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Dictée : contributions et réactions - J. Bernardin (revue du GFEN, 2005) ; Evelyne Charmeux ; Claude Lelièvre ; syndicats, presse

19 septembre 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Article paru dans la revue nationale du GFEN, DIALOGUE « Apprendre ensemble, réussir ensemble » n° 118 de septembre 2005

La dictée, cet exercice qui n’a d’existence qu’à l’école, est plébiscitée par de nombreux parents, en particulier dans les milieux populaires, pour lesquels apprendre exige de savoir écouter, d’être sage, d’obéir au Maître. Cette activité est symbolique : elle se donnait pour objectifs d’évaluer (dans le sens de trier) les « bons » élèves (seules les fautes y sont comptabilisées, à l’inverse de toutes les autres activités scolaires) et les élèves « cultivés », ceux qui « font » leurs humanités. C’était à l’époque, que nous pensions jusqu’ici révolue, où savoir écrire consistait plus à savoir orthographier qu’à être capable de transcrire – pour la communiquer – sa pensée ou de dialoguer avec la pensée d’un autre.

Des générations entières d’élèves ont, dans l’exercice quotidien de cette activité, fait l’expérience de leur incapacité à répondre aux normes scolaires exigées. Vivant une accumulation d’erreurs répétées ils passèrent du « J’ai eu
0 » à « Je suis 0 ». L’erreur (d’origine cognitive) se transmuant en faute (sur le registre identitaire) ils construisirent, pour eux-mêmes une intériorisation culpabilisante de l’échec.
Si la dictée n’est en fait qu’un thermomètre elle ne peut prétendre guérir les maladies qu’elle aurait dévoilées. Or quelles seraient ces maladies ? D’après certains docteurs il s’agirait d’une mauvaise maîtrise des règles qui régissent l’orthographe, la grammaire et la conjugaison. Mais alors, comment expliquer que beaucoup d’élèves font des erreurs lors de la dictée alors qu’ils réussissent parfaitement les exercices d’orthographe, de grammaire et de conjugaison ? Mieux même, nombreux sont ceux qui continuent à faire des erreurs alors qu’ils ont à leur
disposition, affichées, ces règles et qu’en plus ils ont préparé la fameuse dictée en classe ou chez eux ! Ces constatations effectuées par les enseignants ont abouti à une disparition de la pratique de la dictée dans de nombreuses classes, souvent sans que lui soit substituée une ou d’autres activités. Et puis les élèves de ces classes se sont un jour retrouvés confrontés au collège (ou avant) à cette pratique sans avoir été préparés à y réussir. [...]

Extrait de dropbox.com : FAIRE OU NE PAS FAIRE DE DICTÉES ?
ou Comment faire de la dictée un moment d’apprentissage ?

 

Vous avez vu comme la presse et les médias se sont engouffrés dans cette malheureuse formule "une dictée chaque jour " qui a été lâchée aux journalistes, comme une bouchée de pain à un bataillon de canards ? Apprenez qu’en fait, elle N’EST ÉCRITE NULLE PART DANS LES NOUVEAUX PROGRAMMES, (j’ai vérifié !)
Cela confirme bien la manière de travailler de certains journalistes qui font facilement un papier sur un rapport dont ils n’ont pas lu une ligne — juste entendu un mot, comme ça à la cantonade, et qui savent développer la chose.
C’est bien triste, parce que c’est sans doute la seule chose que pas mal de collègues retiendront de ces programmes, qui, sans être parfaits (toujours des confusions, du conformisme et des erreurs reprises des précédents textes sans être vérifiées) proposent tout de même plein de choses intéressantes, qui devraient permettre aux collègues — à conditions qu’ils les lisent !— de faire du meilleur travail.

Extrait de charmeux.fr du 18.09.15 : Une dictée par jour pour écrire sans erreurs ? Et si l’on apprenait plutôt l’orthographe ?

 

Claude Lelièvre
La ministre de l’Education nationale vient d’édicter une dictée quotidienne. Sans compter le calcul mental. Quid de cette entrée en matière pour une réforme que beaucoup croyaient impossible à réaliser (car cela n’avait jamais eu lieu, ni même été tenté) : des programmes pensés en même temps depuis le cours préparatoire jusqu’à la troisième, par cyles, pour aller dans le sens de la continuité, de la progressivité et de la cohérence ? Chapeau, le Conseil supérieur des programmes ! Il fallait le faire et vous l’avez
Extrait de blogs.mediapart.fr du 19.09.15 : La dictée dictée

 

A l’occasion de la présentation des nouveaux programmes scolaires pour l’école élémentaire et le collège, la ministre de l’Éducation nationale a annoncé que la maîtrise des savoirs fondamentaux passait par une dictée quotidienne, du calcul mental et de la lecture tous les jours et souhaitait les rendre obligatoires.

Sans remettre en cause l’utilité de ces activités, une fois de plus, un ministre se pose en premier pédagogue en voulant imposer sa vision de la meilleure façon d’enseigner. Après son discours sur les QCM en CE 2, en mars dernier, voilà le hochet de la dictée et du calcul mental. A quand celui sur lecture globale et lecture syllabique ?

