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Conférence de consensus sur le redoublement. Le CNESCO préconise une réduction de la taille des classes en primaire ou en maternelle en éducation prioritaire. Positions syndicales

28 janvier 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) ouvre le 27 janvier, avec l’IFé, une conférence de consensus sur le redoublement. Durant deux jours, spécialistes et praticiens témoignent du redoublement, de ses effets et des remèdes qu’on peut lui apporter devant un jury tiré au sort présidé par André Tricot. Alors que le ministère vient de publier un décret qui supprime quasiment le redoublement, le Cnesco cherche une réelle évolution des pratiques capable de répondre à une question "oubliée" rue de Grenelle : Une fois le redoublement supprimé que fait-on des élèves qui auraient redoublé ?

[...] Des classes moins chargées...
Dans les bonnes pratiques qui permettent d’éviter l’échec et le redoublement , le Cnesco n’hésite pas à citer les classes à effectifs réduits. "Les classes à effectifs réduits peuvent permettre aux enseignants de modifier leur pédagogie en consacrant davantage de temps, d’attention à chaque élève", écrit le Cnesco.
"La probabilité d’avoir des élèves perturbateurs dans une classe est également plus faible lorsque le nombre d’élèves est réduit. Jusqu’aux années 2000, la littérature était peu concluante sur l’effet de la taille des classes. Mais de nouvelles méthodes statistiques plus robustes aboutissent aujourd’hui à des résultats unanimes.

La diminution de la taille des classes améliore, au moins à court terme, les performances des élèves en moyenne ; les effets sont beaucoup plus forts chez les élèves présentant des difficultés scolaires, chez les élèves issus de minorités ethniques ou de milieux sociaux défavorisés ; les bénéfices de classes à effectif réduit sont particulièrement élevés en primaire, voire en maternelle, et beaucoup plus modeste plus tard dans la scolarité". Cet effort pourrait être déterminant pour les établissements prioritaires.

[...] Et en France ?

Peu d’établissements français ont vraiment développer des politiques de lutte contre le redoublement. Fin août 2014 nous avions rencontré Mme Mengin, principale du collège [RRS] Louise Michel à Paris. Selon elle, le taux de redoublement du collège est passé de 7 à 1% en fin de 3ème en travaillant sur les difficultés des élèves. Une aide individualisée financée sur fonds européen (FSE) permet un suivi efficace et individuel des élèves en difficulté sur la base d’un diagnostic posé par les enseignants. Ces élèves sont aussi suivis par des dispositifs locaux en dehors du collège. Mais pour faire reculer le redoublement "on communique énormément avec les parents", confie Marie-Christine Mengin.
[...]

Extrait de cafepedagogique.net du 27.01.15 : Le Cnesco interroge le consensus sur le redoublement

 

Voir aussi touteduc.fr du 27.01.2015 : Redoublement : penser les alternatives indépendamment du décret qui le rend "exceptionnel" (conférence de consensus)

 

Redoublement : Le SNPI craint les injonctions paradoxales, le SNALC dépose un recours devant le Conseil d’Etat

Le SNPI s’inquiète de voir les enseignants confrontés "à une injonction paradoxale" après la publication du décret et l’ouverture de la conférence de consensus sur le redoublement. Le syndicat FSU des inspecteurs ne conteste pas la nécessité de "lutter contre l’ensemble des préjugés dont témoignent les débats sur la question, qu’ils soient formulés par les défenseurs du redoublement ou par ses détracteurs". Il rappelle que la recherche appelle à distinguer, en termes d’efficacité, "les effets pédagogiques immédiats" et "les effets à long terme". Encore faut-il développer "la capacité des équipes enseignantes à analyser les situations et à identifier celles qui, pour des raisons exceptionnelles, continuent à devoir motiver un redoublement", alors que "la formation initiale peine à se réinstaller et (que) la formation continue n’existe pratiquement plus." Encore faut-il aussi "construire l’accompagnement pédagogique nécessaire aux élèves" qui ne redoubleront pas, avec les RASED, le "plus de maitres que de classes", la scolarisation dès deux ans, sans oublier la réduction des effectifs...

Mais Paul Devin, son secrétaire général analyse les incohérences du système : un collège ou un lycée "qui fait baisser de manière notable son taux de redoublement prend le risque de perdre des moyens" ; un enseignant qui renonce au redoublement devra peut-être "accueillir davantage d’élèves dans une classe devenue plus hétérogène" ; ailleurs, "le premier effet de la baisse du redoublement sera la réduction des moyens nécessaires à la construction des aides pédagogiques".

Le SNE et le SNALC, les syndicats FGAF des premier et second degrés, dénoncent la publication du décret qui prévoit "la quasi suppression des redoublements", une mesure qui "sape la crédibilité" des enseignants dont "le président de la République réaffirme l’importance de l’autorité". Le SNALC a déposé un recours devant le Conseil d’État. Il y voit "une marque évidente de mépris à l’égard du corps enseignant".

Extrait de touteduc.fr du 30.01.2015 : Redoublement : Le SNPI craint les injonctions paradoxales, le SNALC dépose un recours devant le Conseil d’Etat

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