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Le rapport 2009 des inspections générales évalue les dispositifs d’excellence du plan Espoir banlieues : Ecoles de la deuxième chance, internats d’excellence et internats de réussite éducative, ouverture sociale des grandes écoles

22 septembre 2010 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le rapport annuel 2009 des inspections générale (IGEN et IGAENR), au préambule signé de François Perret et Thierry Bossard, dans sa première partie intitulée "Vers une Ecole de l’inclusion", évalue "les dispositifs éducatifs et pédagogiques mis en place récemment pou rassurer une meilleure égalité des chances entre les jeunes".

Le chapitre 1 évalue les Réseaux Ambition réussite
Le chapitre 2 évalue l’accompagnement éducatif
Le chapitre 3 (ci-dessous), intitulé "Réussir, exceller : un horizon de possibles", évalue les dispositifs d’excellence du plan Espoir banlieues.

Nous reproduisons ci-dessous des extraits du chapitre 3 (pp. 55-71)

 

Chap 3 : Réussir, exceller : un horizon de possibles

page 56 : Les dispositifs de la « deuxième chance »
En 2009, la secrétaire d’État à la politique de la Ville et le ministre de l’Éducation nationale ont chargé l’inspection générale des Affaires sociales et l’inspection générale de l’Éducation nationale d’une mission concernant
les dispositifs qui offrent une « deuxième chance » aux jeunes sortis du
système éducatif sans aucun diplôme ni qualification. [...]

page 60 : La mise en cohérence du système
[...] Les différents établissements voués à une politique éducative de la deuxième chance sont rattachés à des autorités de tutelle disparates : le ministère chargé de l’Emploi, le ministère chargé de la Ville, le ministère de la Défense et, bien sûr, le ministère de l’Éducation nationale. Une véritable politique de raccrochage suppose dès lors une clarification préalable des responsabilités des acteurs nationaux, mais aussi locaux, tant au point de vue du développement des structures qu’à celui de l’articulation des différents dispositifs.
Plusieurs ministères sont impliqués dans ces dispositifs, mais leur financeur principal devrait avoir la responsabilité de prendre en charge le suivi.

 

page 64 : Internats de réussite éducative et internats d’excellence
Le ministre de l’Éducation nationale et la secrétaire d’État chargée de la
politique de la Ville ont confié à l’inspection générale de l’administration
(IGA) et à l’inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale
et de la Recherche (IGAENR) une mission afin de formuler des propositions pour augmenter significativement le nombre de places d’internat éligibles aux objectifs du plan « espoir banlieues »

Le dispositif d’accueil en internat des jeunes issus des établissements
de l’éducation prioritaire et des territoires de la politique de la ville se compose de deux groupes. Le premier est celui des internats de réussite éducative (IRE), ouverts dans des structures publiques ou privées et réservés aux élèves les plus jeunes ou qui présentent des signes de grande fragilité nécessitant des soutiens sociaux et psychologiques particuliers, au-delà du seul accompagnement scolaire. Le second est celui des internats d’excellence (IE), répartis dans des internats publics et destinés à privilégier la réussite scolaire, l’égalité des chances et la mixité sociale.
Les internats d’excellence permettent à certains jeunes de quitter leur lieu de résidence, le collège ou le lycée de leur secteur géographique et, sous l’impulsion des enseignants et des chefs d’établissement, de rejoindre une place labellisée « internat d’excellence », en accord avec leur famille ou à leur demande.

Les « internats de réussite éducative »
[...] Globalement, la mission constate que le dispositif IRE est susceptible
d’apporter une réponse adaptée à des enfants très jeunes ou en très grande difficulté. L’engagement des acteurs est à cet égard significatif et permet de contribuer très sensiblement à résoudre des situations très délicates conduisant souvent les jeunes concernés vers des impasses. On peut cependant regretter que le coût en soit non seulement élevé, mais surtout insuffisamment contrôlé ou encore que l’évaluation précise des besoins n’ait pas été convenablement conduite en amont. Il en résulte que le public visé par les internats de réussite éducative doit être précisé, car il ne peut pas s’agir d’un dispositif destiné à un objectif massif de réussite scolaire.
Note du QdZ : Les internats de réussite éducative devaient en principe être transformés en "internats d’excellence" avant le 1er janvier 2010.

Les « internats d’excellence »
[...] Il apparaît clairement que cette action ne peut réussir que si tous les partenaires de l’internat (Éducation nationale, services sociaux, collectivités) sont autant de parties prenantes d’un projet commun et partagé. Il s’agit, en effet, à la fois de faciliter la scolarité et de favoriser la mixité sociale.

page 67 : Vers une évaluation globale du dispositif
Il importe que les recteurs, les préfets ainsi que tous les acteurs de terrain
soient informés que les internats de réussite éducative, qu’ils soient ouverts dans des structures publiques ou privées, doivent être réservés aux élèves les plus jeunes, ceux de l’enseignement primaire ou bien ceux qui viennent d’entrer au collège.
Les inspections générales ont pu constater qu’au niveau des subventions, certains retards de paiement ont pu affaiblir la dynamique d’affectation des élèves sur des places labellisées « internat d’excellence ». Elles remarquent également que la répartition des places par type d’établissement et par académie ne pourra être faite qu’après qu’une évaluation des besoins et des possibilités d’accueil aura été effectuée par les services déconcentrés. Elles
constatent donc l’importance des difficultés que rencontre l’administration
de l’Éducation nationale à coordonner la mise en oeuvre de l’ensemble des
mesures du plan Espoir banlieues. [...]

 

page 68 : Un dispositif expérimental : la classe préparatoire
à l’enseignement supérieur

[...] Son ambition est de corriger la discrimination négative liée au milieu socioéconomique ou socioculturel d’où les élèves sont originaires et de lutter ainsi contre la réduction de la diversité sociale observée dans les filières d’excellence. Son objectif est donc de préparer les élèves d’origine modeste à intégrer les classes préparatoires les plus sélectives
et à se présenter à égalité de chances avec des élèves plus favorisés aux
concours d’entrée aux grandes écoles.
[...]
Le régime de la CPES est globalement jugé de manière très positive par
l’ensemble des acteurs impliqués, qu’il s’agisse de l’équipe pédagogique, de la structure administrative et, bien entendu, des élèves eux-mêmes. Ceux-ci disent avoir surtout retiré de l’année charnière de la CPES de solides acquis méthodologiques, qui les ont aidés et continuent de les aider dans le déroulement de leur cursus scolaire et universitaire.
Quelques réserves émanent de certains élèves de la section scientifique qui regrettent de n’avoir pas pu entrer plus tôt « dans le vif du sujet ».

Cette initiative a permis de donner un sens à la réussite en CPGE de
publics fragilisés et de rendre plausibles et réalistes des objectifs de démocratisation des parcours d’excellence. Elle envoie un message réconfortant aux lycéens et à leurs familles, mais aussi aux établissements secondaires : la réussite dans les voies les plus sélectives et dans les établissements les plus prestigieux et les plus exigeants est non seulement possible, mais à portée de main. Il n’en reste cependant pas moins que les objectifs très spécifiques de ce dispositif rendent assez problématique son extension à grande échelle.

Il est surtout indispensable de s’interroger sur les solutions alternatives et
de qualité qui peuvent être mises en place pour répondre à l’exigence de
démocratisation des voies d’excellence.

 

Consulter le rapport intégral sur le site de la Documentation française : Rapport annuel des Inspections générales 2009

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