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"L’avenir se joue dans les quartiers pauvres. 24 heures dans la vie d’un habitant" : Les propositions de l’Institut Montaigne pour l’éducation, l’orientation et la petite enfance, dont plusieurs concernent les REP+ et REP

3 juin

2 additifs du 07.05.22

En aout dernier, l’Institut Montaigne, proche de JM Blanquer et d’E Macron, avait publié des propositions pour le quinquennat qui ont ruisselé dans le programme d’E Macron. C’est le cas par exemple de la réforme de la voie professionnelle. Il revient avec un nouveau programme dédié cette fois aux "quartiers pauvres". La partie dédiée à l’éducation invite le gouvernement à réaliser deux réformes. La première concerne la maternelle propulsée "clé de la réussite des élèves issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville". Ce que propose l’Institut c’est "d’expérimenter dans les QPV (quartiers de la politique de la ville) des programmes de forte stimulation cognitive dès le plus jeune âge". L’Institut s’appuie sur deux études américaines, notamment le programme Perry Preschool dont l’évaluation a été menée sur le long terme. Incontestablement ce programme a donné des résultats mais ilne concernait qu’un petit nombre d’enfants qui disposaient d’un encadrement exceptionnel avec un enseignant très expérimenté pour 6 enfants. Ce n’est pas ce qu’envisage l’Institut Montaigne qui prévoit un encadrement pas des "enseignants" payés 20€ de l’heure pour un coût total de 50 millions. IL s’agit pour l’Institut de remplacer les enseignants par des "professionnels" spécialement formés. Les enfants pauvres ne méritent pas mieux. La même logique vaut pour les autres niveaux d’enseignement. L’Institut Montaigne propose de remplacer le concours exceptionnel de Créteil par des contractuels recrutés spécialement "sur profil". De là à penser qu’ils pourraient être fournis par Le choix de l’Ecole, une association déjà bien installée à Créteil et très proche de l’Institut Montaigne, il n’y a qu’un pas. C’est la même logique de fournir aux enfants pauvres des "professionnels" à la place des enseignants. Le séparatisme social se porte bien.

Extrait de cafepedagogique.net du 07.06.22

 

Institut Montaigne : l’éducation pour lutter contre la pauvreté dans les "quartiers"
L’Institut Montaigne, convaincu que "l’avenir se joue dans les quartiers pauvres", publie un rapport et fait 31 propositions "visant à pallier le sous-investissement public dans les QPV", pour "un montant total de 300 millions d’euros d’investissement et de 2 milliards d’euros de dépenses annuelles de fonctionnement". Les deux tiers de ces mesures concernent directement l’éducation.

En ce qui concerne la petite enfance, l’institut continue de se référer aux programmes "de forte stimulation cognitive", comme Perry Preschool aux Etats-unis, et propose de "renforcer le travail effectué par les élèves (sic) sur les compétences prédictives de l’enseignement des fondamentaux". Il propose surtout de multiplier les lieux d’accueil, des crèches mais aussi, sans y faire explicitement référence, des maisons qui font penser aux "maisons vertes" de F. Dolto, et des crèches "à vocation professionnelle" (lancées en 2016, voir ici) qui ont aussi pour mission d’ "accompagner les parents vers l’emploi ou la formation professionnelle". L’institut plaide aussi pour le développement des "classes passerelles" pour l’accueil des enfants de deux ans.

Pour pallier la pénurie d’enseignants du 1er degré dans certaines académies, Créteil notamment, l’institut Montaigne envisage plusieurs solutions, cumulatives : proposer aux contractuels "des rémunérations plus élevées que pour les statutaires", développer le "parcours préparatoire au professorat des écoles", "amplifier le dispositif Apprenti professeurs pour les habitants des QPV", développer "l’alternance post licence".

