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Deux enquêtes sur les usages des enseignants et des familles populaires pendant le confinement : laboratoire Icare (La Réunion) et Romain Delès/Filippo Pirone (univ. de Bordeaux)

21 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Confinement : L’enquête Icare révèle les usages enseignants
Réalisée auprès de plus de 4000 enseignants hors circuit institutionnel, l’enquête Icare menée par Sylvain Genevois, Gaëlle Lefer, Nathalie Wallian au printemps 2020 apporte des informations importantes sur les pratiques enseignantes durant le confinement. "Les usages quotidiens de la messagerie électronique sont très élevés (81,3% des répondants), suivis par l’usage des réseaux sociaux (39,5%). Si l’on y ajoute les usages hebdomadaires, ils s’élèvent respectivement à 85,4% et 47,2%. Les Environnements numériques de travail (ENT) représentent près de la moitié des usages quotidiens (47,2%), le cahier de textes numérique 42,7%. Si l’on y ajoute les usages hebdomadaires, ils s’élèvent respectivement à 56,2% et 53,5%. Les outils de communication synchrones et asynchrones sont peu présents dans l’usage quotidien : vidéoconférence (9,2%), tchats (9,6%), forums (5,5%) ou dans l’usage hebdomadaire : vidéoconférence (18,8%), tchats (5,9%), forums (6,1%). Les plateformes de formation (Moodle ou autre) sont peu utilisées par les répondants (10,9%). La classe virtuelle (CNED ou autre) représente 13,5%." Autrement dit les outils institutionnels (CNED, ENT) n’ont pas été si utilisés que cela par les enseignants. Si une majorité d’esneignants ont utilisé des ressources audio et vidéo, ce qui est énorme, les manuels scolaires papier (32%) ou numériques (28%) "ne sont pas identifiés comme des ressources si indispensables". Les sites personnels jouent un rôle important (32%). "La plupart des enseignants enquêtés considèrent que « le numérique ne remplace pas l’enseignant » (79,7%) pas plus que la communication directe (67,5%)". Les enseignants ont privilégié les contacts avec leurs élèves (pour 55% des enseignants u contact quotidien). Ceux avec les collègues du même établissement ont été aussi importants (32% quotidien). Les contacts avec les chefs d’établissement sont assez importants (12% quotidiens). Au dessus, avec l’académie, ils sont quasi absents (2%).

Le rapport

Extrait de cafepedagogique.net du 17.09.20

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« L’étude des inégalités scolaires de l’école à la maison invite à la prudence »
TRIBUNE
Romain Delès
Sociologue

Alors qu’ont débuté, lundi 14 septembre, les évaluations nationales au CP, CE1, 6e et 2de qui permettront de mesurer les effets du confinement, Romain Delès, dans une tribune au « Monde », analyse les vecteurs d’inégalités dans l’accompagnement scolaire à la maison

[...] Trois vecteurs des inégalités scolaires
Notre enquête par questionnaire et entretiens, menée avec Filippo Pirone (université de Bordeaux), s’intéresse alors aux différentes pratiques de l’école à la maison et permet de comprendre comment cette « liberté » a été diversement gérée par les familles. On observe d’abord des inégalités entre milieux sociaux dans l’organisation du travail scolaire. Concrètement, dans les classes supérieures, le travail scolaire est spatialisé : on fait la classe dans la chambre de l’enfant, qui dispose le plus souvent de son bureau. On classe, on ordonne le travail : des étagères sont vidées pour faire la place aux productions scolaires de la période.

Inversement, dans les classes populaires, la part des parents déclarant faire le travail dans un lieu dédié est significativement plus faible (44 % contre 68 %). Evidemment, ces différences renvoient à des inégalités de logement. Mais pas seulement, elles sont aussi significatives de choix dans l’organisation du travail.

Extrait de lemonde.fr du 16.09.20

 

Sur l’enquête de l’université de Bordeaux, voir aussi Confinement. Selon une enquête nationale menée par deux chercheurs auprès de 30 000 parents, les familles populaires adoptent des " des pratiques d’accompagnement plus directes, plus cadrantes, plus impositives"

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