Les enseignants des écoles primaires en ont assez de l’infantilisation dont font preuve beaucoup de ministres de l’Éducation nationale. Les professeurs des écoles sont des professionnels formés à leur métier auxquels il serait temps que l’on fasse confiance pour la réussite de tous les élèves. De plus, il y a une contradiction à prôner l’autonomie des équipes dans la mise en place des projets, d’un côté, et le fait de vouloir régenter la manière dont l’emploi du temps de tous les élèves du primaire doit être cadencé.

Extrait de sgen.cfdt.fr du 18.09.15 : Faisons confiance aux professeurs des écoles pour faire leur métier

 

L’annonce tonitruante de la ministre d’une dictée quotidienne laisse abasourdi le monde enseignant, alors que les projets des nouveaux programmes ne donnent pas cette indication rigide.

C’est une première. Une ministre décide seule, et avant la tenue du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), du rythme que les enseignants doivent observer pour les exercices des élèves. Il s’agit là d’une méconnaissance totale du travail des enseignants à qui, une fois de plus, on ne fait pas confiance. Il s’agit également d’une forme de mépris des experts, enseignants, chercheurs et inspecteurs, qui ont travaillé pendant des mois, au sein du Conseil supérieur des programmes, à élaborer ces nouveaux textes.

Les enseignants n’ont rien contre la dictée. Elle est d’ailleurs pratiquée régulièrement en classe. Mais la maîtrise de l’orthographe ne saurait se réduire à de simples exercices quotidiens de dictée. Si ces pratiques étaient la recette magique aux fautes d’orthographe, cela fait longtemps que les enseignants auraient adopté ce rythme journalier. Et demain, la ministre va nous dire à quelle heure la faire dans la journée ?

Madame Vallaud-Belkacem n’est d’ailleurs pas à une contradiction près. D’un côté elle promeut l’autonomie pédagogique pour les enseignants du collège et de l’autre, elle explique comment faire classe aux professeurs des écoles. Il est temps de considérer les enseignants du primaire comme des professionnels à part entière et de reconnaître leurs compétences. Le SNUipp-FSU agira pour que les nouveaux programmes présentés au prochain CSE, en octobre, ne dérivent pas vers des injonctions totalement inefficaces et caricaturales.

Extrait de snuipp.fr du 18.09.15 : Dictée tous les jours

 

Lors de la présentation du projet des nouveaux programmes 2016, la Ministre de l’Éducation Nationale s’est aventurée dans des commentaires et des interprétations précipitées largement repris par les médias : les enseignants du SE-Unsa lui adressent une lettre ouverte.

Madame la Ministre,
• Vous commettez un abus de langage. Les programmes évoquent des “dictées régulières”. Transformer cela en “dictées quotidiennes obligatoires” relève d’une interprétation personnelle.
• Ce n’est pas votre rôle que de fixer des rythmes d’apprentissage (qui plus est uniformes) sur tout le territoire, pour tous les élèves et toutes les classes. Étrange conception en totale contradiction avec la Refondation pédagogique qui invite à une adaptation selon les publics et qui fait confiance aux personnels afin de trouver les voies et les moyens pour faire réussir leurs élèves.
• Les modalités pédagogiques de mise en œuvre des programmes, lorsqu’ils seront officiels, appartiendront aux enseignants : ce sont eux les professionnels des apprentissages !
En résumé Madame la Ministre, les dictées et le calcul mental n’ont jamais disparu de nos pratiques. Cessez donc les raccourcis et les interprétations excessives ; faites confiance aux professionnels que nous sommes ! Occupez-vous de notre ISAE, de nos salaires et de nos conditions de vie et de travail : c’est bien plus urgent.

Extrait de se-unsa.org du 19.09.15 : Dictée : les enseignants du SE-Unsa s’adressent à la Ministre

 

C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups… avec seulement deux mots. Alors que le Conseil supérieur des programmes (CSP) a remis, vendredi 18 septembre, la seconde mouture des programmes scolaires du CP à la 3e, la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a pris tout le monde de court en se positionnant pour le retour des « dictées quotidiennes » à l’école, « indispensables » selon elle.

Extrait de lemonde.fr du 19.09.15 : Le coup politique de Najat Vallaud-Belkacem

 

En annonçant le retour en force de la dictée, la ministre de l’éducation souhaite en finir avec un phénomène qui s’est beaucoup développé dans les classes : le recours aux photocopies, avec des textes à trous, où plutôt que de copier des phrases entières, voire de les écrire sous la dictée, l’élève n’a qu’à les compléter en ajoutant ici la conjugaison idoine, là le bon adverbe...

Rue de Grenelle, on estime que cette pratique a contribué à la dégradation des compétences linguistiques de nos enfants. Des chercheurs ont soumis des élèves à une même dictée en 1987 et vingt ans plus tard. Résultat : ceux de 5e avaient en 2007 un niveau en orthographe comparable à celui des CM2 deux décennies avant. Pire : en zone d’éducation prioritaire, ce sont les élèves de 3e qui présentaient le niveau atteint en 1987 à la sortie du primaire.

Extrait de lacroix.fr du 20.09.15 : Faut-il instaurer des dictées quotidiennes à l’école primaire

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