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Présidentielle. Le chapitre "Education" du programme de Benoît Hamon (conférence de presse du 16 mars 2017)

17 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Benoît Hamon réussira-t-il à reconquérir le vote enseignant ? Crédité, selon le Cevipof, de 25% des intentions de vote chez les enseignants, il est actuellement dépassé par E Macron (29%). C’est dans ce contexte qu’il présente le 16 mars son programme électoral qui accorde une grande place à l’éducation. Dans la continuité du quinquennat Hollande, B Hamon veut revaloriser les enseignants, diminuer les effectifs élèves et créer un système d’aide pour les écoliers et collégiens. Loin de désinvestir, le candidat socialiste annonce 9 milliards d’investissements dans l’éducation sur le quinquennat.

Le bilan Hollande assumé
Benoit Hamon assume le bilan éducatif du quinquennat Hollande. C’est pour lui, le domaine où le quinquennat a le mieux réussi et où les engagements ont été généralement tenus. Il y voit une vraie politique éducative de gauche. C’est à dire, a ses yeux, une politique qui affirme les principes d’éducabilité de tous les élèves, le droit à la réussite pour tous, et l’excellence pour tous quelque soit son milieu social ou son implantation géographique.

Revalorisation
Les premières mesures du quinquennat Hamon devraient concerner les enseignants. B Hamon annonce le doublement de l’ISOE et de l’ISAE, soit environ 800 millions versés aux enseignants. B Hamon dénonce également "le climat malsain" entretenu autour du temps de travail des enseignants.

40 000 postes supplémentaires
Le recrutement des enseignants devrait continuer à hauteur de 40 000 postes sur le quinquennat.

20 000 postes seraient réservés pour renforcer le premier degré. B Hamon veut continuer la priorité au premier degré. Cela passe par une nette baisse des effectifs en cycle 2. Un seuil de 25 élèves maximum serait fixé nationalement. Actuellement une classe sur quatre dépasse ce seuil. Il serait abaissé à 20 élèves par classe en Rep, Rep+ et dans les communes rurales et d’outre mer. Le nombre d’élèves serait aussi réduit dans les classes scolarisant des enfants handicapés. Mais les seuils ne sont pas définis.

A noter aussi pour le primaire, l’abaissement de la scolarité obligatoire à 3 ans. Actuellement 5% des enfants de 3 ans ne sont pas scolarisés. 3 000 postes seraient créés pour la scolarisation avant 3 ans.

Retour de la formation continue
Autre point important du programme : la mise en place d’une vraie formation continue. Le candidat socialiste veut y consacrer 15 000 postes. Enfin 2 000 emplois supplémentaires seraient affectés aux remplacements.

Que faire des réformes Hollande ?
Restent les réformes héritées du quinquennat précédent. Un sujet que B Hamon connait bien : sa courte expérience de ministre de l’éducation nationale a été marquée par un décret apaisant la querelle des rythmes scolaires.

Au primaire, B Hamon entend poursuivre les rythmes scolaires. Il augmentera de 25% sur 5 ans la subvention de l’Etat versée aux communes. Pour la réforme du collège, le candidat est convaincu que si on veut que la réforme s’applique l’adhésion des enseignants est nécessaire. Il envisage donc de "prendre le temps d’écouter les enseignants". Même démarche au lycée : prendre le temps du diagnostic et du dialogue avant une éventuelle réforme. Dans l’enseignement professionnel la perspective de donner à certains la possibilité du bac pro en 4 ans n’est plus un tabou.

Création d’un service d’aide aux devoirs
Troisième grand axe du projet Hamon : le développement d’un service d’aide aux devoirs. Un élève sur 5 en 3ème fait appel à des petits cours et les aides représentent un marché officiel de 2 milliards. C’est une source d’inégalités importante entre les familles.

B Hamon veut mettre en place un système d’aide en cycle 3. L’aide serait faite par les professeurs en heures supplémentaires ou par des mouvements d’éducation populaire. Le cout de cette mesure est estimé à 400 millions. Le service d’aide serait étendu ensuite à tout le collège en l’incluant dans l’horaire actuel de la 5ème à la 3ème. Mais là, la réflexion n’est pas aboutie sur le comment faire.

Mixité sociale
Quatrième axe : la mixité sociale à l’école. Le candidat veut généraliser les expérimentations actuelles de secteurs multi collèges et y associer le privé par contrat. Il envisage aussi une réforme des dotations des établissements en introduisant un indice social transparent pour le financement de chaque établissement.
Dans les derniers points du programme, notons la création d’une médecine de prévention dans chaque académie ou encore le pré recrutement des futurs enseignants en L3 suivi de deux années de formation payées. Le concours aurait lieu en fin de L3. L’objectif est d’ouvrir socialement le recrutement des enseignants.
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 16.03.17 : Revalorisation et baisse des effectifs dans les classes : Les propositions de Benoît Hamon

Le site de Benoît Hamon

 

Le candidat du PS détaille dix engagements pour l’école ce jeudi. La plupart dans la continuité de l’action menée au cours des cinq dernières années. Sauf peut-être son ambition de créer un « service public de soutien scolaire ».

[...] Scolarisation obligatoire dès 3 ans

Aujourd’hui, en France, l’instruction est obligatoire à partir de 6 ans. Le PS propose de l’avancer à 3 ans. Cette mesure semble surtout symbolique : seuls 5% des enfants entre 3 et 6 ans ne sont pas scolarisés aujourd’hui. Autre objectif, que se fixe Hamon, plus ardu : faire progresser le taux de scolarisation des enfants de 2 ans dans les écoles d’éducation prioritaire. C’était déjà une promesse de campagne en 2012. Hollande s’était engagé à l’époque à tripler le nombre de tout-petits dans les maternelles des zones défavorisées pour atteindre un taux de scolarisation de 30%. A la dernière rentrée, le dispositif patinait autour de 20,6%… Hamon propose de persévérer.

[...] Des effectifs (un peu) réduits dans les classes en primaire

Le candidat du PS propose de fixer à 25 maximum le nombre d’élèves par classe, en CP, CE1, CE2. Et à 20 dans les écoles d’éducation prioritaire, d’outre-mer et des territoires ruraux. Il entend aussi, même si les choses restent à préciser, baisser le nombre d’élèves dans les classes où l’un des enfants serait porteur de handicap.

Cet engagement appelle à plusieurs commentaires. Selon les données publiées chaque année par le ministère de l’Education, on compte aujourd’hui en moyenne 25,5 élèves par classe en primaire. L’engagement de Benoît Hamon ne semble donc pas très ambitieux, même si cette moyenne nationale masque des variations d’une école à l’autre. Autre interrogation : l’état de la recherche scientifique. Aujourd’hui, le lien entre taille de classe et performance des élèves n’est pas clairement établi par la recherche, sauf à diminuer le nombre d’élèves de manière conséquente, comme le rappelait dans Libé Georges Felouzis, professeur de sociologie de l’éducation à l’université de Genève.

Extrait de liberation.fr du 17.03.17 : Hamon et l’éducation : dans la continuité du quinquennat Hollande

 

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