> INEGALITES SCOLAIRES (et Lutte contre les) > Ouverture sociale > Grandes écoles, universités, entreprises, fonction publ. > Ouverture sociale (Rapports officiels) > La mixité sociale dans l’enseignement supérieur a-t-elle vraiment progressé (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

La mixité sociale dans l’enseignement supérieur a-t-elle vraiment progressé depuis 10 ans ?

2 mars 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

Malgré l’objectif de 30% de boursiers, la proportion d’élèves de milieux modestes stagne à 12% depuis dix ans.

Au début, on n’y croit pas, on pense avoir mal lu. Mais, au détour de la note 12.02 des services statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur, le verdict tombe. En une décennie, l’origine sociale des élèves de classes préparatoires n’a pas bougé d’une virgule. Ouverture aux bacheliers de milieux défavorisés : néant. "En 2001, 51% d’élèves en CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles) étaient issus d’un milieu favorisé et 12% étaient enfants d’ouvriers, d’inactifs ou de retraités. Dix ans plus tard, la proportion reste inchangée."

[...] depuis 2001, la proportion de boursiers s’est accrue en prépas, mais moins qu’ailleurs, révèle encore la note 12.02 du ministère : +6% contre +8% en moyenne. Encore s’agit-il d’un pur tour de passe-passe comptable sans effet sur l’ouverture sociale. En 2008, Valérie Pécresse, alors ministre de l’Enseignement supérieur, a modifié le barème d’attribution des bourses en créant l’"échelon zéro" :

Extrait de nouvelobs.com du 28.02.13 : Classes prépas ; zéro pointé en ouverture sociale

 

Les effectifs d’étudiants dans le supérieur en 2011
Note d’information Enseignement sup Recherche

[...] Un tiers des étudiants ont des parents cadres

L’origine sociale des étudiants français évolue très peu d’une année sur l’autre. Les étudiants des catégories sociales les plus favorisées continuent à être fortement surreprésentés par rapport aux jeunes de catégories sociales plus modestes : toutes formations confondues, 30,3 % des étudiants ont des parents cadres supérieurs ou exerçant une profession libérale, tandis que 11,2 % sont enfants d’ouvriers et 12,3 % enfants d’employés (graphique 4). À titre de comparaison, dans l’ensemble de la population, 41,6 % des jeunes entre 20 et 25 ans sont enfants d’ouvriers ou d’employés et 15,4 % enfants de cadres (source : Enquête Emploi 2010).

Ce constat global est très contrasté selon le type de formation. Les enfants de cadres représentent une part très forte des étudiants en classes préparatoires et dans les écoles normales supérieures (ENS) où ils dépassent 50 % des effectifs. Ils sont en revanche peu nombreux en formations comptables et en STS (moins de 17 %). Les enfants d’ouvriers sont surreprésentés en STS (21,3 %), en IUT (14,5 %) et dans les formations comptables (14,7 %). Ils sont proportionnellement moins nombreux dans la plupart des autres filières de l’enseignement supérieur, particulièrement dans les ENS et les écoles de commerce, gestion, vente et comptabilité. La part des enfants de professions intermédiaires et d’employés est relativement plus homogène d’une filière à l’autre, malgré une légère surreprésentation en IUT et en STS, et dans le cas des enfants d’employés une surreprésentation dans les écoles paramédicales et sociales.

L’université est le reflet de la composition de la population étudiante française. Les enfants de cadres représentent plus de 30 % des effectifs alors que les catégories défavorisées y sont bien moins présentes. Cependant, les répartitions ne sont pas homogènes dans toutes les filières. Les enfants de cadres sont surreprésentés en santé et en droit. En effet, ils représentent 41,3 % des effectifs étudiants en santé et 35,5 % en droit contre respectivement 5,7 % et 8,9 % pour les enfants d’ouvriers. Les enfants de cadres sont en revanche moins représentés en économie ou en lettres (autour de 25 %).
La poursuite d’études longues à l’université est plus le fait de jeunes dont les parents
sont cadres supérieurs ou exerçant une profession libérale : leur part passe de 28,5 % en cursus licence à 35,9 % en cursus doctorat. Inversement, alors que les enfants d’ouvriers représentent 12,2 % des étudiants inscrits à l’université en cursus licence, leur part est de 4,6 % en cursus doctorat.

Note d’information n°12-14 décembre

Note d’information n°12-14 décembre - Tableaux et graphiques

 

Voir la grande rubrique sur le site de l’OZP Ouverture sociale

Répondre à cet article