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"L’évaluation à l’école", par Charles Hadji (Nathan, août 2015). L’auteur : "L’évaluation peut être un facteur aggravant pour l’échec et un facteur encourageant pour la réussite"

15 novembre 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Charles Hadji : "L’évaluation à l’école" éditions Nathan - 7,50€

Spécialiste de l’évaluation scolaire, Charles Hadji revient avec un nouveau livre : "L’évaluation à l’école". Entretien autour d’une matière qui ne cesse de faire débat.

L’évaluation est un phénomène qui a concerné, tôt ou tard, tous les individus. Pourquoi lui avoir consacré un livre ?

Ce n’est pas le premier livre que je consacre à cette matière, mais déjà le quatrième ! L’évaluation m’a toujours intéressé parce que j’ai été élève, et que j’ai constamment été évalué. C’est ce qui m’a permis d’exercer le métier de professeur des universités, après de nombreux concours. Et j’ai donc considéré que l’évaluation était une activité fondamentale dans le domaine des actions pédagogiques. Je m’y suis intéressé du point de vue de l’action, et aussi de la recherche, car c’est un champ de recherche à côté duquel on ne peut pas passer quand il s’agit d’enseignement, d’apprentissage et de pédagogie.

À quoi sert concrètement l’évaluation ?
Elle sert à formuler un jugement d’acceptabilité. Cela m’a conduit à identifier des formes d’évaluation qui correspondent à une fonction centrale. Par exemple, l’évaluation sert beaucoup trop à sélectionner à l’école, c’est l’usage dominant. C’est excessif, car ce n’est pas le seul usage, il y en a beaucoup d’autres. Par exemple, elle peut servir à essayer de voir exactement où en est un élève dans un apprentissage précis, pour l’aider à mieux effectuer cet apprentissage. Ce serait une fonction diagnostic, pour voir exactement où en est l’élève, pour qu’il puisse se développer et réussir à mieux apprendre. J’explique dans mon livre que l’évaluation a 6 grands usages, mais il ne faut jamais oublier son usage principal : faire le point dans une démarche d’action pour essayer d’optimiser cette démarche.
L’évaluation est un sujet récurrent de l’actualité éducative. Selon vous, pourquoi ce sujet fait-il toujours débat ?

Pour deux raisons, la première étant que l’évaluation est une exigence sociale. Tant qu’il y aura des élèves, il y aura de l’évaluation, donc le problème est permanent. La deuxième grande raison est que l’évaluation est un problème à forte « densité » sociale. On s’y intéresse aujourd’hui car on se rend compte que l’action éducative n’atteint pas le niveau de réussite qui serait souhaitable dans un pays développé tel que le nôtre, comme le montrent par exemple les enquêtes PISA. On dit que c’est améliorable, que les résultats ne sont pas à la hauteur… La question de savoir comment on « mesure » les progrès des élèves se pose alors d’une façon très forte. On constate qu’aujourd’hui, l’évaluation sert essentiellement à classer pour sélectionner. C’est un usage privilégié, qui fait problème, entre autres, aux yeux de ceux pour qui l’enjeu du système scolaire est la réussite de tous les élèves. Et cela finit par se transformer en véritable guerre de religion, entre les « rigoureux » et les « bienveillants ». Ces derniers pensent qu’il faudrait faire de l’évaluation un outil de cette réussite, et c’est autour de cette question de l’usage dominant que se cristallisent les oppositions.

Le sous-titre de votre livre est « pour la réussite de tous les élèves ». Pensez-vous que l’évaluation telle qu’elle est appréhendée actuellement permet cette réussite de tous ?

Il ne faudrait quand même pas s’illusionner sur les pouvoirs de l’évaluation : elle n’est pas à elle seule capable de faire réussir ou de faire échouer, cela dépend d’autres facteurs. Cependant, l’évaluation peut contribuer à la réussite ou à l’échec des élèves.

Elle contribue à l’échec lorsqu’elle se présente sous la forme de « couperet » et se traduit par une stigmatisation des mauvais élèves, qui risquent d’être enfermés dans leur échec. Mais inversement, elle peut devenir un facteur de réussite quand elle devient un moyen mis au service de l’apprentissage, quand elle sert à éclairer les élèves sur ce qu’ils sont en train de faire. Je conclus cet ouvrage en disant que l’évaluation peut être la meilleure ou la pire des choses. Elle peut être un facteur aggravant pour l’échec, et un facteur encourageant pour la réussite.

http://enseignants.nathan.fr/catalogue/l-evaluation-a-l-ecole-fichier-ressources-9782091222707.html

http://www.vousnousils.fr/2015/11/12/charles-hadji-evaluation-meilleure-pire-choses-578604

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