> FORMATION(S) (hors EP) > Formation (hors EP). Positions et Témoignages > La réforme de la formation des professeurs, article de Pierre Merle dans La (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

La réforme de la formation des professeurs, article de Pierre Merle dans La Vie des idées, avec un passage sur la nomination des jeunes enseignants en EP

18 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

La réforme de la formation des professeurs
par Pierre Merle , le 15 septembre

Si l’actuelle formation des professeurs n’est pas pleinement satisfaisante, la réforme de la formation prévue dans la loi Blanquer de 2019 ne permettra pas une amélioration de la formation des professeurs et ne répond pas aux défis auxquels l’institution scolaire est confrontée.

D’autre part, la gestion des affectations des professeurs est caractérisée, pour les néo titulaires, par des affectations dans les établissements les plus difficiles (REP et REP+), situation qui favorise la crise de recrutement et les démissions en début de carrière. Plutôt que d’accorder des avantages financiers substantiels aux professeurs en poste en classe préparatoire, affectation caractérisée par un surnombre de candidatures par rapport aux places disponibles, il serait préférable d’augmenter sensiblement les primes, toujours modestes, associées à l’enseignement dans les établissements difficiles afin de favoriser une stabilisation des équipes au fondement d’une meilleure intégration dans le métier et d’une plus grande efficacité pédagogique. Plus globalement, les conditions de travail des professeurs devraient être améliorées en réduisant le nombre d’élèves par classe et en augmentant la place des travaux dirigés. À l’exception de l’école élémentaire avec la politique de dédoublement des CP, CE1 et CE2 dans les établissements classés REP et REP+, la politique ministérielle a poursuivi le chemin inverse.

Enfin, l’institution scolaire est caractérisée par une forte ségrégation inter et intra-établissements au fondement de la carrière des professeurs attirés par le charme discret des élèves bourgeois. Réduire la ségrégation urbaine en favorisant les logements sociaux dans les quartiers moyens et aisés est une façon de réduire la ségrégation scolaire et les difficultés rebutantes auxquelles sont confrontés les jeunes enseignants en poste dans les établissements difficiles. Limiter la ségrégation intra-établissement entre les « bonnes » classes et les « mauvaises », qui reviennent souvent aux néo-titulaires, impose de limiter, spécifiquement en collège, toute une série d’options choisies (latin, grec, chinois, etc.) utilisées de façon stratégique par les parents des catégories aisées de façon à scolariser leurs enfants dans les établissements et les classes socialement homogènes.

Extrait de laviedesidees.fr du 15.09.20

Répondre à cet article