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Education artistique et culturelle : à partir des cas de Pantin, Strasbourg, Perpignan, le rapport de la députée Sandrine Doucet prône une action privilégiée dans les quartiers et établissements prioritaires

30 janvier 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Rapport de mission sur "Les territoires de l’éducation artistique et culturelle"
Mme Sandrine Doucet, députée de la Gironde, a remis, mercredi 25 janvier 2017, son rapport de mission sur "Les territoires de l’éducation artistique et culturelle" à M. Bernard Cazeneuve, Premier ministre, à Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à Mme Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication et à M. Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

Le rapport "Les territoires de l’action artistique et culturelle"

EXTRAITS (p.32)
Des quartiers prioritaires de la politique de la Ville

La lettre de mission ciblait tout d’abord les quartiers prioritaires, souvent situés en
zones urbaines densément peuplées. C’est ainsi que la mission s’est déplacée en
Seine-Saint-Denis, à Pantin, accueillie dans une école membre d’un réseau
d’éducation prioritaire (REP), puis à l’Hôtel de ville. De nombreux témoignages
confirmaient la riche histoire de l’EAC dans cette commune, et le poids
démographique de l’Ile-de-France rendait indispensable un déplacement dans cette région. L’école visitée (Jean Jaurès) se situe dans le quartier des Courtillières Pont-de-Pierre, au carrefour de 3 villes : Pantin, Bobigny et Aubervilliers. Il regroupe 8450 habitants, dont 4800 sur la commune de Pantin. 94% des habitants sont locataires et 37,8% sont sous le seuil de pauvreté.

La mission a également choisi Strasbourg et un collège REP du quartier de la Meinau pour une table-ronde se déroulant au sein du « lieu d’art et de culture
 », point central de l’EAC dans l’établissement et dans le quartier. La convention de quartier prioritaire indique que « le quartier prioritaire de la politique de la Ville (QPV) Neuhof-Meinau regroupe près de 16 000 habitants [...]. Ces quartiers présentent une sociologie contrastée avec la présence de secteurs habités par des ménages à moyens et hauts revenus et des secteurs d’habitat social du QPV accueillant une population présentant des revenus moyens mais aussi, pour une part importante, des ménages connaissant une grande précarité. Le premier programme de rénovation urbaine a transformé l’image des quartiers en contribuant à attirer de nombreux investissements privés (logements, activités), signe d’un regain d’attractivité du territoire. [...] Toutefois, ces changements n’ont eu à ce jour qu’un impact limité sur la précarité des ménages les plus en difficulté, plus particulièrement sur le chômage des jeunes, et sur l’image encore négative dont pâtit encore une partie du territoire ».
En 2012 ce sont 46,5% des habitants du quartier qui se trouvaient sous le seuil de pauvreté.
L’Alsace était également toute indiquée pour un déplacement car elle dispose en effet d’un organisme spécifique pour la gestion de l’EAC sous la forme d’un groupement d’intérêt public dénommé « Action culturelle en milieu scolaire d’Alsace » (GIP –ACMISA).

Enfin, à Perpignan, la présence du quartier gitan au cœur de la ville a permis un éclairage singulier sur l’intérêt de l’EAC dans l’objectif d’un accès de tous à la culture. La mission a été reçue à la Casa Musicale puis a visité le festival Visa pour
l’Image avant une table-ronde au centre international du photojournalisme.
L’opportunité de découvrir notamment les quartiers Saint-Jacques et Saint-Mathieu,
marqués par un fort taux de chômage (85% à Saint-Jacques) et classés quartiers prioritaires de la politique de la ville. Le contrat de ville de la commune indique que 25% de la population de Perpignan réside dans un QPV et informe que « la forte représentation de la population gitane, au sein de la ville pose des problématiques éducatives singulières. Les enfants de cette communauté connaissent un taux d’absentéisme très important dès l’école maternelle, lequel se poursuit tout au long de la scolarité : on enregistre de 30 à 55 % d’absentéisme en primaire dans les écoles des quartiers où la population gitane est fortement représentée. En CM2, 65 % des élèves ne maîtrisent pas les savoirs de base. Cette situation aboutit, au niveau des collèges, par le décrochage scolaire de très nombreux élèves. Par ailleurs, les quartiers perpignanais de la géographie prioritaire sont confrontés à des difficultés liées au repli identitaire. Le renforcement des fonctionnements communautaires vient fragiliser le vivre-ensemble et renforce la ségrégation socio-urbaine. Ces difficultés se manifestent, à des degrés divers, dans l’ensemble des quartiers. Le centre-ville est soumis à un processus de dévitalisation urbaine,
sociale, économique ; son image et ses fonctions sont en crise. C’est un territoire de
grande vulnérabilité qui subit la persistance des difficultés, la dureté des situations, le
renouvellement des flux de pauvreté et de précarité ».
Voir le détail des visites jusqu’à la page 38

