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Maternelle : évaluation positive pour les "coups de pouce langage". Autres dispositifs évalués : Asforel (Agir pour l’école), Avl (Afev) (ToutEduc)

30 octobre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Maternelle : évaluation positive pour les "coups de pouce langage"

"Là où d’autres actions se centrent davantage sur les dimensions techniques et linguistiques du langage", le CLA (coup de pouce langage) est centré "sur la dimension sociale de l’apprentissage et de l’usage du langage" et ciblé prioritairement sur les "petits parleurs" âgés de 5-6 ans, scolarisés en grande section de maternelle. Il s’agit de "lever des blocages d’ordre psychologique", et d’agir sur "les compétences transversales" ou "aptitudes de vie", "en complémentarité de l’école (...), notamment dans les quartiers les plus défavorisés, où les difficultés sont les plus importantes". C’est la conclusion de l’évaluation menée par le SociaLab, et dont ToutEduc a eu communication, de ce dispositif lancé par l’association "Coup de Pouce".

Expérimenté depuis quatre ans, le Coup de Pouce Langage est né d’une initiative pilotée par Gérard Chauveau dans les Hauts-de-Seine. Identifiant ainsi le langage comme "premier moment de fragilité pour certains enfants, l’association a souhaité développer sur l’ensemble du territoire national ce programme qui vient "après le Coup de Pouce Clé axé sur la lecture-écriture en CP et le Coup de Pouce Clém centré sur les compétences transverses en mathématiques".
Il s’adresse à des enfants "repérés dans les premiers mois de l’année par leur enseignant" parce qu’ils "n’osent pas prendre la parole dans le groupe-classe ou face à l’adulte", parce qu’ils ont "un faible niveau de langage" et un vocabulaire très limité" ou parce qu’ils parlent "à la maison une autre langue que le français (allophones)".

"L’envie de communiquer"

Comme pour les Clé et Clém, le Cla intervient après la classe et "réunit cinq enfants autour d’un animateur quatre fois par semaine après la classe", pendant une heure, "y compris un temps de goûter". Le fait d’être avec d’autres "petits parleurs" issus de classes différentes renforce "l’envie de communiquer avec les autres membres du groupe" et "des effets de pairs favorisent l’expérience par l’enfant de la réussite partagée (...). Il y a un effet de vases communicants entre les enfants qui sont timides et qui se détendent, prennent le risque de parler et les enfants qui ont des problèmes de prononciation, de langage car ils parlent trop vite... Ceux-là se mettent à prendre du temps, leur langage devient plus lent et long, plus structuré."
L’équipe du Socialab compare le Cla à d’autres dispositifs, à commencer par "Parler Bambin", qui "touche environ 3000 enfants dans 96 crèches", qui s’adresse "aux enfants âgés de zéro à trois ans" et non de 5 à 6 ans, "se centre sur le développement du langage de l’enfant, et intervient de manière moins centrale sur les aspects relatifs à la socialisation" puisque "le premier effet recherché est la stimulation des interactions verbales courantes entre l’enfant et l’adulte", les professionnels de la petite enfance adoptant des postures et méthodes "qu’ils diffusent de manière informelle, au quotidien".

Agir pour l’école, AsForel

Autre dispositif analysé, "Projet Lecture" qui est développé au sein de la classe par "Agir pour l’École" en collaboration avec l’Éducation nationale. "Il concerne actuellement 200 classes dans 6 académies" et cible les mêmes enfants que le Cla. "L’action prend là-aussi la forme d’ateliers en petit-groupe de 2 à 6 enfants, mais elle se tient au sein de la classe, les autres élèves travaillant alors en autonomie". Contrairement au Cla, il "ne propose pas d’action périscolaire complémentaire" et "ne recherche pas l’inclusion des parents dans la dynamique d’apprentissage de l’enfant".
Le programme AsFoRel apparaît comme "un dispositif frère" et "les parents sont invités à s’impliquer dans le développement du langage parlé des enfants", mais "l’accent est mis sur la dimension linguistique du langage parlé et non prioritairement sur le développement de compétences sociales et la prise d’une aisance de l’enfant dans l’environnement scolaire", ce dont témoignent "l’enregistrement des interactions verbales que les intervenants ont avec les enfants" et qui est ensuite analysé par un comité scientifique" et "la relation duelle de l’enfant avec le ’facilitateur de langage’, recruté pour ce rôle" : "Ces ateliers s’apparentent à des séances individuelles."

AVL, jeux d’enfants

L’AVL ou "accompagnement vers la lecture" proposé par l’AFEV est le cinquième de ces programmes "d’envergure nationale" : "L’action est périscolaire et individuelle", elle se tient "au domicile des parents ou dans des bibliothèques" et "consiste en des échanges réguliers entre l’enfant et un étudiant, à raison d’une à deux fois par semaine", et les auteures le considèrent comme "peu structuré et outillé".
Le dispositif "Jeux d’enfants" est "inspiré de l’expérimentation américaine du Perry Preschool". En France, il est mis en place dans une garderie, une crèche municipale et un relais d’assistants maternels de Lille, il "n’est pas spécifiquement axé sur le langage", mais sur la socialisation et le développement des compétences sociales et le jeu y joue un "rôle primordial", ainsi que la relation adulte-enfant. "Une évaluation est en cours mais ce programme jouit déjà d’une forte reconnaissance scientifique et institutionnelle."
Le rapport évoque encore quelques initiatives locales comme l’École des Grands-Parents en Ile-de-France, École et Quartier à Hem ou les "boîtes à savoirs langage" dans certaines classes de l’Académie de Reims. Les auteures identifient "les trois spécificités principales" des Coups de Pouce Cla : "articuler à part égale le langage dans sa dimension linguistique et dans sa dimension sociale", "faire intervenir des personnes extérieures à la classe", sur un temps tiers, avoir un "haut niveau de structuration, mettant en place une ingénierie territorialisée, et par son degré d’outillage théorique et pratique à destination des intervenants".

S’intégrer dans les stratégies des villes

C’est pourquoi il s’intègre "particulièrement bien" dans les stratégies éducatives des villes "où le programme est valorisé comme un élément clé de la stratégie en faveur de l’égalité des chances", qu’il s’agisse du public visé, de la "forte appétence des enfants", de la qualité de l’approche pédagogique ou de l’implication des parents "jugée comme l’une des principales plus-values" du programme. Certaines familles "ne se sentent pas capables d’accompagner leur enfant" et sont rassurées de voir qu’il est pris en charge, d’autres, mises en confiance par l’animateur, peuvent parler à l’enseignant et au directeur, d’autres enfin "investissent progressivement un rôle éducatif nouveau".
Le programme apparaît toutefois comme "complexe aux yeux des acteurs", l’association "Coup de pouce" devrait en "clarifier les objectifs" et permettre aux animateurs de "disposer de ressources plus nombreuses et davantage qualitatives pour garantir des postures et une communication pédagogiques adéquates". Ceux-ci pourraient également miser davantage sur leur capacité à créer un lien particulier, "de connivence", avec les parents.

L’évaluation a été réalisée à la demande de l’association par le SociaLab (Stéphanie Morel, Sarah Maire et Louise Freulet).

Le site des "Coups de pouce CLA"

Extrait de touteduc.fr du 28.10.18 : Maternelle : évaluation positive pour les "coups de pouce langage"

 

Sur le site OZP,
Voir la rubrique Club Coup de pouce

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