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B* De la compensation à l’accessibilité, un exemple en géométrie : texte et enregistrement de l’intervention au stage IFE du 9 janvier 2013

16 février 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

De la compensation à l’accessibilité, un exemple en géométrie : enjeux pour les élèves, le métier d’enseignant et le rôle de la formation

texte de l’intervention au stage "Réussir en Education Prioritaire, de quoi parle-t-on ?" de Sylvie Martin-Dametto et Stéphane Kus, chargé-e-s d’étude au Centre Alain-Savary, le 09/01/2013

Ecouter l’enregistrement de l’intervention

La question du décrochage scolaire précoce demande quelques précisions. On a coutume d’entendre parler du décrochage comme du processus qui prend corps au collège ou au lycée par lequel certains élèves sont de plus en plus absents, rejettent les apprentissages. Ce processus aboutit, pour un certain nombre d’entre eux, à une déscolarisation sans qualification à 16 ans. Cependant, il nous semble que certains élèves s’engagent dans la voie du décrochage scolaire plus tôt, dès l’école primaire. Les manifestations de ce processus précoce de décrochage sont davantage le retrait, voire le rejet des apprentissages en classe que l’absentéisme. Cela se manifeste soit par la désimplication soit par des comportements qui peuvent perturber l’ensemble des élèves d’une classe ainsi que l’enseignant.

Conclusion
[...] Ainsi, même si les élèves (de cette classe) qu’on pourrait qualifier de “décrocheurs précoces” ont une fragilité psychologique liée notamment à des problématiques familiales, il nous semble que ce qui les amène à décrocher à l’école est lié à des problèmes de l’école ! Outre les dysfonctionnements institutionnels évoqués, qu’il appartient à l’administration scolaire de résoudre, si l’école doit “faire Ecole” pour tous, il faut se poser la question de ce qui mérite de “faire Ecole” : les savoirs ou le formalisme, les notions géométriques ou les habiletés motricielles liées à l’utilisation des outils ? Si ce sont les savoirs, alors c’est bien sur eux que doit porter la réflexion pédagogique et didactique pour qu’ils soient accessibles. Cette réflexion sur l’accessibilité des savoirs, qui passe par la levée de malentendus - à l’école on ne fait pas pour faire, on fait pour construire des savoirs - est la condition d’une ambition pour tous, d’une école démocratique. C’est dans ce sens que nous avons essayé de concevoir l’accompagnement formatif avec Caroline dans sa classe.

Pour autant il ne faudrait pas oublier que si nous avons pu faire équipe autour de ce problème, quel que soient nos métiers ou nos fonctions, c’est grâce au fonctionnement d’une circonscription du premier degré et d’un RRS, qui vont souvent à contre-courant de beaucoup d’autres. Nous sommes persuadés que le “management” autoritaire et prescriptif qui s’est accru ces dernières années dans l’Education Nationale fait obstacle à la réflexion sur la professionnalité dans l’école et entraine le repli sur soi de nombres d’enseignants. Or, les enseignants sont les acteurs privilégiés du changement et de la transformation de l’Ecole. Lutter contre le décrochage des élèves, c’est aussi lutter contre le décrochage des enseignants en construisant un climat de confiance propice à la réflexion collective et en offrant les conditions de formation nécessaires pour alimenter cette réflexion.

Extrait du site centre-alain-savay.ens.fr

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