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Plus de maîtres que de classes (PDM) : Le nouveau rapport du comité de suivi (29 septembre 2015) présenté par la Lettre de la politique de la Ville

30 octobre 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 24.10.15
1 646 enseignants supplémentaires en Rep et Rep+

Le comité national de suivi du dispositif « Plus de maîtres que de classes » a remis son rapport à la ministre de l’Éducation nationale. Un constat : l’éducation prioritaire y tient une place privilégiée, mais sans exclusive.

Depuis deux ans, conformément aux instructions ministérielles, le dispositif « Plus de maîtres que de classes » se déploie en privilégiant l’éducation prioritaire.
Le rapport constate une montée en charge progressive de 2013 à 2015, avant un déploiement plus soutenu :

• en 2013, 1 310 postes étaient déployés ;
• en 2014, on recense 582 enseignants supplémentaires, dont 482 en métropole et 100 dans les cinq départements d’Outre-Mer ;
• en 2015, les services déconcentrés prévoient de déployer 512 postes supplémentaires (397 créations et 115 redéploiements).

Au total, 2 361 emplois seraient consacrés à ces dispositifs, dont 1 646 en éducation prioritaire : 913 en Rep+ et 733 en Rep.

Repères
La politique d’éducation prioritaire vise à corriger l’impact des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire, en renforçant l’action pédagogique et éducative dans les écoles et établissements des territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales.
Elle concerne 1 089 établissements scolaires en Réseau d’éducation prioritaire (Rep) et 350 en Réseau d’éducation prioritaire renforcée (Rep+).
Les quartiers de la politique de la ville (QPV) sont concernés au premier chef : 80 % des Rep et 99 % des Rep+ sont situés en QPV

Remis le 29 septembre dernier, le rapport – qui relève des évolutions des pratiques pédagogiques, des concepts innovants et des besoins d’accompagnement –, recommande, entre autres :

• que l’utilisation des postes de maîtres supplémentaires en service partagé entre plusieurs écoles n’aille pas au-delà de deux écoles, pour ne pas nuire au travail d’équipe ;
• de privilégier l’attribution de ce moyen supplémentaire dans les écoles de l’éducation prioritaire, mais aussi dans des écoles aux besoins similaires situées sur des territoires fragilisés ;
• de mettre l’accent sur les classes de CP et CE1 pour l’attribution de ces moyens.

Rapport

Extrait de la Lettre de la Politique de la Ville et des Territoires du 22 octobre 2015 : Education prioritaire

 

Elément principal de la "priorité donnée au primaire" par le ministère, le dispositif plus de maîtres que de classes (PDM) doit permettre d’améliorer nettement le niveau des élèves de l’éducation prioritaire. Le Comité de suivi du dispositif a préparé un nouveau rapport que le Café pédagogique s’est procuré... Découvrez ses recommandations.

Pilier d’une refondation qui pointe l’urgence d’un effort pédagogique dans l’enseignement primaire, le dispositif Plus de maîtres que de classes (PDM) veut, selon la circulaire de 2012 qui l’a créé, « mieux répondre aux difficultés rencontrées par les élèves et de les aider à effectuer leurs apprentissages fondamentaux, indispensables à une scolarité réussie… Il s’agit de prévenir la difficulté scolaire, tout au long de la scolarité primaire, et d’y remédier si elle n’a pu être évitée. L’action sera prioritairement centrée sur l’acquisition des instruments fondamentaux de la connaissance (expression orale et écrite, mathématiques) et de la méthodologie du travail scolaire ». La circulaire cadrait d’ailleurs le déploiement des 7000 postes prévus par la loi d’orientation en évoquant un « projet rédigé par l’équipe pédagogique sous l’autorité du directeur d’école est validé par l’inspecteur de l’éducation nationale (IEN) chargé de la circonscription ». Pour le ministère, le dispositif « doit permettre la mise en place de nouvelles organisations pédagogiques, en priorité au sein même de la classe ».

En juillet 2014, l’Inspection générale publiait un rapport assez sévère sur le PDM. Les inspecteurs notaient que " la co-intervention ne va pas de soi et, quand elle est efficace, elle est le produit d’une réflexion partagée en amont (vision claire des objectifs à atteindre, connaissance des besoins des élèves), d’un ajustement réciproque des conduites au cours de la séance, de la recherche d’une optimisation du temps d’enseignement pour chacun des élèves". Et ils préconisaient un encadrement beaucoup plus strict du dispositif.

C’est que les attentes sont très fortes pour ce dispositif. En juin 2015, Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires, parlait de "la réforme cachée de l’éducation nationale". Subrepticement, presque en douce, le dispositif "fait bouger les lignes sans provoquer de raidissement". D’où le grand intéret porté par les syndicats et les acteurs de l’Ecole pour un dispositif qui, pour une fois, fait l’unanimité. Le comité de suivi peut ainsi regrouper les principaux syndicats du primaire avec la Dgesco, l’Inspection et la Depp.

A la rentrée 2015, 2360 emplois sont réservés aux PDM soit 397 de plus qu’en 2014. On est encore très loin des 7000 promis pour 2017, un nombre qui risque fort de ne jamais être atteint.

Que sait-on de l’efficacité ? Pas grand chose. Une enquête menée auprès des enseignants des PDM marque surtout la satisfaction des enseignants pour l’aide apportée à gérer les groupes d’élèves et particulièrement les inattentifs et les perturbateurs. "Tous soulignent l’amélioration du climat de classe", souligne le rapport, ce qui est effectivement un résultat nécessaire pour améliorer les résultats des élèves. En conséquence, l’attention et l’engagement des élèves augmentent. Le travail collectif des enseignants est lui aussi crédité positivement. Le rapport estime que l’affectation d’un PDM favorise le travail collectif.

Par contre le comité juge négativement les services partagés. Il recommande de ne pas aller au delà de deux écoles pour un PDM. Il recommande aussi d’affecter les PDM en éducation prioritaire et dans "des écoles repérées comme ayant des besoins similaires", c’est-à-dire des écoles qui devraient être en REP. Il réaffirme que la priorité doit être donnée au cycle 2.

Sans intervenir dans les différents dispositifs en classe, le comité juge "essentiel qu’aucun élève ne soit privé de la continuité des apprentissages en class" : autrement dit le PDM ne doit pas sortir de la classe un groupe d’élèves. Actuellement un quart des PDM sont en co-enseignement et 64% en co-intervention, dont presque la moitié dans un local séparé).

" Le comité recommande aux équipes d’école accompagnées par les équipes de circonscription, de veiller attentivement à l’adéquation de la mise en œuvre du dispositif aux objectifs pédagogiques et didactiques définis dans le cadre du travail collectif. Il réaffirme la nécessité d’accompagner les équipes dans la définition des objectifs pédagogiques et des modalités d’enseignement à privilégier pour que les élèves tirent le meilleur parti de la présence d’un maître supplémentaire", ce qui donne à penser que bien des problèmes persistent sur le terrain.
François Jarraud

Découvrez le rapport

Extrait de cafepedagogique.net du 29.09.2015 : Plus de maîtres que de classes : Le nouveau rapport du comité de suivi

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