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Islam, école et identité, dossier du Monde de l’éducation, décembre 2001

1er décembre 2001

https://www.ozp.fr/archives/danslesrevues/2002/12mondeduc1.htm

Les ZEP dans " Le Monde de l’Éducation " de décembre 2001

Ce numéro comprend un important dossier sur "Islam, école et identité" ainsi qu’un supplément sur les rythmes scolaires mais les deux articles où sont citées les ZEP se situent ailleurs : un article sur les "PEP IV" (pages 48 – 49) et un autre sur les sociogrammes, "outils pour dynamiser la classe" (pages 66 – 67).

 

L’école s’adapte à la pratique croissante du ramadan par les élèves
La pratique du ramadan se développe et devient de plus en plus visible dans les établissements scolaires qui accueillent des élèves issus de l’immigration. LES ÉLÈVES qui pratiquent le jeûne sont en nombre croissant au lycée comme au collège. Des non-croyants, voire des non-musulmans, se conforment désormais, par mimétisme, à ce rite. Des demandes apparaissent également dans le primaire. DANS LA MAJORITÉ des établissements, cet essor traduit une banalisation de l’islam. La période, qui doit prendre fin le 15 décembre, se déroule sans que le fonctionnement de la scolarité soit perturbé. CERTAINS ENSEIGNANTS ressentent toutefois ce développement récent comme un « passage en force » et déplorent le recul de la « frontière laïque ». L’ISLAM est abordé à deux reprises, en cinquième et en seconde, dans les programmes scolaires.

Par NATHALIE GUIBERT
Publié le 08 décembre 2001 à 00h00 - Mis à jour le 08 décembre 2001 à 00h00
Temps deLecture 5 min.
Sélections

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C’EST UN FAIT, notable depuis deux ans : la pratique du ramadan se développe et devient plus visible dans les établissements scolaires qui accueillent, en nombre, des élèves issus de l’immigration. « Avant, le ramadan se passait de manière très discrète. Maintenant, il prend place dans le lycée, on en parle beaucoup plus, il se ressent nettement », témoigne le conseiller principal d’un grand établissement de la périphérie de Paris.

Cette année, certains chefs d’établissement avaient anticipé des difficultés, en raison des événements internationaux et de la date du ramadan, qui le place en fin de premier trimestre, à l’entrée dans l’hiver. La première semaine du mois sacré, traditionnellement la plus dure, s’est cependant bien passée. « Le ramadan arrive dans une période connue pour être tendue : c’est l’époque où surviennent traditionnellement les problèmes de violence, mais aussi celle des contrôles et des conseils de classe. Or c’est plutôt calme », commente Annie Tobaty, à la tête du collège-lycée Georges-Pompidou de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), selon qui le ramadan, pratiqué par un quart de ses demi-pensionnaires, est devenu « presque banal ». « PAR MIMÉTISME »

Les élèves qui observent le jeûne sont en nombre croissant, au lycée comme au collège. « Les petits essaient de le faire dès la 6e, parfois contre l’avis de leurs parents. C’est pour eux une façon de grandir », analyse Mme Tobaty. Bien que la religion réserve ce rite aux jeunes pubères, des demandes se font également jour à l’école primaire. « Nous avons connu un développement très fort de cette pratique jusque dans l’école élémentaire, ce qu’on n’aurait pas pu imaginer quelques années plus tôt, précise un conseiller du ministre de l’éducation nationale. Mais nous n’avons pas d’éléments permettant de dire si ce développement a atteint un palier ou s’il va se poursuivre. » Rajeunissement, mais aussi véritable « effet de mode », voire pression du groupe sur certains adolescents : des non-croyants et - même si c’est plus rare - des non-musulmans suivent désormais le ramadan, avec plus ou moins de rigueur. « Il y a ceux qui sont convaincus et ceux qui le font par mimétisme », résume Maryse Ouzoulias, principale du collège Jean-Baptiste-Clément, dans le 20e arrondissement de Paris, dont le quart des 300 élèves jeûnent.

Extrait de lemonde.fr/archives de décembre 2001

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