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La coéducation : parents, école et tiers lieux. Intervention de Philippe Merieu dans la cité éducative d’Evry (6 p.)

12 juillet

Questions et perspectives sur la coéducation Cité éducative – Evry Philippe Meirieu

On parle beaucoup aujourd’hui de coéducation ? Pourquoi faudrait-il coéduquer nos enfants ? D’abord parce que nos enfants sont, de fait, coéduqués : dès leur naissance, ils reçoivent une multitude d’influences de la part de tous les adultes qui s’occupent de lui et qu’il rencontre. Et puis, très vite, il va être entouré d’une multitude d’acteurs qui contribuent à son éducation : ses parents, sa famille élargie, son entourage, celles et ceux qui le gardent, ses professeurs, les animateurs des structures de loisirs qu’il fréquente, etc. Or, si les éducateurs sont multiples, l’enfant est un et il fait toujours plus ou moins la synthèse de ce qu’il reçoit. C’est le même enfant qui se développe à la maison, va à l’école et retrouve ses copains au club de foot. Donc, en réalité, il n’y a bien qu’une éducation. Bien sûr, on peut l’ignorer et faire comme si l’enfant était une « tranche napolitaine » avec des couches successives indépendantes les unes des autres. Mais alors, on prend un double risque : le risque de l’incohérence et celui de l’écartèlement. L’incohérence va mettre l’enfant en face d’injonctions qui partent dans tous les sens et ne lui permettent pas de savoir sur quoi il peut s’appuyer pour grandir. Et l’écartèlement survient quand ces injonctions sont contradictoires et mettent l’enfant dans un conflit de loyautés en le sommant de choisir entre des instances éducatives qui se contredisent.

[...] Au total, comment faire en sorte que tout le monde se sente solidairement investi de la responsabilité de l’éducation de nos enfants et adolescents ? Un vieux proverbe africain dit qu’ « il faut tout un village pour élever un enfant ». C’est profondément vrai. Nous avons besoin aujourd’hui d’un sursaut éducatif collectif. Or, nous restons trop souvent dans l’accusation réciproque : si les choses ne marchent pas, c’est à cause des autres… mais jamais de nous ! Or, pour que les choses marchent, il faut justement prendre les problèmes ensemble à bras-le-corps. Il faut être partie prenante du problème si l’on veut être partie prenante de la solution. Et il faut construire les solutions ensemble. On n’y arrivera pas séparément.

Extrait de meirieu.com

 

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