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"La mise en oeuvre du programme CLAIR (année scolaire 2010-2011)". Note des inspections générales, juin 2011, 32 p. (publiée le 25.05.12)

26 mai 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

La mise en oeuvre du programme CLAIR
(collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite)
(année scolaire 2010-2011)

Juin 2011
Jean-Paul PITTOORS, Inspecteur général de l’administration
de l’éducation nationale et de la recherche
Michel HAGNERELLE, Inspecteur général de l’éducation nationale

 

SOMMAIRE

Introduction
Préambule : l’expérimentation CLAIR 2010-2011, objectifs et contexte

1. La mise en place de l’expérimentation, constats et perspectives
1.1. Un cadrage national volontaire, mais minimal, à la structuration
graduelle
1.1.1. La circulaire du 7 juillet 2010, document fondateur du programme
1.1.2. Les informations complémentaires des réunions nationales
1.1.3. L’élaboration progressive de documents d’aide et d’accompagnement attendus................ 5
1.1.4. Un chargé de mission pour accompagner le développement du programme
1.2. Une déclinaison académique affirmée, mais prudente
1.2.1. Une mobilisation effective des acteurs académiques, dans un pilotage pragmatique
1.2.2. Un accompagnement académique qui se cherche
1.2.3. Des stratégies académiques diverses en matière d’allocation de moyens
1.3. Des situations d’établissement contrastées
1.3.1. Une sélection initiale hétérogène
1.3.2. Une évolution qui redonne des éléments de cohérence
1.3.3. Un pilotage largement dépendant de l’engagement et de l’habileté des personnels
de direction
1.3.4. Un pilotage d’établissement « à vue »

2. L’expérimentation CLAIR, « laboratoire » pour le programme
ECLAIR

2.1. L’innovation pédagogique : un chantier central dont la relance est nécessaire
2.1.1. Une « valeur ajoutée pédagogique » limitée
2.1.2. Une mobilisation nécessaire pour un nouveau souffle pédagogique
2.2. L’innovation dans le champ de la vie scolaire : des avancées perceptibles
2.2.1. Une implantation progressive des préfets des études
2.2.2. Une prise en compte confortée de l’exigence de sécurisation
2.3. L’innovation dans le champ de la GRH : une réponse institutionnelle insuffisante qui a nourri inquiétudes et contestations
2.3.1. La circulaire du 7 juillet 2010 : un document d’orientation, source de controverses
2.3.2. Des stratégies diversifiées de « profilage » des postes vacants
2.3.3. L’insuffisance d’une réponse indemnitaire .

Conclusions et préconisations

Lire le texte intégral (32 p.)

 

Note du QdZ :
La lecture du sommaire donne une bonne idée du contenu du rapport dans ses constats positifs et critiques.
Le rapport, rendu en juin 2011, anticipe largement sur l’extension de Clair, à la rentrée suivante, à l’ensemble des RAR (et aussi aux écoles).
L’innovation, et ses limites dans le cadre de cette année expérimentale, y tiennent une grande place.
La fonction de préfet des études, les oppositions qu’elle a suscitées et l’intérêt de deux intégrations réussies font l’objet de développements importants.

Quelques brefs extraits significatifs :
[p.4] La circulaire du 7 juillet 2010 marque, aussi, un renversement des facteurs. Si la cible reste fondée sur les difficultés d’ordre sécuritaire, les axes d’action sont prioritairement pédagogiques et éducatifs.
[p. 9] Pour les lycées et les lycées professionnels, les choix ont été plus circonstanciels et la prise en compte des données de climat et de violence scolaire plus prégnante que pour les collèges.

[p. 10] Au total, dans beaucoup d’académies, comme le résument les inspectrices générales, correspondantes de l’académie de Lyon, ce label CLAIR initial : « sans grande lisibilité par rapport au classement RAR, se superpose à des classements antérieurs (zone violence, zone sensible, par exemple) et combine des dispositions propres à d’autres modalités d’aide aux publics en difficulté : cordées de la réussite, réussite scolaire au lycée, internat d’excellence, lutte contre le décrochage scolaire, actions inscrites dans le projet Hirsch… Le moins que l’on puisse dire est que le paysage a été complexe ».

[p. 10] Cette évolution [de Clair à Eclair] pose le problème de la coexistence d’une politique initiale d’établissement
avec la logique de réseau qui prévaut désormais. Dès lors, la situation des 28 lycées et lycées professionnels toujours inscrits dans le programme méritera réflexion, à court ou moyen
terme.

[p. 17] Au total, si le programme CLAIR a certainement relégitimé les actions d’expérimentation et d’innovation, il n’a pas encore été à l’origine d’une impulsion suffisante pour donner un nouveau souffle pédagogique à l’éducation prioritaire.
[p. 17] Viser « l’effet innovation » dans l’établissement, mais aussi dans la classe

[p. 20] La dénomination même [de préfet des études] a suscité des réactions, à tel point que des chefs d’établissement ont adopté une autre appellation, celle de « coordonnateurs ».
[p. 21] Les réticences, ou même les oppositions, à la mise en place des préfets des études ne sont pas sans rappeler celles qui se sont exprimées lors de la création des professeurs-référents en RAR.
[p. 21] Eu égard au rôle qui est attendu des préfets des études, la présence ou non d’une décharge de
service,
surtout d’un volume horaire conséquent, conditionne fortement la réalité des missions. C’est une question majeure.