[...] (page 65)
3.Prendre appui sur les réseaux d’établissements : écoles, collèges,
lycées.
Les observations conduites au sein de réseaux d’éducation prioritaire (REP) ont permis de mesurer l’impact d’une approche concertée de l’éducation artistique et
culturelle, orientée vers des objectifs communs, adaptée au public des établissements concernés, et, pour ce qui est des REP, soutenue
par un coordonnateur de réseau.
La mise en réseau soutenue par un coordonnateur de réseau offre de nombreux et
importants avantages pour le PEAC : mutualisation des ressources, des moyens, des projets ; concertation, capacité à anticiper des modalités d’organisation communes, inter-cycles, inter-établissements ; meilleure communication avec les partenaires.
Le cycle 3, par sa géographie hybride, et grâce au conseil école-collège, permet de
préfigurer de tels réseaux formels ou informels. Ils associeront plus systématiquement, notamment autour de la conception et de la conduite de projets d’EAC, les écoles et le collège du bassin de population. Par extension, la définition des objectifs et des actions du contrat d’objectifs d’un EPLE pourrait s’opérer en liaison également avec les établissements d’origine et de destination de ses élèves, lorsque le nombre d’établissements concernés le permet.
La mission souligne l’intérêt des mises en réseaux d’établissements
particulièrement adaptées à la logique du PEAC. Nous préconisons
d’encourager fortement tous les partenaires du PEAC à s’appuyer dès la
conception du parcours sur un réseau d’établissements bien identifié et
impliqué.

[...] (pages 83-84)
Nous préconisons le lancement par l’Etat d’un Contrat pluriannuel de territoire de trois ans pour le déploiement des PEAC dans les territoires défavorisés dépourvus de politique structurée en faveur de l’EAC. Il serait doté d’un fonds spécifique.
Il se limiterait à un nombre restreint de territoires ciblés parmi les quartiers
prioritaires urbains
, milieux ruraux et zones péri-urbaines fragiles.

Extrait de gouvernement.fr du 25.01.17 : Rapport de mission

 

Education artistique et culturelle : Le rapport Doucet veut renforcer la dynamique des projets

Remis au gouvernement le 25 janvier, le rapport de la députée Sandrine Doucet sur "les territoires de l’éducation artistique et culturelle" resserre tous les boulons. La députée veut à la fois relancer les initiatives d’établissement et le pilotage régional et national. Le rapport Doucet vise à impulser une véritable dynamique en faveur de l’éducation artistique et culturelle. Cela passe par les différents niveaux d’action.

Dans les établissements
La députée demande d’abord un engagement des établissements. " Chaque projet d’établissement doit impérativement comporter un volet culturel qui engage solidairement l’ensemble de la communauté éducative. Les membres du conseil d’école, pour le premier degré, ou du conseil pédagogique, pour les collèges, et lycées établissent un « état des lieux culturel » de l’établissement destiné à alimenter la rédaction du volet culturel du projet d’établissement qui doit être structuré autour du PEAC", recommande t-elle. De même " les contrats d’objectifs entre l’établissement et l’autorité hiérarchique devraient intégrer, à partir des éléments pertinents du volet culturel du projet d’établissement, l’objectif de développement d’une politique d’EAC".

Le rapport veut s’appuyer sur les enseignements artistiques, dont l’importance est soulignée.Mais il vise aussi le développement d’espaces d’accès à l’art et la culture dans les établissements. " Il convient de développer, notamment dans les collèges, des espaces de rencontre avec les oeuvres et les artistes afin de compléter le maillage territorial existant. Ces installations devraient être prioritairement établies dans les établissements scolaires des territoires éloignés de l’offre culturelle. Dans ces secteurs cibles, toute construction ou rénovation d’un établissement scolaire devrait intégrer un espace d’art et de culture." [...]

Extrait de cafepedagogique.net du 26.01.17 : Education artistique et culturelle :

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