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Revue "Repères" sur le décrochage et le français : retour sur deux articles éducation prioritaire : - "Motiv’action" en collège (académie de Rouen) - Prévenir le décrochage en CM2 et 6e

20 septembre 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le dossier de la revue Repères :
Décrocher à l’école : la part du français, Repères n° 53 (textes intégraux en ligne)

 

"Motiv’action" : un programme pour prévenir le décrochage des élèves "transparents" (revue Repères)

Comment détecter dès la 6e le désinvestissement scolaire chez les élèves "transparents" et prévenir le décrochage ? C’est l’objectif du programme "Motiv’action" expérimenté dans l’académie de Rouen. Adaptation française du dispositif québecois "Check & Connect", il vise "un public fragile pas toujours identifié comme tel, car fort difficile à appréhender par nos enseignants, justement par son extrême discrétion...", précise Chantal Blanchard, coordinatrice du projet en qualité de Cardie (conseillère académique recherche développement innovation et expérimentation), dans le dernier numéro de la revue Repères (n°53, 2016, 149-158). Ces jeunes représenteraient 40% des décrocheurs au Québec.

Dans l’académie de Rouen, le programme a été lancé dans neuf collèges (quatre en 2014-2015, puis cinq autres en 2015-2016), dont une majorité de l’éducation prioritaire. Au total, 105 élèves étaient pris en charge en 2015-2016. Pour détecter les décrocheurs potentiels et cibler l’accompagnement, le dispositif s’appuie notamment sur la "trousse de repérage TEDP" (Trousse Eval Décrocheurs Potentiels). Elle se présente sous la forme d’un questionnaire web, avec deux versions.

Valoriser tout comportement positif de l’élève
"La version courte, une vingtaine de questions, permet de calculer un indice de risque (probabilités de décrocher) qui repose sur quelques informations fortement associées au décrochage (sexe de l’élève, redoublement scolaire, notes en français et mathématiques, motivation, intentions de décrocher)", explique Chantal Blanchard. Quant à la version longue (111 questions), elle aborde d’autres aspects de l’expérience scolaire et psychosociale des jeunes : formes d’engagement scolaire, sentiment de compétence, soutien scolaire parental, relation avec les enseignants et amis, conduites délinquantes, sentiments dépressifs, etc.

Pendant deux ans, les élèves détectés sont suivis par des "mentors" - des professeurs volontaires qui agissent dans le cadre d’une décharge horaire et d’une lettre de mission. Chaque "mentor" accompagne quatre ou cinq élèves la première année et cinq ou six la deuxième année, lorsque les premiers suivis s’espacent. Leur mission ? Transmettre les valeurs de l’école, soutenir et valoriser tout comportement positif de l’élève, lors d’un entretien hebdomadaire avec lui. "Il l’aide à trouver des solutions à ses difficultés en l’accompagnant dans un processus de résolution de problème", indique Chantal Blanchard. Chaque entretien commence par un bilan de la semaine écoulée et s’appuie sur une fiche renseignée par les enseignants de l’élève relative à son engagement scolaire.

Un regard plus empathique
Le "mentor" est aussi chargé d’établir un lien collaboratif avec les parents ; il les informe régulièrement des progrès réalisés par leur enfant et peut proposer des pistes pour améliorer le suivi scolaire à la maison. "Plus généralement, le ’mentor’ crée du lien, et s’efforce de faciliter la communication entre le collège et la famille. En fait, il met en œuvre ce principe fameux de coéducation", souligne Chantal Blanchard.

Cette expérimentation va faire l’objet d’une évaluation selon un protocole précis. Mais d’ores et déjà, "plusieurs ’mentors’ disent observer des résultats de leur suivi auprès des élèves, relevés aussi par les autres enseignants : épanouissement visible, confiance en soi, activité à l’oral, calme retrouvé, amélioration de la relation aux pairs et aux adultes, et pour certains élèves, des résultats scolaires nettement à la hausse, voire des récompenses en conseils de classe", note Chantal Blanchard. Les "mentors" reconnaissent avoir eux-mêmes modifié leur approche, en développant "un regard plus ouvert, plus empathique et bienveillant, une meilleure compréhension de ce qui peut faire nœud dans l’apprentissage".

L’entretien avec Chantal Blanchard

Extrait de touteduc.fr du 31.08.16 : "Motiv’action" : un programme pour prévenir le décrochage des élèves "transparents" (revue Repères)

Voir aussi :
Fiche OZP Motiv’Action du 9 janvier 2015

 

Chaque année en France, entre 110 000 et 140 000 jeunes quittent le système scolaire sans avoir obtenu le baccalauréat ou un diplôme professionnel. Les facteurs en sont multiples : personnels, sociaux, économiques, éducatifs, familiaux. Et pourquoi pas aussi liés à la didactique des disciplines elles-mêmes ? Quel rôle une matière comme le français en particulier peut-elle jouer dans le décrochage des élèves, et donc aussi dans leur possible raccrochage ? De façon originale, le dernier numéro de la revue Repères ose ainsi aborder la question du décrochage dans une perspective disciplinaire. L’approche peut paraitre déstabilisante et culpabilisante, mais elle est aussi stimulante, car elle signifie que contre le décrochage « l’enseignant, dans sa classe, peut agir », y compris le professeur de français…

[...] Hélène Crocé-Spinelli analyse des dispositifs mis en place par des enseignants en réseau Eclair pour prévenir le décrochage scolaire au moment du passage CM2/6ème : le « conseil d’élèves » en SEGPA, la « phrase orthographique du jour » en 6ème, le « cahier d’écrivain » en CM2. Pour favoriser le goût de connaitre des élèves, il s’agit bien avant tout de les reconnaitre : comme « citoyens scolaires », comme « apprenants grammairiens », comme « apprenants-écrivains dans leur diversité ». Les élèves sont accueillis et valorisés comme sujets à part entière : dignes de penser, d’échanger, d’écrire, riches de leurs vécus scolaires et extrascolaires. Au final, « nous pensons que c’est dans le lien entre des situations qui favorisent d’une part la constitution d’une communauté citoyenne, d’autre part le travail réflexif sur la langue et pour finir la libération de l’écriture de soi, que se trouvent des leviers de prévention du décrochage scolaire. »

[...] Se raccrocher par l’écriture ?
Régine Delamotte, Marie-Claude Penloup et AMarie Petitjean analysent l’écart entre les difficultés que rencontrent des élèves raccrocheurs de microlycées dans l’écriture académique et les compétences qu’ils manifestent par ailleurs en écriture créative. L’écrivain Patrick Gougeon souligne ainsi « l’inventivité et la force de frappe des élèves des deux microlycées avec lesquels il travaille (Sénart et Paris) dans le cadre d’ateliers d’écriture. Il les juge « extraordinaires », doués d’un « tempérament » : « De tous les publics avec lesquels j’ai travaillés, c’est le public que je préfère. Quand je suis au microlycée, en atelier d’écriture, je me prends des claques en tant qu’écrivain ». Les compétences lui semblent liées à une maturité particulière et à un rapport plus libre à l’écriture : « Leur rapport à l’art est différent, leur rapport à l’expression est différent... à la peur est différent : ils n’ont pas peur. »

Extrait de cafepedagogique.net du 19.09.16 : Décrocher à cause du français ?

 

Voir aussi
Décrocher à l’école : la part du français, Repères n° 53 (textes intégraux en ligne)

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