[p. 11] La stabilité et l’engagement des personnels de direction sont une donnée majeure de la réussite du programme ; il est donc essentiel que l’appréciation des recteurs soit un élément
déterminant du choix des chefs d’établissement concernés, ainsi que de leurs adjoints.
[p.24] L’objectif de constitution d’équipes volontaires et stables, qui fonde l’ensemble des dispositions annoncées par la circulaire, est jugé légitime par la quasi-totalité des interlocuteurs des inspecteurs généraux. Mais ces mesures (postes à profil, avis du chef d’établissement sur les candidatures, lettre de mission, stabilisation sur cinq années) ont suscité d’autant plus d’inquiétude que nul n’a été en mesure d’en préciser les modalités d’application pratique. Cette situation a laissé le champ libre à toutes les interprétations,
alimentées par certaines formulations du texte lui-même.
[p. 27] Il n’en demeure pas moins que les mesures indemnitaires, si elles témoignent de la reconnaissance de conditions d’exercice professionnel particulières, contribuent à figer les situations des personnels et des établissements. Elles ne constituent d’ailleurs pas la demande première de personnels plus directement intéressés par une amélioration de leurs conditions
de travail, notamment par une décharge de service pour les préfets des études, et des mesures favorisant la mutation, au terme de leur activité en établissement ECLAIR.

[p. 29] Conclusion : C’est dans cette logique d’interface que l’implantation des préfets des études doit aussi
constituer une priorité. Les observations des inspecteurs généraux ont mis en lumière que c’était dans ce domaine que les innovations du champ de la vie scolaire sont les plus
marquantes. Les exemples d’implantation réussie montrent que les préfets des études peuvent réellement contribuer à un renforcement des liens entre vie scolaire et enseignements, entre
les différents acteurs à l’intérieur de l’établissement et aussi avec les parents et les multiples partenaires extérieurs.
C’est enfin autour des objectifs de ce « projet innovant d’établissement  » que devraient être définis le profil des postes et le contenu des lettres de mission ; c’est là que l’innovation dans
le champ de la GRH trouvera sa pleine justification et aussi sa cohérence.
Reste le premier degré, domaine essentiel sur lequel l’observation des inspecteurs généraux
n’a pas porté, mais qui appellera une attention particulière. L’élargissement du programme à
ce niveau d’enseignement devra, en effet, se traduire par une réelle valeur ajoutée, notamment
en matière d’innovation et d’expérimentation, au service d’une plus grande réussite des élèves.

 

Dans la presse

" Deux domaines ont cristallisé le débat interne, poursuivent-ils [les deux auteurs] : le "rôle et le positionnement du préfet des études", sorte de "super-prof" chargé d’assister le chef d’établissement, de coordonner le travail en équipe, de nouer des liens avec les parents, etc., et les "mesures de gestion des ressources humaines". Dans Clair, en effet, les professeurs sortent du mouvement national d’affectation pour être recrutés sur la base d’un entretien avec le principal ou le proviseur ; ils s’engagent à rester cinq ans, reçoivent une lettre de mission... Autant d’atteintes au statut d’enseignant, selon les syndicats.

Au final, en juin 2011, "un nombre significatif d’établissements n’avaient encore pas mis en œuvre les mesures emblématiques du programme. D’autres y étaient parvenus progressivement au prix d’une grande discrétion dans l’affichage de ces mesures", concluent les inspections générales.

Pourquoi Luc Chatel a-t-il voulu taire ces conclusions, alors qu’après tout elles ne portaient que sur la phase d’expérimentation ? Probablement parce que dès le lancement du programme, il avait décidé de sa généralisation.

Extrait de lemonde.fr du 25.05.12 : Vincent Peillon publie des études passées sous silence par son prédécesseur

 

A la fin de la seconde année du programme ECLAIR, on sait qu’une grande partie des postes à profil ne trouvent pas preneurs malgré les artifices académiques. On sait que les primes pilotées par les chefs d’établissement posent problème. On sait que la ségrégation s’est renforcée dans de nombreux collèges prioritaires. On sait aussi que, s’il y a une forte attente pour une véritable relance de l’éducation prioritaire, une partie du corps enseignant se décourage face à ces publics difficiles.
[...] Une nouvelle politique pourrait remplacer ECLAIR tout en s’appuyant sur les réseaux humains existants et la concentration des moyens réalisée ces dernières années.

Extrait de cafepedagogique.net du 29.05.12 : Quel avenir pour l’éducation prioritaire

 

Une mise en œuvre chaotique de réformes imposées dans l’urgence. Un exemple à propos de Clair, un programme rebaptisé Eclair pour les établissements en difficulté : " Les difficultés constatées par les inspecteurs généraux dans les académies et dans les établissements doivent beaucoup à une mise en œuvre rapide qui n’a pas permis de construire les éléments d’accompagnement correspondants et de répondre utilement à une inquiétude diffuse "

Des phrases comme celle-ci sont copiées-collées dans quasiment tous les rapports.

Extrait de franceinfo.fr [Emmanuel Davidenkoff) du 29.05.1 : Que cachaient les rapports secrets sur l’école ,

 

Voir la liste des 17 rapports des inspections générales publiés le 25.05.12

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