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L’espace public est, lui aussi, lieu d’éducation : un dossier de la revue N’autre école (ToutEduc)

2 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

L’espace public est, lui aussi, lieu d’éducation (revue N’autre école)

"Dans nos sociétés, il est évident qu’éduquer se passe entre quatre murs […] Il nous faut rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Celui qu’on a coutume de considérer comme le premier pédagogue du monde occidental n’enseignait-il pas dans la rue ? C’est là que Socrate y rencontrait amis, inconnus, contradicteurs, c’est là que naissaient de nouveaux savoirs". Ce passage est extrait de l’introduction du dossier "Agir dans l’espace public mobiliser éduquer transformer" du numéro "Hiver 2019" de la revue N’autre école, publication du site Questions de Classe(s)
(ici)

Pour les coordonnateurs de ce dossier que sont l’ethnologue Guillaume Sabin, Hélène Le Breton et Jean-Marie Michel, ces derniers du réseau des Groupes de pédagogie et d’animation sociale (GPAS, ici), il aura sans doute fallu attendre Célestin Freinet et Paolo Freire pour qu’ "une éducation au milieu du monde" soit proposée. Non pas pour s’en éloigner mais pour assumer la vie telle qu’elle est : une réalité à assumer, à partir de laquelle produire de l’éducation. Non pas pour s’en satisfaire car l’éducation que Freinet et Freire souhaitent sert aussi à changer le monde et la vie.

Selon les coordonnateurs, Freinet, Freire, ainsi que Janusz Korczak, sont les points d’appui d’une pédagogie résolument hors les murs : la pédagogie sociale. Celle-ci fait un choix : ne pas utiliser de locaux dédiés mais tous les espaces publics et privés disponibles. Elle part d’une idée simple : assumer le dehors et la rencontre, en faire les invariants d’une autre éducation où la vie n’est jamais infréquentable et où elle doit être considérée comme point de départ et lieu de réinvestissement "des savoirs expérimentés en chemin".

Sous couvert d’un univers policé, poursuivent les trois coordonnateurs, l’éducation "sanctuarisée" confond souvent milieu propice à l’éducation et éducation de classe. Pour eux, ce qui est présenté comme l’évidence pédagogique n’est bien souvent qu’une déclinaison parmi d’autres d’une culture dominante.

A l’inverse, la création des GPAS, les Groupes de pédagogie et d’animation sociale, est, il y a 40 ans, la réponse à ce qu’appelait l’universitaire Bernard Charlot en 1976. À savoir la mise en œuvre d’une pédagogie sociale qui transiterait dans tous les espaces sociaux, qui ne ferait pas de l’un ou l’autre le modèle unique autour duquel éduquer. Ainsi, on pourrait échapper à un huis clos qui, sous prétexte de neutralité, dévalorise des savoirs, des manières d’être et de vivre "populaires, étrangers, marginaux, etc." pour mieux en valoriser d’autres : "bourgeois, dominants, légitimes, etc.".

Le réseau des GPAS travaille auprès d’enfants et d’adolescents, tant en milieu urbain qu’en milieu rural, mais toujours en milieu populaire. Les "pédagogues de rue" des GPAS font la proposition, à des petits groupes de trois ou quatre membres, de partir à la rencontre de lieux et de gens. Sont fréquentés aussi bien les lieux de la culture dominante (théâtres, expositions, etc.) que d’autres, "plus troubles est assurément moins légitimes (squats artistiques, glanages de fin de marchés, etc.)" ou qu’il serait difficile de classer : ateliers d’artisans, d’artistes, manifestations sportives… "Le pari" est, dans ces espaces variés, de découvrir des manières différentes de se comporter, de considérer les choses, afin de pouvoir se situer, se regarder autrement, tout en évitant de hiérarchiser.

Ce dossier cherche à montrer une variété de pratiques éducatives, militantes, culturelles, politiques, et souvent le tout à la fois, dans l’espace public. Et l’introduction de ce dossier prévient : "si s’émanciper c’est se détourner des trajectoires rectilignes et programmées à l’avance, si s’émanciper c’est rompre avec les catégories bien ordonnées qui font agir chacun à sa place, alors les pratiques évoquées ici traduisent cet inconfort des chemins incertains mais qui font bouger des lignes, des pratiques, des représentations". Ce dossier se veut également une invitation à aller plus loin et à se poser sans cesse des questions... Quel savoir se jouent et se construisent dans ces expériences politiques et pédagogiques "du dehors" ? Comment partir de la vie telle qu’elle est et ne pas s’en contenter ? Comment interpeller sans "coloniser" ? Et, finalement, pourquoi apprendre et en faveur de qui ?
Arnold Bac

Extrait de touteduc.fr du : L’espace public est, lui aussi, lieu d’éducation (revue N’autre école)

 

Voir aussi présentation Fnaco, NDLR
Pour sa onzième livraison, N’autre école va dans la rue explorer les frontières éducatives « hors les murs », à la rencontre de celles et ceux qui ont en commun d’agir dans l’espace public. Est-ce une manière de trouver son public pour des structures en mal de participation ? Une manière de se rapprocher de la population dans une démocratie à la peine ? Un slogan pour élus en quête de renou vellement ? Agir dans l’espace public questionne notre manière de voir et penser la rue mais également les conditions d’une éducation émancipatrice au delà des murs institutionnels.

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