Le SnuIPP s’inquiète du devenir des réseaux de réussite scolaire (RRS) : selon une annonce du rectorat de Versailles, "sur les 38 collèges actuellement classés en RRS ou en RAR, seuls 5 resteraient en éducation prioritaire"

17 janvier 2011 Version imprimable de cet article Version imprimable

En début de semaine, le ministère annonçait, par voie de presse, l’intégration des écoles au dispositif CLAIR. Le SnuIPP a eu confirmation par le ministère que le primaire ne serait pas concerné par le profilage des postes et le recrutement des enseignants par les directeurs. Pour le reste, c’est encore le flou !

Et voilà un nouveau sigle dont l’Education nationale a le secret : « ECLAIR », pour « Ecoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite ». C’est la dernière annonce faite par voie de presse par le ministère concernant les écoles situées en RAR. Ainsi, à partir de la rentrée prochaine, le dispositif CLAIR, expérimenté dans le second degré depuis cette année, sera étendu aux écoles primaires et à l’ensemble des autres collèges de RAR. Au final, à la rentrée 2011, quelque 249 collèges et 1 725 écoles des réseaux d’éducation prioritaire devraient intégrer le dispositif.

 Lumière sur les CLAIR

Ce dispositif CLAIR a été lancé par le ministre suite aux Etats généraux sur la sécurité. Il se veut innovant. Mais son innovation réside surtout dans la priorité donnée à la lutte contre la violence scolaire, la création de la fonction de préfet des études encadrant et accompagnant les élèves et la mise en place d’un système de postes à profil. Particularité importante et sans doute constitutive du dispositif, les chefs d’établissement ont la main sur le recrutement d’une partie des personnels qui sont affectés pour 5 ans. Pour le reste, la notion de réseau présente en RAR ou RRS est absente. Le partenariat est seulement circonscrit à l’accompagnement des parents et surtout à la sécurité.

 Précisions obtenues sur le volet « Ressources humaines »

Qu’en sera t-il pour le primaire ? Le SNUipp a eu un contact avec le cabinet du ministre : il a été précisé que le volet « Ressources humaines » ne concernerait pas les personnels du premier degré. Les directeurs d’école ne participeront donc pas au recrutement des enseignants des écoles primaires, les postes ne seront pas profilés, et l’affectation ne sera pas soumise à une période minimale comme pour le second degré (5 ans).

Ce sont les champs « pédagogique » et « vie scolaire » qui devraient concerner les écoles.

Sur ces points, en vue de clarifier la place précise de l’école dans le projet ministériel, le SnuIPP a obtenu une audience avec le ministère. Il rencontrera également Christian Nique, chargé de mission sur les CLAIR, le 2 février prochain.

 Inquiétudes légitimes pour l’éducation prioritaire

Mais, cet élargissement alors que l’expérimentation est à peine commencée, n’est pas sans poser questions. La première inquiétude concerne évidemment le devenir de l’éducation prioritaire en dehors des 254 collèges ciblés par le dispositif. Certaines annonces liées à la « carte scolaire » le confirment : le recteur de l’académie de Versailles a annoncé lors du dernier comité technique paritaire académique que sur les 38 collèges actuellement classés en RRS ou en RAR, seuls 5 resteraient en éducation prioritaire !

Mais c’est aussi la nature des mesures liées à CLAIR qui est susceptible d’inquiéter les acteurs de terrain. En effet, rappelons que la mise en place du dispositif CLAIR a fait suite aux Etats généraux de la violence à l’école (voir article).

En tout état de cause, le dispositif ne peut pas remplacer une véritable formation pédagogique, une formation au travail en équipe, des aides spécialisées, une formation à la lutte contre les discriminations... et surtout il en peut pas exonérer le ministère de prévoir les moyens nécessaires au bon fonctionnement du système scolaire dans l’ensemble des zones difficiles.

Extrait de snuipp.fr le 17.01.11 : Les écoles de RAR passent aux ECLAIR

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