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B* Des parents illettrés, analphabètes ou relevant du FLE à l’école, "Formation de base à visée parentale" (FBVP) en école et collège à Marseille

30 mai 2011 Version imprimable de cet article Version imprimable

- Ecole des Bergers, 6e arrondissement de Marseille, 3e étage, 14 h.
Onze mamans entourent leur formatrice, Violaine Brutsaert, salariée de l’association et organisme de formation spécialisé depuis 1994sur les publics en difficulté EPFF (Espace Pédagogie Formation France).

Aujourd’hui, elles étudient l’emploi du temps d’un élève de 6e. Comment le lire ? Combien d’heures ? Que sont les SVT, le carnet de correspondance ? Etc. La parole circule, les mots difficiles sont répétés et écrits dans le grand cahier que ces femmes apportent ici quatre fois par semaine, sauf pendant les vacances scolaires. Un dispositif plutôt pratique puisque, aussitôt leurs enfants déposés à l’école, elles rejoignent la salle de classe où elles étudieront jusqu’à 16 h 20. Assidues, elles s’engagent à suivre cette formation toute l’année, sans contrepartie financière. A la fin, certaines passeront le DILFlf (Diplôme Initial de Langue Française) ou le CFG (Certificat de Formation Générale).

Leurs motivations ? « Pouvoir aider mon gosse à l’école c, « obtenir un travail plus tard ), « reprendre une formation professionnelle, quand mes enfants auront grandi ou encore, comme l’explique Zineb, « parce que lire, c’est voir, c’est ne plus être aveugle ». Une formation en prise avec la vie scolaire.

Cette « formation de base à visée parentale » (FBVP) a été conçue par l’EPFF. Repérée par l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme (ANLCI) comme pratique exemplaire pour prévenir l’illettrisme des enfants dans le cadre de ses « actions éducatives familiales , elle est déjà déclinée dans plusieurs établissements à Marseille et devrait essaimer ailleurs dans l’hexagone. [...]

Extrait du site de PRISME le 27.05.2011 : A l’école... pour que leurs enfants y réussissent

 

- « Formation de base à visée parentale » (FBVP)

[...] Nous avons à cet effet réussi à construire un véritable partenariat avec l’inspecteur de l’IEN 14 et du réseau ZEP (convention de partenariat) qui nous ont proposé une salle pour les parents dans l’école de la Corderie où se trouvent leurs locaux. Grâce à cette avancée, cette action se déroule à présent dans 7 établissements scolaires et un Centre Social.

Notre projet pour cette action est de promouvoir :
• La capacité des parents à soutenir, par des attitudes et comportements d’encouragement, la scolarité de leurs enfants ;
• L’estime de soi par une meilleure capacité à communiquer, en général, et avec les acteurs de la vie scolaire en particulier ;
• La construction de compétences didactiques simples pour aider les enfants dans les savoirs de base (family learning) ;
• L’autonomie de mouvement, de déplacements et la fréquentation de lieux jusque là peu investis par ce public : les lieux publics, les expositions, les musées, la bibliothèque …
• La prévention de l’échec scolaire des enfants par l’implication des parents dans l’activité de soutien scolaire.

Le public
Le public a dans un premier temps été restreint aux parents des écoles maternelles et primaires pour se donner le temps de construire un impact sur la scolarité des enfants.
Les critères d’entrée étaient d’être parent d’au moins un enfant inscrit en maternelle ou en primaire, de ne pas maîtriser le Français suffisamment pour s’impliquer dans le parcours scolaire de ses enfants, mais d’être en capacité d’échanger a minima à l’oral.
A présent, l’action est présente dans 3 collèges qui en ont été demandeurs,. Il apparaît que ces parents par leur absence de lecture de l’organisation du système scolaire dans son ensemble, ne peuvent accompagner leurs enfants, ni les aider à préparer leur orientation. L’action se déroule également dans un centre social
qui reçoit les parents d’un dispositif Coup de Pouce.
L’action avait été pensée et écrite pour toute personne nécessitant un apport en Français pour pouvoir accompagner son enfant scolairement, mais n’était pas restreint aux personnes relevant de l’analphabétisme. Or il se trouve que ce sont celles-ci qui se trouvent majoritairement dans le dispositif. Une expérience a eu lieu sur un territoire (le quartier de la Verrerie) où le public relevait davantage de
l’illettrisme que de l’analphabétisme ou du FLE, mais elle n’a pas été pérennisée, les personnes positionnées ayant des difficultés à se reconnaître en besoin de travailler le thème parental ou le Français, étant davantage dans un démarche socialisante et relevant plus spécifiquement en termes de besoin des activités d’un centre social.

Evaluation
L’action est en cours d’évaluation sur le site de Kallisté, dans le cadre plus large d’une évaluation de la coordination des politiques publiques de lutte contre l’illettrisme sur ce territoire de la Politique de la Ville. Elle est réalisée par le Centre Ressources lllettrisme PACA.

Extrait du site de l’ANLCI le 27.05.2011 : Présentation de l’action : Formation de Base à Visée Parentale (4 pages)

Consulter « Conditions de réussite d’une action à visée parentale à partir de l’expérience du dispositif EPFF sur le quartier Kallisté, Notre-Dame Limite à Marseille » (2006) :
* Partie 1 : Evaluation (64 pages)
* Partie 2 : Des recommandations (27 pages)

Voir la présentation et des témoignages de 2008

- Entretien avec Eric Nédélec, chargé de mission des actions éducatives familiales à l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme)

En quoi consistent les actions éducatives familiales ?

Disséminées partout en France, elles ont pour point commun de s’appuyer sur un désir partagé par tous les parents : que l’enfant réussisse à l’école, qu’il ait de bons résultats. L’idée est de profiter de l’arrivée de l’enfant à l’école (en maternelle, au CP ou au collège) pour proposer aux parents de participer à des actions qui leur redonnent confiance et les remobilisent sur le chemin de l’acquisition de nouvelles compétences.

Pouvez-vous donner des exemples ?

A Orléans, des parents ont participé à un atelier d’écriture et les textes qu’ils produisaient étaient calligraphiés ou imprimés par les enfants. A Château-Chinon, des parents se sont retrouvés dans un groupe de parole pour échanger sur la scolarité de leurs enfants. A Mayotte ou à Marseille, les parents se forment sur les savoirs de base autour de questions liées à la scolarité de leur enfant. En région parisienne, des parents et des enfants ont participé à un atelier d’initiation aux TIC. Et, en Auvergne, des parents sont revenus vers l’écrit en se préparant à l’examen du Code de la route.

Quelle est la condition pour que ces actions réussissent ?

Il faut que l’école soit placée au centre du pilotage. Si les enseignants ne sont pas impliqués, les résultats seront décevants. Ensuite, il est important que les parents en situation d’illettrisme se sentent dans une situation égalitaire par rapport aux autres, le premier levier étant la remise en confiance du parent et la reconquête de l’estime de soi.

- Entretien avec Marie-Thérèse Geffroy, directrice de l’ANLCI.
« Cerner le problème avant d’agir »

Extrait du site de la MGEN le 27.05.2011 : A l’école... pour que leurs enfants y réussissent (Valeurs mutualistes n° 272, mai/juin 2011)

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