Les enfants des enseignants prioritaires

Dans les classes dédoublées, "pour lesquelles la nation consent un investissement important", les enseignants devraient "être recrutés sur profil (...), et donc hors barème". Des primes et autres mesures permettraient de rendre ces postes attractifs. C’est ainsi par exemple que "les enfants de ces enseignants seraient déclarés prioritaires pour intégrer les établissements de leurs choix, de l’école primaire à l’enseignement supérieur, en dehors de toute procédure de sélection". Il faudrait aussi "inciter les enseignants à suivre une cohorte d’élèves tout au long de la scolarité élémentaire", en leur donnant la possibilité de "constituer le groupe classe" qu’ils suivront pendant 5 ans après que les parents leur auront présenté les qualités de leur enfant, mais aussi en se fondant sur "l’évaluation nationale standardisée en fin de GS". Au bout de 10 ans, ils auraient "un nombre de points suffisants pour (leur) permettre de choisir librement, à l’issue de ces dix années, (leur) affectation sur l’ensemble du territoire national".

Pour que les parents deviennent les "alliés de l’enseignant" dans la "véritable course contre le temps" que représente "l’acquisition des fondamentaux", l’institut propose de "doter les familles d’outils pédagogiques (kit de lettres et de chiffres)", de généraliser le dispositif Mallette des parents et de renforcer le dispositif École des parents. Il faut aussi lutter contre l’absentéisme des enfants dans les petites classes. Le rapport évoque aussi, sans davantage de précisions, "l’absentéisme des enseignants" contre lequel il faudrait lutter.

Le rapport propose de généraliser les dispositifs " vacances apprenantes" et "colos apprenantes", et même d’en faire "un dixième mois d’enseignement", avec des enseignants qui toucheraient l’équivalent d’un 13ème mois. Le dispositif "petit-déjeuner gratuit" pourrait également être généralisé, le dispositif "cantine à 1€" élargi, la possibilité de proposer "un tarif à 0,5 € pour les familles les plus pauvres" serait étudiée. La pause méridienne pourrait "devenir un moment ouvrant sur de nouvelles interactions sociales" s’il était permis "aux restaurants scolaires d’accueillir ponctuellement des étudiants, adultes, professeurs, retraités pour déjeuner avec les enfants dans les établissements scolaires".

Le soutien scolaire fait également l’objet d’un développement assez important. Le rapport rappelle l’existence des PRE (programmes de réussite éducative) qui pourraient s’inscrire dans le cadre des Cités éducatives et du dispositif "devoirs faits" pour lequel le budget pourrait être doublé, "avec l’objectif de porter le nombre de collégiens suivis en QPV à plus de 80 %", au lieu de 43 % actuellement.

Le rapport évoque la ségrégation scolaire et propose de la combattre, notamment en multipliant "les secteurs multi-collèges". Pour lutter contre les orientations subies, il préconise de "mettre en place un système de tutorat obligatoire permettant à chaque jeune issu d’un QPV (...) d’être accompagné, à partir de la classe de seconde et jusqu’à la signature de son premier contrat de travail, par un tuteur adulte, en poste". Le rapport parle indifféremment de tutorat et de mentorat.

D’autres dispositions portent sur l’accès aux soins et à la culture et peuvent intéresser l’Ecole et le périscolaire, comme le dispositif "Orchestre à l’école". Les autres préconisations portent sur l’ouverture de classes préparatoires aux grandes écoles dans les lycées situés dans des QPV, et sur les politiques économiques susceptibles d’améliorer l’accès à l’emploi des jeunes des "quartiers.

Extrait de touteduc.fr du 07.06.22

 

L’avenir se joue dans les quartiers pauvres
24h dans la vie d’un habitant

Institut Montaigne, Rapport - Juin 2022

Introduction
Depuis plus de 30 ans, la pauvreté, les flux migratoires et les difficultés économiques sont concentrés dans quelques territoires, les quartiers pauvres.

Comment apprendre à faire ou refaire société dans des territoires qui en accumulent tous les maux ? Quelles mesures pour améliorer durablement les conditions de vie des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ?

S’inscrivant dans la suite du travail Les Quartiers Pauvres ont un avenir (octobre 2020), le présent rapport fait le récit de 24 heures dans la vie d’habitants des quartiers populaires, et contient 31 propositions opérationnelles afin d’améliorer leurs conditions de vie au quotidien.

