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Partenariat Ecole Collectivités territoriales : un débat d’Education et Devenir. L’exemple des CP à 12 et des cités éducatives (ToutEduc)

29 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Les collectivités territoriales et l’Education nationale peuvent-elles travailler ensemble ? (débat organisé par Education & Devenir)
L’Education nationale et les collectivités travaillent-elles vraiment ensemble ? L’association "Education & Devenir" organisait, samedi 27 mars, une "matinée thématique" en visio sur ce thème, faisant débattre Ariane Azéma (Ligue de l’enseignement, voir ToutEduc ici) et Damien Berthillier (conseil en politique éducative locale, ici). Ils étaient tous deux d’accord pour dénoncer le risque de voir les logiques se juxtaposer au lieu de se compléter. C’est notamment le cas pour les politiques sociales, fait remarquer Ariane Azéma. Les collectivités, qui financent la cantine et souvent du soutien scolaire interviennent de fait dans la vie des écoles et établissements, mais leurs services sociaux, qui accordent des aides aux familles, se coordonnent-ils avec leurs homologues des collèges ou lycées qui disposent de fonds sociaux ?

Cette absence du culture du travail en commun est nette dans l’Education nationale. Elle prend l’exemple d’un rapport de ses anciens collègues de l’inspection générale sur l’autonomie des établissements (ici), qu’elle trouve excellent, mais où l’animation collective de l’ensemble des personnels n’est pas évoquée, ni les liens avec le périscolaire, pas plus qu’avec les autres établissements situés sur le même territoire ou que la prise en compte des enjeux de mixité sociale au niveau du bassin... Quant à l’implication des collectivités, elle dépend pour beaucoup des circonstances, fait remarquer Damien Berthilier, qui souligne son importante progression à partir de 2014 avec la semaine de 4,5 jours et sa nette diminution depuis 2017 et le retour massif aux 4 jours.

Les collectivités influent-elles sur la pédagogie ? "Ne vont-elles pas trop loin ?" La question faisait le sous-titre de la matinée, laissant entendre qu’elles empiétaient sur les compétences exclusives de l’Ecole, émanation de l’Etat. Historiquement, fait remarquer A. Azéma, le souci de scolariser les enfants est venu des collectivités, avant que la loi Guizot n’en fasse une obligation, puis qu’après la seconde guerre mondiale soit organisé le système scolaire national que nous connaissons. Elle fait remarquer que ce sont encore souvent les collectivités qui influent sur la carte des formations professionnelles. D. Berthilier ajoute que leurs politiques culturelles ont nécessairement un impact pédagogique, selon que les bibliothèques sont ouvertes aux scolaires, que les écoles reçoivent des livres, etc... Il donne l’exemple des CP et des CE1 "à 12" et du choix de Villeurbanne (où il était adjoint en charge de l’éducation, ndlr) de favoriser le co-enseignement (deux enseignants dans une classe complète) plutôt que les dédoublements, donc de respecter la volonté de l’Etat, mais en ayant "son mot à dire".

Quant à l’Etat, qui est décentralisé, a-t-il pour autant une "pensée géographique" ? Pour avoir assisté à des "dialogues de gestion" entre administration centrale et académies, Ariane Azéma en doute. Elle remarque d’abord que le recteur (la rectrice) est le plus souvent seul.e, sans son équipe, et que les questions posées portent sur les écarts aux moyennes nationales et aux moyens à mettre en oeuvre pour les réduire, et non pas sur les spécificités territoriales. Elle estime que la déconcentration s’accompagne d’une pratique très verticale, et parfois d’un suivi très pointillistes de l’action des acteurs locaux, mais parfois aussi inexistant.

Les rapports des collectivités avec l’administration déconcentrée de Jeunesse & Sports sont traditionnellement beaucoup plus faciles qu’avec l’Education nationale, note Damien Berthilier qui se demande dans quel sens son intégration dans les services académiques va pousser. Plus de cohérence ? ou la juxtaposition de services ? Il souligne qu’autrefois, les instituteurs étaient souvent, hors temps scolaires, des animateurs (en lien avec les mouvements d’éducation populaire, ndlr), ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, les enseignants sont moins inséré dans le milieu local, et malgré des formations communes avec les ATSEM, on est "encore loin" d’une culture commune. A l’inverse, il constate que les élus sont plus souvent que les inspecteurs présents dans les conseils d’école. Mais, ajoute A. Azéma, pour travailler ensemble, il faut connaître l’autre, ne serait-ce que son calendrier et son mode de fonctionnement : la hiérarchie de l’Education nationale produit des arrêtés, les édiles convoquent leur conseil pour délibérer, leurs temporalités ne sont pas les mêmes.

Dès lors, que faire ? Pour Ariane Azéma, une nouvelle loi n’est pas nécessaire. Elle risquerait au contraire, en distribuant les compétences, de créer entre elles des distinctions "étanches". Le code de l’éducation est très fourni mais "très généraliste" et laisse donc des marges de manoeuvre. Les deux intervenants s’interrogent toutefois sur la capacité des diverses parties prenantes à se saisir de l’occasion fournie par les cités éducatives. Pour Ariane Azéma, "elles réussiront si les acteurs recherchent des solutions originales" plutôt que de veiller à ce que chacun reste dans son champ de compétences. Mais Damien Berthilier a déjà vu des exemples qui virent à la caricature, avec un préfet qui dicte "les grandes lignes ... et même les petites lignes" du projet. C’est un principal de collège qui est le chef de file, "à la fois représentant de l’Etat et acteur local". Il s’interroge. Est-ce l’occasion "de mettre l’Education nationale devant ses responsabilités" ? Il veut espérer que ce soit une chance.

Extrait de touteduc.fr du 28.03.21

 

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