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Enfants Rom (Le Monde) - Face à la mendicité, les « échecs » et les « belles réussites » de la Mairie de Paris - Entretien avec le sociologue Olivier Peyroux (association Trajectoire) - Déploiement des maraudes mixtes dans 16 départements (liste) (Maraudes Solidarités et Santé) )

30 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

Face à la mendicité des enfants roms, les « échecs » et les « belles réussites » de la Mairie de Paris

Depuis fin 2015, la Ville a mis en place des maraudes et un dispositif d’insertion pour les familles à la rue. Le dispositif doit être étendu à seize départements, a annoncé le gouvernement.

Extrait de lemonde.fr du 29.04.19

 

Olivier Peyroux : « Les enfants roms ont droit aux mêmes standards de protection que les autres »
Le sociologue, spécialiste des migrations, note que depuis quelques années « les services de l’Etat s’impliquent davantage » dans le suivi et l’accompagnement des familles roms.

Le sociologue Olivier Peyroux est spécialiste des migrations issues de l’Europe de l’Est. Son association, Trajectoires, travaille avec la Mairie de Paris pour le suivi et l’accompagnement des familles à la rue.

Qui sont ces familles, d’où viennent-elles ?
La délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) évalue la présence en France des ressortissants d’Europe de l’Est installés dans des bidonvilles à environ 16 000 personnes, dont 50 % d’enfants. En Ile-de-France, ils seraient aux alentours de 7 000, un chiffre stable depuis 2005. Ni l’entrée dans l’Union européenne, en 2007, ni la fin des restrictions liées à l’emploi en 2014 n’ont provoqué d’afflux massif.

Selon les recensements des pouvoirs publics dans ces bidonvilles, plus de 85 % des habitants sont de nationalité roumaine, 8 % de nationalité bulgare, les autres proviennent des pays d’ex-Yougoslavie et d’Albanie.

En raison des difficultés d’accès au marché de l’emploi, ces populations ont développé des activités dites « grises », comme la récupération de métaux, les marchés, le bâtiment. Certains mendient pour se nourrir ou se loger. Ceux vivant dans les bidonvilles sont contraints par l’équivalent de marchands de sommeil de payer « un droit d’entrée » ou un « loyer », pour pouvoir s’installer avec leur famille.

Quel est leur projet ?
Contrairement aux a priori, il n’y a pas d’habitude de la vie en bidonville, de la mendicité, du vol ou la volonté de ne pas scolariser ses enfants. En France, la présence des bidonvilles et leur évacuation régulière ont des conséquences sociales catastrophiques. Un chiffre l’illustre particulièrement : un peu moins de 50 % des enfants en obligation scolaire (entre 6 et 16 ans) vont à l’école. Malgré ces conditions, ces personnes cherchent en majorité à s’installer en France. Elles restent en moyenne cinq ans dans les bidonvilles avant de réussir à trouver un travail et un logement.

Un peu moins de 50 % des enfants en obligation scolaire vont à l’école.

Si la migration pendulaire (sur un rythme saisonnier) existe, elle demeure minoritaire, pratiquée par des groupes familiaux provenant de quelques communes. Cette forme de migration a pour conséquence la déscolarisation des enfants et représente une maltraitance qui relève de la protection de l’enfance.

A Paris, ces familles viennent de trois communes en Roumanie : Călărași, au sud-est, Apata, près de Brasov au centre du pays, et de villages autour de Buzău, à l’est du pays. Elles visent des lieux touristiques où mendier avec leurs enfants. A partir de 2014, des Doms de Syrie ont eux aussi commencé à mendier avec des enfants. Certaines familles roumaines adoptent les mêmes codes vestimentaires pour espérer recevoir plus d’argent, ce qui brouille les perceptions entre ces deux populations.

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Extrait de lemonde.fr du 29.04.19

 

Déploiement des maraudes mixtes
Vendredi 29 mars avait lieu le déploiement des maraudes mixtes Etat-Département afin de venir en aide aux enfants et familles en situation de forte précarité, en présence de Julien Denormandie, ministre du Logement, Christelle Dubos, secrétaire d’État chargé de la lutte contre la Pauvreté et Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de la Protection de l’Enfance. 50 dispositifs de maraudes mixtes seront déployés dans 16 départements, à travers les conventions Etat-Département prévus dans la Stratégie de prévention et de lutte contre la Pauvreté.

Les maraudes mixtes ont pour objectif d’aller vers les familles à la rue et de prendre en charge l’ensemble des besoins des familles et des enfants vivant dans des situations indignes, que ce soit à la rue, en squat ou en bidonville, en apportant une solution pérenne en termes d’hébergement, d’accompagnement social, scolaire, sanitaire et de protection de l’enfance.

Ces maraudes mixtes font intervenir :
- les associations pour leur connaissance du terrain et leur lien avec les familles sur le terrain
- les services de l’Etat pour les compétences de logement et d’hébergement, de scolarisation et de veille sociale ;
- les services des Départements pour les compétences d’action sociale et de protection de l’enfance.

50 équipes de maraudes interdisciplinaires seront ainsi mises en place dans 16 départements et métropoles : Paris, Ille-et-Vilaine, Pyrénées Orientales, Haute-Garonne, Métropole de Lyon,Isère, Calvados, Val-de-Marne, Val-d’Oise, Hérault, Essonne, Nord, Gironde, Bouche du Rhône, Loire-Atlantique, Seine-Saint-Denis.

Pour ce plan, L’État investit 10 millions d’euros d’ici 2022.

« Les maraudes représentent un modèle exemplaire de solidarité à l’égard des plus démunis en réunissant professionnels et citoyens engagés. Nous les renforçons pour « aller vers » les plus fragiles et notamment les familles qui se trouvent dans la détresse. Ce sont 50 maraudes mixtes associant travailleurs sociaux et aide sociale à l’enfance que nous lançons en 2019. », Julien Denormandie, ministre du Logement

« Lutter contre la pauvreté, c’est combattre tous ses visages. En commençant par prendre en charge les familles et leurs enfants vivant dans nos rues. », Christelle Dubos, secrétaire d’Etat en charge de la pauvreté.

« Des enfants qui dorment à la rue, c’est un drame humain et social. Gare aux habitudes qui s’installent dans nos esprits. Luttons contre l’indifférence qui s’installe dans le regard des gens. », Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance.

Les maraudes mixtes sont déployées dans le cadre de la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté via les conventions signées entre l’Etat et les Conseils départementaux ou Métropoles. Ce dispositif s’inspire notamment des « maraudes familles » mises en place par la ville de Paris depuis 2015.

Extrait de solidarités-sante.gouv.fr du 01.04.19

 

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