> AGENDA > 51- Archives > Revue de presse : archiv. 2008-2001 (non classées en rubriques (...) > Revue de presse. Archives 2008 à 2004 > année 2006 > septembre 2006 > Les ZEP dans « Fenêtres sur cours »

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Les ZEP dans « Fenêtres sur cours »

8 septembre 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « Fenêtres sur cours » du 05.09.06 : Mise en place des PPRE

  Mise en place des PPRE

La généralisation des Programmes Personnalisés de Réussite Educative (PPRE) constitue la nouveauté de cette rentrée.

Les dispositions prises lors de la mise en oeuvre de loi d’orientation ont été précisées. La « lettre flash » du Ministère du 6 juillet précise que les évaluations de début CE1 auront pour but de vérifier les compétences en lecture : les élèves présentant « des difficultés de déchiffrage seront aidés par des PPRE centrés sur la lecture et l’écriture ». Dès cette rentrée scolaire, ils seront proposés aux élèves de CP et CE1, à tous les redoublants et aux élèves de 6ème. Ils seront étendus à tout le cycle 3 à la rentrée prochaine. Des précisions supplémentaires seront données dans une circulaire à paraître. La mise en place des PPRE se fera à moyens constants et par redéploiement : mobilisation des enseignants spécialisés des réseaux d’aide, utilisation des moyens consacrés à l’expérimentation des CP dédoublés, maîtres surnuméraires des ZEP/REP.

Expérimenté l’année dernière sur près des 25 000 écoliers, ce dispositif prétend répondre à des difficultés « traduisant autre chose qu’une faiblesse passagère ». Le PPRE est associé au socle commun : « A tout moment de la scolarité, une aide spécifique est apportée aux élèves qui éprouvent des difficultés dans l’acquisition du socle commun... » : la définition des compétences à atteindre par palier est annoncée pour la fin 2006 en ce qui concerne le CP, le CE1 et la 6ème, en 2007 pour les autres niveaux. La lutte contre l’échec scolaire ne peut pas se limiter à la seule mise en place des PPRE ou à la redéfinition des missions des personnels spécialisés : cela
exige une autre organisation de l’école, de la formation et du temps pour le travail en équipe dont les écoles vont avoir besoin pour relever collectivement ce défi.

 -------------

  Se syndiquer... dès la rentrée

« Nous n’entrerons pas dans l’avenir à reculons » titre l’affiche de rentrée du SNUipp. En effet, alors que le socle commun se met en place au détriment d’une culture commune, que certaines méthodes de lecture sont dénigrées par le Ministre, que les ZEP deviennent hiérarchisées, que la formation initiale intègre le compagnonnage... le SNUipp propose aux enseignants des écoles d’exiger d’autres choix pour construire une école de la réussite de tous les élèves en se syndiquant dès la rentrée scolaire. Adhésion auprès du SNUipp du département d’exercice xx.snuipp.fr" http://xx.snuipp.fr où XX est le numéro de département)

 --------------

  Pédagogie, j’écris ton nom

L’acte d’enseignement et de transmission des savoirs ne peut se réduire à l’usage d’une seule méthode. Il demande avant tout de prendre en compte la réalité de la classe et des élèves et d’innover à chaque fois sur le chemin qui mène à l’acquisition des compétences. C’est le sens de la pédagogie.

[parmi les témoignages, celui-ci : un prof de ZEP d’une ZEP de Chartres]

Bruno Hautin

Le point de départ : les élèves

Mon fonctionnement est simple, la base première, c’est les programmes de l’école, les documents d’accompagnement. Ensuite je vais chercher dans différents livres de pédagogie tout l’aspect didactique pour élaborer mes progressions. Enfin quand j’ai établi tout cela, je pars des évaluations ».

Dans l’Eure-et-Loir, le département où Bruno enseigne, elles sont faites au CM2 mais celles de 6ème sont aussi pour lui une importante base de travail.

A l’école Jean Guéhenno , ZEP de Beaulieu, à Chartres il utilise les évaluations diagnostiques faites dans sa classe de CM2. L’analyse des évaluations, mise en rapport avec l’aspect didactique, lui permet de réaliser sa programmation qui comme il le précise « part des élèves tout en restant dans le cadre des programmes ». Son enseignement est basé sur des situations d’ « auto socio construction du savoir » c’est à dire des situations problèmes à réaliser individuellement ou en groupe. « Pour moi une situation problème, c’est une situation où tous les élèves peuvent s’inscrire. Elle doit être suffisamment facile pour pouvoir y rentrer mais assez complexe pour qu’ils ne puissent pas seuls la résoudre ».

