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40 écoles REP+ de Marseille appellent à refuser l’expérimentation sur la fonction de directeur. Un communiqué intersyndical local (Le Café)

22 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Marseille : 40 écoles appellent à refuser l’expérimentation Macron
40 écoles Rep+ de Marseille éligibles à l’expérimentation présentée le 2 septembre par Emmanuel Macron refusent d’y participer. Les écoles refusent le choix des enseignants par le directeur d’école, un système jugé inefficace et visant à "museler" les professeurs. Ils demandent des moyens suffisants pour toutes les écoles et refusent la logique de contractualisation avancée par E Macron. Une large intersyndicale locale (Se-Unsa, Snuipp Fsu, FO, Cgt, Sud, Cnt) dénonce "une mesure qui ne correspond pas aux revendications des personnels... vécue comme une provocation". L’intersyndicale s’oppose elle aussi à l’expérimentation Macron et exige des moyens pour les écoles.

Une école sur quatre appelle au refus

"Nous, Equipes pédagogiques des écoles refusons d’entrer dans l’expérimentation proposée par Emmanuel Macron le 2 septembre dernier à raison que nous considérons qu’elle organise de fait la casse de l’Ecole publique républicaine. Et nous appelons l’ensemble des écoles à boycotter massivement cette proposition". L’appel est signé par les équipes de 40 écoles Rep+ marseillaises, celles-là même qui sont visées par l’expérimentation Macron. Trois semaines après le discours du président, une école sur quatre (il y a 180 écoles Rep+ à Marseille) refuse l’offre présidentielle.

Pour comprendre leur position il faut rappeler les propos présidentiels. "On doit pouvoir aller plus loin... En fait, donner plus de liberté en même temps qu’on donne plus de moyens. Il faut qu’on ait des directeurs d’école à qui on permet d’avoir un peu plus d’encadrement. Il faut que ces directeurs d’école ils puissent choisir l’équipe pédagogique. On doit permettre peut-être d’avoir des aides en plus des enseignants en plus, d’être doté de moyens, d’adapter les rythmes scolaires pour les enfants, de penser le temps sportif différemment grâce aux infrastructures qu’on veut aussi mettre en place, de penser le temps culturel à côté de l’école différemment et de permettre de le faire, et en quelque sorte d’avoir une équipe qui n’est pas simplement faite d’enseignants mais de pouvoir d’abord choisir les enseignants qui y sont, être sûr qu’ils sont pleinement motivés, qu’ils adhèrent au projet".

Contre " la logique de contractualisation des moyens"

Les signataires de l’appel estiment qu’il est " inconcevable d’accepter que les directeurs.trices puissent choisir les équipes pédagogiques" car " cela impliquerait la fin d’un mouvement des personnels fondé sur des critères communs (barème) assurant pour chaque enseignant.e la possibilité égale aux autres d’accéder au cours de sa carrière aux postes de son choix.. Cela donnerait un pouvoir énorme au directeur/à la directrice, supérieur hiérarchique de fait et subordonnerait par voie de conséquence les adjoint.es".

Les écoles rejettent aussi " la logique de contractualisation des moyens" et demandent que "la République " donne à toutes ses écoles et donc à tous ses élèves les moyens d’un enseignement de qualité". C’est donc contre "l’explosion du cadre de l’Ecole républicaine" qu’elles appellent toutes les écoles concernées à refuser la proposition présidentielle.

Une large intersyndicale "s’oppose" à l’expérimentation

Ce refus est relayé par une intersyndicale regroupant les syndicats locaux du Se-Unsa, du Snuipp Fsu, FO, la Cgt, Sud et le Cnt 13. "Cette expérimentation, en prétendant attribuer discrétionnairement et sur la base de projets les moyens pédagogiques dont les écoles ont besoin, attaque les fondements de l’Ecole républicaine", écrit l’intersyndicale. "La perspective d’une contractualisation des moyens est la porte ouverte à une Ecole à plusieurs vitesses. Elle remettrait en cause le statut des enseignants". L’intersyndicale s’oppose à l’expérimentation.

"Contrairement à ce que dit Macron, on ne pense pas que les écoles doivent être différentes. Toutes doivent avoir les moyens nécessaires à l’égalité des chances", nous a dit Sébastien Fournier, secrétaire départemental adjoint du Snuipp Fsu. Selon lui, une grande confusion s’est installée depuis plusieurs jours à la suite du discours d’E Macron. "On présente aux écoles ce projet comme un robinet ouvert alors que le cadre de l’appel à projet n’est pas dessiné. On ne sollicite pas toutes les écoles mais seulement certaines par voie orale. Les écoles sont amenées à ce décider sans aucun écrit, à l’exception d’une seule circonscription. On assiste à un enrolement à marche forcée, avec des directeurs sollicités pour rédiger un projet dans l’urgence sans leur équipe pour une expérimentation qui n’est pas définie !". Aucun élément budgétaire n’aurait aussi été présenté aux écoles. Selon lui d’autres écoles auraient refusé de participer à la proposition d’E Macron sans signer l’appel.

Pour JM Blanquer "la discussion avance bien"

Interrogé à l’Assemblée le 21 septembre sur l’avancée des projets, JM Blanquer a confirmé que l’objectif est bien de renforcer les pouvoirs du directeur et assuré que tout va bien. "Beaucoup de directeurs vont être dans la situation de chef de projet et vont avoir besoin de pouvoirs supplémentaires... L’objectif est de mettre l’équipe dans la position de façonner le projet. Un projet emmené par l’équipe avec un chef de projet ayant les pouvoirs pour accomplir le projet". Il assure qu’il y aura 50 projets différents et que la discussion avec le rectorat avance bien. Plus bas, sur le terrain par contre cela avance moins bien...

François Jarraud

L’appel des 40 écoles

L’appel de l’intersyndicale

Extrait de cafepedagogique.net du 22.09.21

 

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