> PÉDAGOGIE(S), DISCIPLINES, ACTIONS LOCALES (en EP) > PEDAGOGIES (LES) > Pédag. Bien-Etre, Autonomie, Compét. psycho-sociales/ > Développer les compétences socio-comportementales des élèves : un levier pour (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Développer les compétences socio-comportementales des élèves : un levier pour améliorer les résultats scolaires dans les collèges défavorisés et prioritaires (Injep)

29 avril

Développer les compétences socio-comportementales des élèves : un levier pour améliorer les résultats scolaires dans les collèges défavorisés
Injep, analyses & synthèses, N° 57, avril 2022

Le programme de l’association Énergie Jeunes coordonne des séances de discussions en classe visant à développer les compétences socio-comportementales (motivation, persévérance et autodiscipline) des élèves de collèges défavorisés. Les résultats de l’évaluation conduite entre 2014 et 2019 indiquent un impact positif sur les résultats scolaires, en particulier chez les filles, les élèves sans difficultés de comportement et les non-boursiers. Cet impact s’accompagne d’un changement d’état d’esprit des élèves, d’une amélioration de leurs comportements au collège et d’un ajustement de leurs aspirations. L’effet est moins fort et plus tardif sur les garçons et les élèves de milieux défavorisés qui ressentent les effets seulement à partir de la 3e. Bien que l’effet de cette intervention soit de faible ampleur, son rapport coût-bénéfice est remarquable au regard d’autres dispositifs comparables.

[...] Un rapport coût-efficacité remarquable
Globalement, l’évaluation du programme d’Énergie Jeunes montre qu’encourager un état d’esprit de « développement » chez les élèves peut être une approche efficace pour améliorer le comportement et les résultats scolaires. Cette amélioration est certes faible (+ 0,21 point de moyenne, soit seulement 5 % de la différence entre collèges prioritaires et collèges non-prioritaires) mais le rapport coût-bénéfice de cette intervention apparaît particulièrement favorable. Avec un coût de 65 € par élève, l’intervention s’avère être une alternative plus avantageuse que d’autres interventions également testées pour améliorer les résultats des élèves et recensées dans une étude de Matthew Kraft (2020). Sa synthèse de la littérature appuyée sur une recension de 242 évaluations d’impact fournit des repères pour comparer le rapport coût-efficacité du programme Exploiter tout son potentiel à celui d’autres programmes aux finalités similaires. L’effet d’Énergie Jeunes sur les notes en 3e se situe à la médiane de la distribution des tailles d’effet documentées par Kraft, mais pour un coût onze fois inférieur (le coût médian est de 773 € par élève). Exploiter tout son potentiel est donc beaucoup plus efficace, à coût donné, que les programmes ayant un effet d’ampleur comparable. Notons cependant que les effets plus forts mesurés chez certains groupes d’élèves (les filles, les élèves dont le comportement à l’entrée en 6e était le plus satisfaisant et les non-boursiers) suggèrent que ce type d’intervention cherchant à développer les compétences socio-comportementales des élèves dans les collèges défavorisés tend à augmenter les inégalités en matière de réussite scolaire au sein de ces collèges, tout en contribuant à réduire les écarts de performance entre les collèges favorisés et défavorisés si le programme est ciblé, comme ce fut le cas dans cette expérimentation, sur ces derniers. Malgré des résultats encourageants et un rapport coût-efficacité remarquable, la faible taille d’effet pose question sur la nature transformative de ce type d’intervention pour le système éducatif français. Ce programme pourrait-il produire des effets plus forts si son intensité était accrue via davantage de séances, voire un programme plus individualisé pour répondre plus spécifiquement aux besoins des élèves ? Les compétences socio-comportementales pourraient-elles être transmises de manière plus efficace par les professeurs eux-mêmes par l’intermédiaire de formations enseignantes spécifiques ? Le contenu des messages transmis aux élèves peut-il être adapté aux profils d’élèves qui ont réagi moins favorablement au programme ?

Extrait de injep.fr du 27.04.22

Répondre à cet article