pas de ’compétences’ entendues comme performances."

Passage en 1re S. "L’évolution des taux de féminisation et de passage en 1re S entre 2006 et 2013 montre que la note en mathématiques n’est pas le seul déterminant du passage en S." Selon les établissements, "le taux d’orientation des garçons en S est en général plus élevé que pour les filles mais pas toujours (...) Quel est le rôle du chef d’établissement chargé de faire appliquer les directives gouvernementales, en particulier sur l’égalité entre les sexes ? (...) Notre hypothèse est que les facteurs humains sont très importants : famille de l’élève, rôle de l’équipe pédagogique et en premier lieu, des professeurs de mathématiques et de physique."

Le collège. "Les conseils de classe observés permettent de saisir ce qui s’y passe en pratique (...) Bien que légalement, l’objectif soit de conseiller l’élève sur ce qu’il doit faire, en pratique, j’ai pu observer la persistance de sanctions et de remarques volontairement désobligeantes (...) ces appréciations peuvent agir comme une sorte de revanche symbolique que l’équipe enseignante prend sur une classe qu’elle estime désagréable (...)". Les élèves issus de l’immigration "sont davantage stigmatisés au collège qu’ils ne l’étaient à l’école primaire (...) les commentaires bienveillants de type ’maternant’ laissent place à des commentaires négatifs (...) La fréquence des avertissements démontre que, pour les enseignants, ces élèves sont responsables de leur situation scolaire", contrairement aux élèves issus de milieux très défavorisés.

Décrocheurs. "Les voies de formation après la fin de formation initiale sont multiples (contrat de professionnalisation, apprentissage, écoles de la deuxième chance, etc.) et les jeunes sans diplôme se saisissent de façon significative de ces opportunités, qu’ils soient chômeurs ou salariés. Au cours des sept premières années de vie active, environ un jeune sans diplôme sur quatre en a obtenu un."

Apprentissage. "En Allemagne, les jeunes issus de l’immigration rencontrent plus d’obstacles et de difficultés pour accéder à une formation professionnelle initiale non académique (...) Le manque de chances des jeunes issus de l’immigration pour accéder à un apprentissage et les conditions défavorables de l’apprentissage ne se compensent pas au cours de la formation (...) et il n’est pas possible de les rattraper ni pendant ni à la fin de l’apprentissage."

En France, "on ignore combien de candidats potentiels à l’apprentissage n’accèdent pas à ce type de formation faute de trouver une entreprise susceptible de les accueillir".

Enseignants. "Quand les enseignants en arrivent à peu investir la dimension proprement cognitive de leur métier (...), on constate qu’ils sont d’autant plus preneurs d’explications psychologisantes ou médicalisantes des difficultés d’apprentissage de leurs élèves (...) Si l’on admet que ce processus d’externalisation des facteurs d’échec scolaire permet de s’en dédouaner, on comprend mieux la diffusion persistante de catégories explicatives surannées telles que la démission parentale (...) Dans un tel contexte, il est devenu bien peu réaliste d’espérer piloter ou gouverner l’évolution des activités enseignantes en énonçant de nouvelles prescriptions concernant de ’bonnes pratiques’ définies à partir de recherches comparatives sur les effets des pratiques."

Ce florilège ne prétend pas rendre compte de la richesse de ce document de 484 pages qui examine aussi bien les parcours de réussite à l’école, en France et en Suisse que le déroulement des carrières féminines dans les métiers techniques, la réussite professionnelle des femmes kanak ou l’enseignement agricole vu comme "une filière de la réussite pour les élèves en difficultés scolaires"...

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