Le rapport

Le résumé

Extrait de institutmontaigne.org du 02.06.22

 

EXTRAITS

[...] Nos propositions pour la petite enfance
- Proposition clé : entre l’âge de 6 mois et 3 ans, systématiser l’intégration des familles à un "parcours petite enfance" et ouvrir 300 nouveaux Établissements d’accueil du Jeune Enfant.
Coût de la mesure estimé : 100 millions d’euros en investissement à répartir entre l’État, les collectivités et porteurs de projet et 90 millions d’euros annuels en fonctionnement à répartir entre l’État et les collectivités.
- Renforcer la dotation budgétaire aux communes pour la création de 15 000 places en crèche sur le prochain quinquennat.
Coût de la mesure estimé : 50 millions d’euros en investissements et 37,5 millions d’euros annuels en fonctionnement.
- Accompagner le "parcours petite enfance" d’une stratégie d’accueil dans les structures petite enfance des personnes souhaitant exercer le métier d’assistante maternelle ou de puéricultrice, afin de soutenir et faciliter la création d’emplois dans ce secteur.
Coût de la mesure estimé : 35 millions d’euros annuels pour relever le budget alloué aux aides pour les alternants de 30 %.

 

[...] Nos propositions pour l’éducation
- Déployer des programmes de forte stimulation cognitive dès le plus jeune âge, grâce à un encadrement resserré en lien avec les familles.
Coût de la mesure estimé : expérimenté à l’échelle d’une ou deux circonscriptions sur 5 000 élèves, sur deux années, le coût du déploiement d’un tel dispositif serait d’environ 50 millions d’euros.
- Expérimenter divers canaux de recrutement des professeurs, notamment au sein de l’Académie de Créteil afin de pallier les problèmes de recrutement, à l’image du dispositif "Apprenti professeur".
- Proposition clé : recruter sur profil tous les enseignants des classes dédoublées afin d’affecter devant les élèves les plus en difficulté les enseignants les plus efficaces.
- Proposition clé : déployer un éventail de dispositifs pour attirer les enseignants les plus efficaces dans les classes dédoublées des REP +.
Coût de la mesure estimé : 64 millions d’euros annuels.
- Généraliser le dispositif Mallette des parents à l’ensemble des REP, renforcer le dispositif École des parents et fournir à chaque famille des kits éducatifs.
Coût de la mesure estimé : 10 millions d’euros annuels.

 

[...] Nos propositions pour l’orientation professionnelle et les entreprises
- Proposition clé : multiplier les secteurs multi-collèges en favorisant la méthode la montée alternée et fermer les collèges où les indicateurs de ségrégation sont les plus élevés.
- Proposition clé : dans le cadre d’un nouveau "Contrat de Solidarité Nationale", mettre en place un système de tutorat obligatoire permettant à chaque jeune issu d’un QPV d’être accompagné par un tuteur adulte.
- Expérimenter l’ouverture de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) dans les lycées des QPV.
Coût de la mesure estimé : 15 millions d’euros annuels.
[...]

 

Nos propositions pour la cantine
- Élargir le dispositif Cantine à 1€ et étudier la possibilité de proposer un tarif à 0,5€ pour les familles les plus pauvres.
Coût de la mesure estimé : 367 millions d’euros annuels.
- Proposition clé : repenser le temps du déjeuner à la cantine scolaire en l’ouvrant à de nouvelles socialisations bénéfiques pour les enfants des QPV, par l’accueil d’étudiants, retraités et adultes volontaires.

 

Nos propositions pour le suivi scolaire
- Proposition clé : évaluer, renforcer et généraliser le suivi des devoirs pour les élèves du secondaire dans les QPV en augmentant de 40 millions d’euros par an sur cinq ans le budget du programme "Devoirs faits" à destination des collégiens résidant en QPV.
Coût de la mesure estimé : 40 millions d’euros annuels.

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