> INEGALITES SCOLAIRES (et Lutte contre les) > Ouverture sociale > Grandes écoles, universités, entreprises, fonction publ. > Ouverture sociale (Positions de chercheurs) > François Dubet fait un bilan mitigé des 15 ans d’ouverture sociale des Grandes (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

François Dubet fait un bilan mitigé des 15 ans d’ouverture sociale des Grandes écoles pour les lycéens de ZEP (1er article d’une série de "L’Etudiant" sur l’égalité des chances)

5 mai 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Quel bilan pour les dispositifs "égalité des chances" des grandes écoles, après une quinzaine d’années d’existence ? Pour le sociologue François Dubet, outre qu’elles ont un résultat limité en termes de démocratisation, ces initiatives participent à une vision élitiste et permettent d’éviter de poser la question de fond : que fait-on pour aider les lycéens non "méritants" ? Premier volet d’une série d’articles sur l’égalité des chances. [...]

Que pensez-vous des dispositifs "égalité des chances" portés par les grandes écoles ?

J’ai un jugement plutôt ambivalent. D’un côté, il n’y a aucune raison de s’y opposer bien sûr, car on sait que le recrutement des grandes écoles reste extrêmement fermé socialement. Si on ne fait rien, cela ne risque pas de s’arranger.

Mais, en même temps, j’ai une certaine résistance vis-à-vis de ce système. Car, d’une certaine façon, on choisit de tendre la main à quelques lycéens méritants, en laissant les autres dans une situation impossible. Quid des bacheliers "normaux", bons, moyens ou faibles ? C’est une vision parfaitement élitiste : on sauve ceux qui le méritent, les autres, non. D’autant que par essence ce sont des dispositifs limités, puisque le nombre de lycéens qui peuvent en bénéficier est faible. Et très peu intègrent ensuite une grande école. Ils permettent donc la démocratisation… d’une tête d’épingle.

Il faut toutefois noter l’effet d’entraînement de ces initiatives sur les lycées concernés. Cela montre aux élèves qu’ils ne sont pas condamnés à des parcours "médiocres", s’ils font des efforts. Cela crée un dynamisme pour lutter contre la fatalité et remobilise les profs.

Au final, si je suis favorable à ces dispositifs, ils ne peuvent être l’alpha et l’oméga de la politique en matière de justice sociale [...]

Extrait de letudiant.fr du 04.05.15 : François Dubet : "On choisit de tendre la main à quelques lycéens méritants, mais que fait-on des autres ?"

 

Voir la grande rubrique Ouverture sociale

Voir dans la colonne de gauche les mots-clés liés à cet article

Répondre à cet article