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Comptes rendus de 2 séminaires académiques "Devoirs faits" à Besançon (avec des témoignages en éducation prioritaire) et à Lyon

26 février Version imprimable de cet article Version imprimable

Deuxième séminaire académique "Devoirs faits"

Le deuxième séminaire académique "Devoirs faits", "Pour un accompagnement pédagogique différencié" a eu lieu le 22 janvier à l’amphithéâtre du lycée Pergaud de Besançon.

L’académie de Besançon a organisé son second séminaire académique "Devoirs faits". Cette année, la thématique s’attache à l’accompagnement pédagogique différencié. Le recteur Jean-François Chanet a ouvert cette journée dédiée au dispositif "Devoirs faits" mis en place depuis novembre 2017.

Ouverture du séminaire

Il s’agit d’un séminaire pédagogique à destination des enseignants (une soixantaine), CPE (une trentaine) et AED (une quarantaine) impliqués dans le dispositif (collèges et LP). Ces personnes ont été inscrites par leurs chefs d’établissement sur la base du volontariat. Une vingtaine de chefs d’établissement ont également demandé à être présents. 180 personnes étaient présentes dont 14 intervenants.

L’an dernier, le séminaire du 4 avril était un point d’étape sur le dispositif à destination des chefs d’établissement et des référents "devoirs faits", point d’étape organisationnel dans l’établissement et dans la classe.

Programme de la matinée

Deuxième séminaire académique "Devoirs faits"
Le travail personnel de l’élève dans et hors la classe : Rémy Hervé, IA-IPR de physique-chimie
Objectifs :
- découvrir - explorer (rendre l’esprit ouvert) pour préparer l’entrée en mémoire
- mémoriser - automatiser pour rendre les apprentissages complexes possibles
- s’approprier / consolider pour transformer le vécu en apprentissage
Le travail personnel va permettre d’aller vers la réussite des apprentissages.

Les outils numériques à mobiliser : Guillaume Bonzoms, adjoint à la DANE et Matthieu Pretot, chargé de mission à la DANE
Diaporama et ressources https://dane.ac-besanson.fr/devoirs-faits/

"Devoirs faits et apprentissages", table ronde animée par Anne Mansuy, enseignante et formatrice dans l’académie de Besançon.
Deux grands sujets :
- aspects de cadrage du dispositif
- pratiques des intervenants pour soutenir et développer les apprentissages des élèves

Temps d’échange avec la salle en présence de :
- Nassera Bouyarden, enseignante d’espagnol et coordinatrice REP au collège [REP+] Anatole France à Bethoncourt  : engagement des élèves, marge d’autonomie dans le cadre de "Devoirs faits" ?

- Émilie Duhem, enseignante de mathématiques au collège [REP] André Masson à Saint-Loup-sur-Semouse : comment accompagner les élèves ? / Quel regard va porter l’enseignant par rapport à sa matière, et quel apport ensuite dans la classe ?

- Jacob Labeth, principal du collège Saint Exupéry à Beaucourt : quelle différence peut-il y avoir pour un enseignant d’accompagner ses élèves et de préparer son cours ? Évaluation au sein de l’établissement ?

- Loïc Martin, IEN 1er degré Besançon 2, doyen des inspecteurs du premier degré : qu’attend-on des enseignants à l’école et au collège ? / Comment donner à voir à l’élève ? /

- Almir Merdzi, AED au lycée Germaine Tillion à Montbéliard : quelles pratiques pour les intervenants ? Comment en tant qu’AED je suis perçu par les élèves ? / L’évaluation et la mesure des progrès ?

- Christine Tourneux, membre de l’association partenaire de l’école, Pari : lien dans et hors la classe ?
Programme de l’après-midi

Deuxième séminaire académique "Devoirs faits"
État des pratiques de différenciation et d’accompagnement pédagogique - Bilan de la mise en place du dispositif - Brigitte Hazard, inspectrice générale de l’éducation nationale - "Il est indispensable d’inscrire la mesure devoirs faits dans une réflexion plus globale sur le travail personnel de l’élève pour assurer sa pertinence et son efficacité, et ne pas en faire un dispositif qui s’ajouterait à d’autres…".

Le travail personnel de l’élève dans et hors la classe - Olivier Rey, ingénieur de recherche à l’ENS de Lyon - Institut français de l’éducation :
- un enjeu de continuité éducative
- penser l’articulation des différents temps d’apprentissage
- favoriser l’appropriation
- favoriser la continuité didactique
- méthodologie contre savoirs
- favoriser la discussion professionnelle.

Clôture du séminaire par Mahdi Tamène, IA-DASEN du Jura et pilote académique du dispositif. L’IA-DASEN a remercié les différents intervenants pour la pertinence de leurs interventions et indique que les réflexions vont se poursuivre. Mahdi Tamène souligne trois points essentiels à retenir :
- "Devoirs faits" est un acte pédagogique, un acte de justice scolaire
- "Devoirs faits" est au milieu de la boucle pédagogique : un trait d’union au sein des communautés scolaires
- La réussite scolaire, c’est relier les connaissances, faire des ponts et donner du sens aux apprentissages.

