> 4 - Débats/Product. OZP > Les Journées OZP (Actes) > Journée OZP 2016 : 35 ans d’éducation prioritaire, par Anne Armand, grand (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Journée OZP 2016 : 35 ans d’éducation prioritaire, par Anne Armand, grand témoin

7 juin 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Anne Armand, qui a accepté de jouer le rôle de grand témoin de cette journée, avoue emprunter à Jean-Yves Rochex le titre de la journée qu’il organise le 1 juillet 2016 avec les Archives nationales, tant il paraît adapté aux propos tenus ce jour. Elle s’inspire de la question posée par Marc Douaire lors de l’ouverture : "Quels sillons creusons-nous depuis des années ? » pour témoigner de ce qu’elle a appris, entendu, retenu de cette journée nationale.

Ce que j’ai appris

Ce matin, le discours de Béatrice Gille et sa présence avec ses deux référents, Françoise Moncada, DAASEN, et Alain Pothet, IA-IPR correspondant académique Éducation prioritaire, ont dit quelque chose de nouveau. Si le recentrage était sur le pédagogique et l’est toujours, la question du pilotage est devenue centrale. Cela faisait plusieurs années que nous le savions et que nous essayions de le dire. Il faut du temps mais on y est. Du côté de l’inspection générale, j’ai imposé deux rapports cette année. Le premier sur le pédagogique, le second sur le pilotage. Peut-être qu’à l’arrivée, cela n’en fera plus qu’un, que le recentrage sur le pédagogique s’exercera via le pilotage. Cette question est partagée. Le travail et la réflexion doivent continuer, et je citerai comme exemple d’oubliés du dispositif le rôle joué par les conseillers pédagogiques dans le paysage.

Ce que j’ai entendu : ces fils rouges qui ont traversé la journée

Le temps. Il a été évoqué sous toutes ses formes, à la fois le temps de concertation, le temps de travail, se donner du temps pour… Les deux réformes qui se percutent, c’est aussi une question de temps. Dans le cycle 3, il convient de trouver le temps, c’est-à-dire le moment. Un temps nouveau est apparu dans l’enseignement : la co-intervention.

La question du temps est devenue un temps institutionnel mais il y a aussi une réflexion en cours sur l’appropriation de ce temps par le collectif : prendre le temps de se poser des questions, jouer sur les temps…

Les acquis. La réforme de la scolarité obligatoire n’est pas venue percuter les lieux où il y avait des acquis. La prise de conscience d’un acquis collectif professionnel est importante. Au travers de tous les passages, de RAR à Éclair puis à REP+, il y a eu des changements, et ces acquis non seulement sont restés mais nous sommes en mesure de les identifier. Cette mémoire professionnelle est essentielle.

Les personnes. Le souci de la personne est nouveau. La clarté des commandes, notamment dans les lettres de mission, les ordres du jour proposés dans les réunions sont révélateurs de l’attention portée à la personne. C’est donner à voir aux acteurs ce que l’on attend d’eux. Le respect de la personne concerne aussi la formation, la professionnalisation et la reconnaissance des acquis. Le souci de la personne de l’élève émerge également.

Ce que j’ai retenu

C’est à l’académie de définir ses besoins et ses spécificités. Voila une vraie nouveauté dans le paysage éducatif. Cela signifie la prise en compte des besoins du terrain. Le temps où le message descendait de l’institution est révolu. Aujourd’hui, les points de vue académiques, les témoignages écrits ou oraux, les comptes rendus divers et variés ont été pris en compte par l’institution. Les points de vue sont différents et s’enrichissent les uns des autres.

Les demandes de formation des enseignants qui prennent les classes de TPS en maternelle sont aussi un fait notable. En effet, il faut que l’on invente une manière de faire parce qu’aucun pays ne sait comment s’y prendre. Il faut donc que l’on mutualise. On a parlé d’un collectif de formation. C’est une nouveauté dans le concept même de formation.

Ce qui m’étonne

En éducation prioritaire, une espèce de flou permettait de pratiquer une forme d’interprofessionnalité. Chacun faisait un petit peu le travail de l’autre. Si on a besoin de clarifier les missions, cette interprofessionnalité risque-t-elle de se perdre ? Quelles en seront les conséquences ?

L’inquiétude est constante sur la pérennité. Et pourtant l’institution s’est emparée de la question des fonctions, qui n’est plus seulement un vœu de quelques militants.

Et puis, les enjeux pour demain...

Les PDMQDC : professionnaliser cette fonction est une nécessité. Il y a de l’énergie, c’est une belle invention. Il ne faut pas la gaspiller

Le cycle 3  : une attention particulière doit lui être apportée. Le parcours de l’élève avec des problèmes de temps, de lieu, et les questions que cela soulève, on ne sait pas encore y répondre.

La notion de parcours : qu’il s’agisse de celui de l’élève ou de celui de l’enseignant, c’est une problématique nouvelle, étrangère à notre culture.

Pour terminer

Un point important, lié à la période dans laquelle nous vivons, c’est de voir apparaître la notion de handicap social. Le rapport de Jean-Paul Delahaye démontre que la grande pauvreté est là et que l’on prend maintenant conscience. Si la misère sociale n’existait pas, ce serait plus simple d’enseigner. Or, elle est à nos portes et pour nous, cela doit devenir un sujet de réflexion et de travail.

Compte rendu rédigé par Brigitte D’Agostini

 

Lire les autres comptes rendus de la Journée OZP du 28 mai 2016

Répondre à cet article