Ensuite, ses élèves s’entraînent, réinvestissent, différencient. Seuls mais aussi grâce aux autres. « Du travail individuel, de groupe, en binôme voire avec d’autres classes dans le cadre des défis sciences, lectures ou mathématiques ».

Dans la classe, les manuels n’ont pas le premier rôle. « J’y prends des exercices ou des images pour la géographie, les sciences. Ils me servent principalement d’outils ».
La mise en place de l’activité lecture l’a beaucoup interrogé. « J’ai rencontré trop de gens qui aimaient la littérature mais qui n’avaient pas aimé l’école ». Alors, il a « essayé de comprendre ce que disaient les programmes, ce qui y était cohérent en relation avec les différentes approches didactiques aussi bien de l’ONL que du GFEN ou de l’INRP et a cherché en tant qu’enseignant dans ces lectures ce qui conviendrait le mieux à ses élèves ».

Dans la même logique, Bruno a énormément observé les collègues de cycle 1 et 2 et est allé « piocher chez eux la découverte d’albums, le fonctionnement en coin lecture,
les temps lecture de 10/15 minutes ».

De par le nombre de ses élèves -28-, il utilise ainsi les ateliers de la maternelle comme fonctionnement de classe, « j’ai des groupes en autonomie et un groupe avec moi et on tourne tous les jours. Je travaille comme en CP, on anticipe la suite, on fait des retours en arrière, on essaie de trouver les ellipses, on cache le texte ou l’image ». Les situations d’apprentissage utilisées à des niveaux antérieurs trouvent là une nouvelle utilité.

 ---------------------

  école ressource

[dans la ZEP de Meaux]

Infuser les sciences

Les sciences sont à l’honneur à l’école élémentaire Compayré 2 à Meaux en Seine et Marne. « Avec le souci de mutualiser les projets » insiste Myriam Bouridah, la directrice de ce groupe scolaire situé en ZEP. Privilégiant une approche active, les enseignants ont travaillé sur l’eau comme élément naturel et domestique, à travers des ateliers, des rencontres et des visites de sites. A partir d’observations et de prélèvements effectués dans ce milieu de vie aquatique, les enfants ont étudié les concepts d’alimentation et de respiration des espèces vivantes. Tous les projets menés depuis plusieurs années sont consultables sur le site de l’école « une manière non seulement de valoriser le travail des enfants, de donner du sens aux apprentissages mais également de permettre des travaux collaboratifs avec d’autres écoles » commente Myriam.

Voir le site

 --------------

[dans la ZEP d’Imphy]

  La langue dans ses registres

« Tout est parti du croche patte, croche pied et croque en jambe » explique Hervé André, enseignant d’une classe de CE2-CM1 à l’école Jean Jaurés à Imphy dans la Nièvre. Lors d’une séance de français, les élèves cherchaient des mots et expressions à décliner dans les trois registres de la langue, familier, courant et soutenu. De là, est venue l’idée de réaliser un film avec les élèves, une même histoire racontée selon les trois registres. Rien de bien étonnant pour Hervé, passionné de vidéo. Avant d’être enseignant, celui-ci a même été à l’origine dans les années 90 de plusieurs expériences de télévision locale sur Châlon- sur -Saône. « La vidéo amateur a toujours été présente dans mon univers. Je cherchais seulement la bonne idée pour pouvoir exploiter ce support en classe » explique-t-il. Il fallut d’abord mener un travail d’écriture d’une histoire. Enfants et adultes racontent une violente dispute lors de la récréation. A chaque fois, les interlocuteurs vont utiliser pour le même récit un registre adapté à la situation.

« Une histoire toute simple permettant d’exploiter au mieux ces différents niveaux de langage » affirme Hervé. Le travail fut riche : narration puis écriture dialoguée et enfin création d’un scénario-image destiné à servir de guide lors du tournage du film. Parallèlement, le maître mena comme tous les ans, un travail en arts visuels sur les techniques cinématographiques et l’image : listage du matériel pour faire un film, repérage, castings, découverte des différents plans. Les enfants ont même été amenés à dessiner une même situation en plan serré puis large afin de leur donner des outils réutilisables lors de la mise en forme de leur scénario.

Récompensée par deux prix aux festivals de films scolaires, cette production libre de droit est téléchargeable sur le site de la ZEP d’Imphy.

Voir le site

Voir aussi l’article de Gilles Sarrotte : « Juifs, musulmans, culture en partage » où l’on raconte la visite des enfants d’une ZEP de Paris au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.

Répondre à cet article