En savoir plus - MENJ

Extrait de ac-besancon.fr du 29.02.19 : Deuxième séminaire académique "Devoirs faits"

 

Séminaire Devoirs faits, académie de Lyon

Lundi 28 janvier 2019, 9h, hall d’entrée de la Préfecture du Rhône : une dizaine d’élèves du lycée professionnel Jean Lurçat, accompagnés de leurs enseignants et d’ingénieurs du pôle DFIE accueillent et badgent les 230 participants qui affluent pour le séminaire « Devoirs faits ».

Repenser les modalités de formation, adosser les réflexions à la recherche, proposer des expérimentations, tels sont les objectifs de cette journée de travail impulsée par l’Inspecteur d’académie et DASEN du Rhône, Monsieur Guy Charlot. Organisé sous la forme d’un hackathon, ce séminaire dynamique se décline en différents ateliers éclairés par les points d’analyse de trois experts :

– Madame Brigitte Hazard IGEN, en charge du dossier sur le travail personnel de l’élève,

– Monsieur Michel Fayol, professeur émérite en psychologie du développement, spécialiste de l’acquisition de la lecture et de la numération,

– Madame Stéphanie Mazza, Professeur des universités LYON 1, ESPE, laboratoire de recherche HESPER.

Dès 9h30, Monsieur le Préfet ouvre ce séminaire en rappelant notamment que le dispositif Devoirs faits s’inscrit dans une volonté forte de réduire les inégalités entre les élèves. Madame Marilyne Remer, DASEN de l’Ain, venue représenter la Rectrice, donne l’axe principal de cette journée de travail : il faut envisager ce dispositif dans un cadre plus large, celui du travail personnel de l’élève.

A cette fin, 150 personnels de direction, accompagnés de 70 coordonnateurs du dispositifs Devoirs faits, ainsi qu’une quinzaine d’IA-IPR ont répondu présents pour questionner cette thématique. Répartis en groupe de travail de 10 personnes, ils produisent des ressources pour chacun des trois ateliers proposés, ressources qui sont déposées sur le parcours M@gistère, dédié au hackathon, disponible dans l’onglet Espaces collaboratifs.

En effet, afin de dynamiser les échanges et permettre une réelle mutualisation des productions de chaque table de travail, ce séminaire s’inscrit dans les principes de l’open innovation : à l’instar de l’open source en informatique, il s’agit là de mettre en partage les productions de chaque groupe en offrant une diffusion large sans restriction de « propriété intellectuelle ». Ainsi, chacun peut ensuite avoir accès à l’ensemble des productions, s’en inspirer, croiser les propositions…

Le premier atelier, introduit par Madame Terry IA-IPR d’Éducation musicale et chant choral, aborde la thématique « autonomie, engagement, confiance et motivation de l’élève ». Chaque participant est invité à s’exprimer sur cette thématique au travers de l’identification de mots clés. Inscrits sur des post-it puis discutés sur chaque table de travail, les mots clés recueillis permettent ensuite la création de trois nuages de mots distincts, identifiant respectivement les différents freins, leviers et questionnements liés à la thématique de l’atelier.

Les leviers Les questionnements

Très court et dynamique, ce premier atelier se clôt par l’intervention des trois experts qui s’emparent immédiatement des nuages de mots générés et commentent les occurrences.

Des premières pistes sont abordées autour de l’organisation du dispositif, de la nécessité du lien entre ce qui se fait en classe et hors la classe mais aussi sur la question du sens à donner au terme « devoirs ». Polysémique, les intervenants soulignent qu’il convient de rappeler que ce mot convoque à la fois la notion de prolongement d’un champ disciplinaire mais aussi les procédures mises en œuvre pour réaliser ce travail.

Ce premier temps de travail achevé, Madame Petitjean, IA-IPR SBSSA, lance le second temps d’atelier, tourné vers la question de l’évaluation du travail personnel de l’élève, à partir d’un micro-trottoir. Produit par le réseau Canopé, cette captation audio de témoignages d’élèves, d’enseignants, de parents d’élèves etc… s’articule autour des trois questions suivantes :

« Quel est votre meilleur souvenir d’une évaluation scolaire ? »
« Quel est votre moins bon souvenir d’une évaluation de votre travail scolaire ? »
« Quel serait le meilleur moyen pour évaluer le travail d’un élève ? »

Après un temps de concertation – au cours duquel émergent les notions d’explicitation des critères d’évaluation, d’estime de soi, de responsabilisation des enseignants autour d’une politique d’évaluation dans un établissement – et fort des pistes proposées dans le micro-trottoir, chaque table de travail dépose ensuite sur le parcours M@gistère ses réponses aux questions suivantes :

L’évaluation du travail personnel de l’élève : Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Quand ? Quoi ?

