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Confinement. Selon une enquête nationale menée par deux chercheurs auprès de 30 000 parents, les familles populaires adoptent des " des pratiques d’accompagnement plus directes, plus cadrantes, plus impositives"

11 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

« L’école à la maison », amplificateur des inégalités scolaires
Une enquête nationale révèle les dimensions pédagogiques de ces inégalités, à travers la disposition parfois implicite des parents à transmettre le savoir scolaire.

[...] A ce jour, près de 30 000 réponses sont parvenues à Romain Delès, et Filippo Pirone, enseignants-chercheurs en sociologie à l’université de Bordeaux, qui ont contacté l’ensemble des 64 000 établissements scolaires français.

A travers 120 items, le questionnaire établit d’abord le profil socio-économique du foyer, ses conditions de logement et d’accès au numérique. Suivent des informations sur l’expérience de l’école à la maison, les ressources pédagogiques dont les parents disposent et les pratiques concrètes d’accompagnement scolaire de leurs enfants. « Malgré le travail des enseignants, la distance matérielle fait obstacle à l’explicitation des attendus, des consignes, des savoirs engagés dans les exercices scolaires », constatent d’emblée les sociologues.

Le temps consacré à la classe à la maison va « contre l’intuition », estime l’étude : les classes populaires passent 3 h 16 par jour en moyenne à l’accompagnement scolaire contre 3 h 13 pour les classes moyennes, 3 h 07 pour les classes supérieures et 2 h 58 pour les parents exerçant le métier d’enseignant. « Ce résultat contribue à remettre en cause certaines représentations spontanées sur la mobilisation des parents de classes populaires et rejoint les travaux de la sociologue Séverine Kakpo sur la pratique des devoirs à la maison, observent Romain Delès et Fillippo Pirone. Il n’y a donc pas d’abandon scolaire des familles populaires. »

En s’intéressant aux techniques pédagogiques utilisées par les parents, l’enquête établit que les familles populaires adoptent « des pratiques d’accompagnement plus directes, plus cadrantes, plus impositives, qui remplissent les attendus formels, visibles des consignes scolaires ». Elles déclarent plus que les autres surveiller que l’enfant suive les consignes (88 % contre 84 % chez les classes supérieures), faire réciter la leçon (87 % contre 81 %), faire des exercices en rapport avec la leçon (90 % contre 86 %). « Ces activités favorisent l’acquittement de la tâche scolaire, la réalisation des commandes scolaires dans leurs aspects formels », commentent les auteurs de l’étude.

Extrait de lemonde.fr du 11.05.20

 

La pandémie et les inégalités face à l’école
Réalisée par Romain Delès et Filippo Pirone (univesrité de Bordeaux) une étude auprès de 30 000 parents contactés par voie électronique à travers les établissements scolaires confirme l’existence d’une fracture pédagogique entre parents favorisés et défavorisés. Elle relève aussi l’existence d’une facture nuémrique , les parents défavorisés ayant moins de compétence et de matériel. "Les inégalités sont surtout de nature pédagogique", notent les chercheurs. "Les classes populaires déclarent plus que les autres avoir recours aux techniques d’accompagnement les plus directes : surveiller que l’enfant suive les consignes (88% versus 84% chez les classes supérieures), faire réciter la leçon (87% versus 81%), faire des exercices en rapport avec la leçon (90% versus 86%). Ces activités favorisent l’acquittement de la tâche scolaire, la réalisation des commandes scolaires dans leurs aspects formels. Mais ces façons de faire la classe à la maison ne pénètrent pas dans la « machine pédagogique ».. Dans la classe à la maison, les familles populaires adoptent donc des pratiques d’accompagnement plus directes, plus cadrantes, plus impositives, qui remplissent les attendus formels, visibles des consignes scolaires. Mais la question de l’appropriation effective des contenus scolaires doit être posée."

Extrait de cafepedagogique.net du 11.05.20

 

Ecole à la maison : les classes populaires, bonnes élèves
Deux chercheurs bordelais ont questionné 30 000 familles sur l’enseignement à distance. Leur enquête réfute l’idée d’un « abandon » des classes populaires

Les écoles étant fermées depuis deux mois, comment les familles s’approprient-elles, ou non, les outils de l’enseignement à distance ? C’est la question au départ de l’enquête pilotée par deux sociologues, maîtres de conférences à l’Université de Bordeaux, Romain Delès et Filippo Pirone.

Un travail d’envergure : leur questionnaire, diffusé depuis le 2 avril, a obtenu à ce jour…

Extrait de sudouest.fr du 08.05.20

 

Le questionnaire

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