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B* Une compétence du socle commun à développer dans le 1er degré : l’entrepreneuriat, action à laquelle participent des écoles ECLAIR de Lille (Newsletter n°2 SEPIA)

17 décembre 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

Quand les profs innovent... Enseigner, c’est aussi innover,
Newsletter n°2, 15 novembre 2012,
SEPIA, académie de Lille

Une compétence du socle commun à développer dans le 1er degré : l’entrepreneuriat

Une expérimentation dans le 1er degré menée sur la circonscription de Lille 1 Est
et présentée les 28 et 29 mars 2012 au salon de l’innovation à l’UNESCO.

Ce deuxième numéro de « Quand les profs innovent… » porte la focale sur l’entrepreneuriat et plus particulièrement sur le lien qui peut réunir deux mondes,l’école et l’entreprise, dont on pense souvent qu’ils éprouvent des difficultés à s’entendre. D’ailleurs, Christian Laval, ne titrait-il pas en 2004 son ouvrage ainsi : « L’école n’est pas une entreprise » Editions La Découverte.

L’association des termes école et entreprise provoque souvent quelques inquiétudes car la perception exclusivement économique de la seconde se heurte à la perception humaniste de la première. Le fonctionnement de l’une n’aurait donc rien à voir avec le fonctionnement de l’autre.

L’action présentée dans ce numéro prend le contre-pied de cette représentation pour plusieurs raisons :

  • Elle se situe dans le premier degré et concerne des élèves à un âge où les préoccupations sont bien éloignées des logiques entrepreneuriales
  • Elle ne positionne pas l’entreprise comme un objet à part entière mais uniquement comme un prétexte pour inscrire les élèves dans une démarche de projet collectif
  • Elle aborde la problématique de l’entrepreneuriat sous l’angle conceptuel des « gestes professionnels » tels que décider de l’objectif à poursuivre, identifier et se répartir les tâches, distribuer les rôles et responsabilités…
  • Elle inscrit les élèves dans un processus d’apprentissage collaboratif qui pose le problème de l’articulation entre les individus et le groupe constitué.
  • Enfin, elle touche directement le processus d’apprentissage car elle sollicite directement le processus décisionnel des élèves et ne les enferme pas dans le simple rôle de reproducteur. Acteurs de leurs propres décisions, cette démarche est nécessaire pour leur faire appréhender le monde d’aujourd’hui afin de mieux penser et agir dans le monde de demain.

A l’heure où la question de l’orientation, des rythmes scolaires et du décrochage sont sur le devant de la scène de la politique éducative, la question de l’innovation et de l’expérimentation engagent les équipes pédagogiques vers d’autres perspectives, d’autres démarches pédagogiques plus adaptées aux élèves d’aujourd’hui.
Les fondements des apprentissages s’ancrent dans des dynamiques de projets, projets dans lesquels chaque individu s’implique et s’approprie les connaissances du Monde environnant.
La question de l’Entrepreneuriat en fait partie parce qu’elle aide, accompagne et cible des compétences transférables dans les autres domaines et s’inscrit réellement dans le parcours scolaire de l’élève.

Depuis deux ans, sur la circonscription de Lille 1 Est, avec l’aide de l’association « entreprendre pour apprendre » des classes de cycle 3 sont engagées dans le projet « ma commune » appelé depuis peu « C ma ville ».

Les grands objectifs
Dans un premier temps, l’animateur de l’association permet aux élèves de découvrir
les activités de la commune et les besoins auxquels elles répondent.
Dans un second temps, il s’agit de permettre aux élèves d’appréhender les notions
de secteur public/ secteur associatif/ secteur privé.

En cinq séances un objectif est ciblé : préparer des jeunes engagés pour un avenir
collectif.
Pour impulser auprès des élèves une « fibre entrepreneuriale », l’enseignant en partenariat avec l’animateur fait découvrir aux élèves les acteurs-clés d’une commune : qu’ils soient économiques, publics, politiques, ou associatifs, les « décideurs locaux » ont tous deux un point commun : la passion d’un métier, d’un territoire, d’un loisir ; une vocation, celle de « piloter », d’accompagner, de construire en apportant des solutions nouvelles aux habitants.

Les séances s’articulent sur les objectifs suivants :

  • Comprendre qu’il y a des pilotes dans chaque secteur, qui ont des objectifs différents.
  • Comprendre que chaque pilote a besoin des autres pour réussir.
  • Comprendre qu’on est consommateur dans la commune, pour toutes les activités du secteur public, du secteur privé, du secteur associatif.
  • Découvrir comment devenir consomm’ acteur des activités de la commune.
  • Découvrir comment devenir acteur d’une activité pour sa commune.

A la fin des cinq séances, chaque groupe d’enfants présente son projet, son prototype et son affiche publicitaire aux élus de la commune.

Année scolaire 2011/2012 : sept classes impliquées soit 160 enfants et 30 projets ont été présentés.

Cette démarche a permis de constater l’influence sur la dimension conative et cognitive des apprentissages. Tous les piliers du socle commun sont exploités. Certains élèves se sont « dévoilés ». Pour certains l’Ecole faisait alors sens.

De tels projets favorisent une ouverture. Alors que nous remarquons de plus en plus d’élèves manquant d’attention, de concentration et de persévérance face à la tâche scolaire, ce projet a permis d’éviter ces écueils.

Préparer l’élève à percevoir le monde de l’entreprise est fondamental car cela lui permet de mieux comprendre le monde socio-économique dans lequel il évolue et favorise le transfert de compétences dans le domaine des apprentissages.

Les enseignants sont satisfaits de ce projet qu’ils qualifient d’innovant et complémentaire de leur pratique quotidienne.

Le travail en partenariat avec l’association Entreprendre pour apprendre a permis aux élèves et aux enseignants de mieux appréhender le projet, de réaliser une maquette grâce aux 5 séances menées et d’illustrer la création d’une entreprise.

Elle a aussi permis aux élèves de la faire évoluer en fonction de l’avancement du projet et de la réflexion menée.
Seul bémol, les élèves ont regretté que leur « entreprise » n’ait pu réellement exister.

Une expérience à renouveler, sans nul doute.

Note du QdZ : Une partie des écoles de la circonscription de Lille 1 Est
fait partie du dispositif ECLAIR. Sur les 8 écoles concernées par le
projet, 5 en font partie.

Extrait du site SEPIA de l’académie de Lille :
Quand les profs innovent... n°2

 

Association « entreprendre pour apprendre » Nord Pas-de-Calais

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