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Après le séminaire professionnel OZP 2014 : Les leviers de la refondation (texte de synthèse)

20 décembre 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

7ème Séminaire professionnel OZP, 13 décembre 2014
La mise en œuvre des leviers de la refondation de l’éducation prioritaire

Après le séminaire professionnel 2014 de l’OZP :
Les leviers de la refondation

La refonte de la carte de l’éducation prioritaire et les protestations contre les sorties de ZEP ont relancé le débat public sur l’école. La refondation de l’éducation prioritaire apparaît comme la preuve que la refondation de l’école est bien en marche. Cependant, le débat reste polarisé sur la seule question des moyens pour la diminution du nombre d’élèves par classe et pour l’attribution de primes. Le séminaire professionnel organisé le 13 décembre 2014 par l’OZP a centré la réflexion de plus d’une cinquantaine d’acteurs sur la mise en œuvre d’une refondation qui sera difficile à réussir et qui demandera du temps.

La loi de refondation : tous peuvent réussir
La refondation de l’éducation prioritaire est au centre de la refondation de l’école. D’après la loi de refondation, « tous peuvent progresser, tous peuvent réussir » mais une part de la réussite de nos élèves dépend de nos pratiques, d’où la création du référentiel.
A la concentration des difficultés sur certains territoires doit répondre la concentration des moyens. La refondation nécessite également de la recherche et de la formation.

L’éducation prioritaire vise à maximiser la réussite des élèves dans les territoires menacés de relégation sociale. Hors éducation prioritaire, ce sont d’autres dispositifs qui prennent en charge la réduction des inégalités. Lorsque la dimension territoriale et le fonctionnement en réseaux écoles-collèges ne sont pas déterminants pour la réussite, c’est l’allocation progressive des moyens qui pourra supprimer les effets de seuil entre ceux qui font partie de la nouvelle éducation prioritaire et les autres.
Mais comment maximiser la réussite ? Aussi et d’abord par une évolution des métiers et des pratiques.

Des pratiques professionnelles pour réussir : vers un collectif de professionnels
L’évolution du métier d’enseignant implique de :
- travailler avec d’autres enseignants et d’autres métiers, avec un recoupement des missions et des compétences professionnelles ;
- généraliser des gestes professionnels pour traiter la difficulté scolaire ;
- développer l’appartenance à un collectif professionnel piloté par les conseils école-collège.

L’évolution doit concerner aussi les métiers de l’encadrement et de l’administration :
- travailler en prenant en compte les projets et les initiatives prises dans les équipes ;
- faire vivre des dispositifs dans le temps (coût en temps, en conflits, en besoins de coordination). L’ingénierie de formation qui s’est développée chez certains coordonnateurs et professeurs référents doit devenir une compétence partagée.

La formation sera déterminante dans la constitution de ces collectifs professionnels. L’appareil de formation initiale et continue devra être reconstitué. Les compétences développées par certains coordonnateurs et professeurs référents pourront y contribuer.

Moyens
Quelle meilleure utilisation des moyens budgétaires ? Disposer de temps, de personnes ressources dans le réseau pour un travail au service des collègues, pour la formation et l’accompagnement dans le réseau, pour la mise en œuvre de dispositifs, est plus nécessaire que la diminution du nombre d’élèves par classe. Le coordonnateur, les professeurs référents, le temps libéré par la « pondération » sont des leviers de la refondation.

Les pesanteurs
La mise en œuvre de la refondation de l’éducation prioritaire, et encore plus celle de la refondation de l’Ecole, devra surmonter des pesanteurs très lourdes. Le risque existe d’externalisation du traitement des difficultés pour ne rien changer aux pratiques. La co-intervention peut dériver vers le soutien traditionnel.

Le temps est compté pour réussir la refondation. D’autant plus que l’évolution des métiers se situe dans un temps long : 3, 4, ou 5 ans sont nécessaires pour que de nouvelles pratiques s’installent, c’est ce que disent les récits « d’expériences » réussies. Ce délai est peu compatible avec le temps médiatique et les impatiences des responsables.
La généralisation demandera de nouveaux délais et se traduira inévitablement par un affadissement des projets. La mise en place actuelle des 102 réseaux préfigurateurs, le recrutement de formateurs, l’affectation effective de remplaçants pour la formation des professeurs des écoles de ces réseaux montrent que cette refondation est possible.

Texte rédigé par François-Régis Guillaume

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