La matinée s’achève par l’intervention de Pierre-Marie Labriet, directeur territorial Auvergne Rhône-Alpes du réseau Canopé, partenaire de cette journée. Il souligne que le champ d’action du réseau s’est élargi au-delà de l’édition et de la diffusion de ressources pédagogiques transmédia. En effet, Canopé intègre désormais un dispositif d’accompagnement des équipes et/ou des établissements en faveur du développement d’un projet numérique.

Après la pause déjeuner, prise dans les somptueux locaux des salons de la Préfecture, une nouvelle répartition des participants par table s’impose : il est temps d’aborder le cœur du séminaire, à savoir le dispositif Devoirs faits. De nouveaux groupes de travail s’installent, en fonction d’une double entrée, le pilotage du dispositif d’une part pour les tables de personnels de direction et sa mise en œuvre opérationnelle et son animation d’autre part pour les tables de coordonnateurs du dispositif.

Par l’intermédiaire d’une capsule vidéo intitulée « De ‘‘Fais tes devoirs’’ à ‘‘devoirs faits’’ », Monsieur Jean-Charles Diry, IA-IPR d’Économie-gestion, CARDIE de Lyon et délégué adjoint au pôle DFIE, présente alors le dernier temps d’atelier de la journée : place à l’innovation.

Chaque table dispose de la synthèse d’un questionnaire préalablement envoyé aux chefs d’établissement sur le travail personnel de l’élève et le dispositif Devoirs Faits ainsi que d’un jeu de 10 cartes de couleurs. A l’aide de ces deux matériaux, les participants doivent produire, en 75 minutes, la carte mentale d’une innovation/expérimentation relative au dispositif Devoirs faits. Chaque carte propose une entrée à renseigner pour questionner le dispositif : outils, intervenants, modalités de prise en charge, lieux, …

Les cartes mentales produites sont photographiées puis déposées sur le parcours M@gistère. Une version sous format modifiable sera bientôt disponible afin que les équipes puissent s’en emparer et les exploiter.

15h – Les trois experts s’installent sur l’estrade après l’introduction du doyen Monsieur Étienne Maurau qui ouvre le dernier temps de cette journée.

Tout à tour, les intervenants reprennent des éléments évoqués dans les discussions de groupes au fil de la journée et apportent leur analyse.

Monsieur Michel Fayol commence par rappeler qu’il ne suffit pas d’observer pour apprendre et comprendre. Il faut aussi essayer, se tromper, revenir en arrière et opérer des ajustements de stratégie. Le travail personnel de l’élève est le centre des apprentissages (plus que les temps de cours, les temps d’exercices…). La recherche a démontré qu’il n’est pas possible, pour un élève de collège, de transposer des capacités d’un champ disciplinaire à un autre, même peu éloigné. Les habiletés sont difficilement transférables, particulièrement lors de l’entrée dans des contenus nouveaux.

Madame Stéphanie Mazza poursuit en précisant la notion d’introspection : l’élève doit faire preuve d’autocontrôle pour questionner la stratégie qu’il met en œuvre. « Est-ce la bonne stratégie ? dois-je aller en chercher une autre ou bien ajuster pour parvenir au résultat ? » Il est donc indispensable d’aider les élèves à construire des outils mentaux qui permettent de raisonner seuls. Les enseignants qui participent au dispositif sont les médiateurs de l’acquisition de l’autonomie.

Interrogée sur les facteurs favorisant l’engagement des élèves, elle indique que cela dépend fortement du sentiment de faisabilité. Il faut donc être vigilant au syndrome d’incompétence acquise ou d’illusion d’incompétence souvent à l’œuvre chez certains élèves plus faibles car cela diminue la motivation d’agir : voué à l’échec, on n’apprend plus

Un des éléments favorables selon elle : la curiosité, à savoir le décalage entre ce que l’on connaît et ce que l’on veut connaître. Parvenir à apprendre est déjà une satisfaction « le réseau de la récompense » est addictif. L’engagement est par ailleurs majoré par la valorisation.

Afin d’être complet, le dispositif devrait pouvoir proposer une pratique guidée avec un enseignant, une pratique coopérative avec les pairs et une pratique autonome.

En guise de conclusion de cette journée, Madame Brigitte Hazard rappelle que la dénomination même de « Devoirs faits » interroge : cela correspond-il à des devoirs finis ou bien seulement commencés ? Il s’agit plutôt de les commencer et surtout d’équiper les élèves pour qu’ils poursuivent leurs apprentissages en dehors de la présence des adultes. A cette fin, il est indispensable de mettre en place des alliances pédagogiques/des fiches de suivi et de penser aux outils numériques, à leur plus-value dans ce type d’accompagnement.

L’ensemble de la journée a été filmée par le réseau Canopé. Les interventions seront rapidement disponibles sur le parcours M@gistère dédié au séminaire mais aussi sur le site du pôle DFIE.

Extrait de cardie-lyon.org du 15.02.19 : Séminaire Devoirs faits

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