> 4 - Education prioritaire. 250 sous-rubriques (SR) > TYPE DE DOCUMENT (21 SR) > ETUDES (15 SR) > Etudes diverses > Les faux semblants des filières d’excellence [au collège], article de Pierre (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Les faux semblants des filières d’excellence [au collège], article de Pierre Merle dans "La Vie des idées"

8 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Les filières d’excellence au collège sont controversées. Ceux qui les défendent considèrent qu’elles sont indispensables au système scolaire et à la constitution des élites. Mais elles s’avèrent inefficaces et ne font que creuser les inégalités, sociales et ethniques.

Depuis juin 2017, Jean-Michel Blanquer, nouveau ministre de l’Éducation nationale, est revenu sur la politique de réduction du redoublement et, à l’école élémentaire, a autorisé la semaine de 4 jours au lieu de 4 jours et demi. Il est aussi revenu sur une dimension essentielle de la réforme du collège entrée en vigueur à la rentrée scolaire 2016. Celle-ci se caractérisait notamment par une réduction de la diversité de l’offre pédagogique des établissements avec l’intégration des options latin et grec intégrées dans les EPI (Enseignements pratiques interdisciplinaires) et, mesure emblématique, la suppression des sections européennes et des classes bilangues (2 langues vivantes dès la sixième). L’une et l’autre sont de nouveau autorisées. Le retour des filières d’excellence est-il souhaitable ou néfaste ? Quelles peuvent être les conséquences de cette décision ? [...]

Extrait de laviedesidees.fr du : Les faux semblants des filières d’excellence

 

Pierre Merle : Blanquer une politique qui renforce les inégalités
Bien loin de défendre la constitution d’une élite ou de stimuler les établissements scolaires, le rétablissement des filières dans les collèges par JM Blanquer (classes bilangues, classes de latin grec) va augmenter la dualisation du système éducatif français et les inégalités sociales d réussite scolaire, explique Pierre Merle dans La vie des idées. "Les filières d’excellence et l’apartheid scolaire qu’elles favorisent contribuent à expliquer pourquoi le système éducatif français, lorsqu’on le compare aux autres systèmes éducatifs européens, est celui dans lequel un enfant d’origine populaire a le moins de chances d’accéder au baccalauréat et de poursuivre des études dans l’enseignement supérieur. À cet égard trop souvent oublié, les filières d’excellence, outre qu’elles ne permettent pas de maintenir une élite scolaire, participent à la reproduction des inégalités sociales, à une efficacité moyenne, et à la faible équité de l’école française".

"Plutôt que de « réconcilier les Français » avec leur école", poursuit P Merle, " cette politique risque d’accroître encore davantage les clivages, les ressentiments et les sentiments d’injustice. Le désamour pour l’école, lieu central de socialisation, ne peut que renforcer une suspicion déjà grande à l’égard de l’organisation sociale et réduire encore la légitimité déjà limitée de l’ordre politique."

Extrait de cafepedagogique.net du 06.09.17 : Pierre Merle : Blanquer une politique qui renforce les inégalités

 

Voir aussi

Dans la série de l’OZP sur Les apports de l’éducation prioritaire :
La notion d’excellence

Répondre à cet article