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Personnels de direction : le confinement leur a donné plus de liberté, plus d’anxiété et a dégradé les relations avec la hiérarchie et les collectivités (Enquête de Georges Fotinos et Mario Horenstein : exclusif ToutEduc)

7 juillet Version imprimable de cet article Version imprimable

Personnels de direction : le confinement leur a donné plus de liberté, plus d’anxiété et a dégradé les relations avec la hiérarchie et les collectivités (exclusif)

Comment les personnels de direction ont-ils vécu le confinement ? Georges Fotinos et Mario Horenstein confient à ToutEduc les premiers résultats de l’enquête qu’ils ont menée dans la région académique Auvergne-Rhône-Alpes. Les 574 réponses qu’ils ont obtenues illustrent la situation dans 60 % des collèges et lycées, et de 40 % des principaux, proviseurs et adjoints.

Dans la liberté de créer

Il apparaît que le confinement a été l’occasion d’une amélioration des relations avec les enseignants et avec les parents pour un tiers d’entre eux, d’une dégradation pour 12 % d’entre eux avec les enseignants et pour 7 % en ce qui concerne les parents (pour les autres, sans changement). En revanche, la dégradation des relations avec la hiérarchie est nette (27 % contre 9 %) et avec les collectivités territoriales (31 % contre 11 %).

A 95 %, ils estiment qu’au cours de cette période, ils ont pu trouver parfois, souvent et pour certains même très souvent "des réponses aux besoins des élèves et des enseignants dans la liberté de créer et d’innover". A 85 %, ils considèrent que cette expérience collective pourrait modifier le projet d’établissement. Les auteurs en concluent que "cette période de crise a favorisé la liberté de créer et d’innover".

Des niveaux d’anxiété cliniquement significatifs

Tout comme les directeurs d’école parisiens qui n’étaient que 8 %, ils ne sont que 6 % à être susceptibles d’avoir été atteints de coronaphobie. Mais ils sont 15 % à avoir connu des troubles du sommeil du fait de pensées sur le coronavirus, et 46 % se plaignent d’avoir eu des difficultés à s’endormir. Et surtout, près de la moitié des répondants (48 %) "présentent des niveaux d’anxiété cliniquement significatifs", un pourcentage comparable à celui du personnel soignant engagé en première ligne dans la lutte contre la Covid-19 en Chine (45%) mais inférieur à celui des directeurs d’école sur Paris (63%). Ils sont également nombreux (36 %) à présenter des symptômes dépressifs. "A titre de comparaison, ces résultats sont supérieurs à ceux d’une étude avec le même questionnaire chez le personnel soignant engagé en première ligne dans la lutte contre la Covid-19 en Italie (25%) et inférieurs à ceux de directeurs d’école de Paris (48%)." A noter encore que "8% de répondants ont des idées suicidaires".

Pour Georges Fotinos et Mario Horenstein, "les interventions visant à promouvoir la santé mentale des personnels de direction doivent être mises en œuvre rapidement". La crise rend "plus aigüe encore une réflexion d’ensemble sur l’encadrement sous stress qui ne peut pas se limiter aux seules interventions médicales individualisées ou aux seules améliorations des conditions de travail".

L’étude a été conduite à l’initiative du SNPDEN de la région académique et de la CASDEN avec le soutien de l’AFAE pour les académies de Grenoble et de Clermont-Ferrand.

Extrait de touteduc.fr du 05.07.20

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