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Journée des adhérents 2009. Débat sur les rythmes des élèves, l’accompagnement éducatif et l’aide personnalisée dans les écoles en ZEP

19 novembre 2009 Version imprimable de cet article Version imprimable

Journée annuelle des adhérents de l’OZP
Paris, 11 novembre 2009

 

Au programme étaient prévus notamment 3 débats sur des thèmes particulièrement actuels, dont celui-ci :

Rythmes de l’enfant, accompagnement éducatif et aide personnalisée dans les écoles en éducation prioritaire.

 

Voici le résumé des principales interventions sur ce thème
Précisons que les propos des adhérents recueillis lors de ce débat n’engagent pas l’OZP.

L’origine de l’aide personnalisée
- L’origine réelle de cette affaire a été souvent occultée. Lorsque Xavier Darcos, pour appliquer la promesse électorale du candidat Sarkozy, a décidé la suppression de l’école le samedi matin et l’institution de la semaine de 4 jours, le ministère s’est trouvé devant un problème de gestion d’horaire des personnels : comment éviter que les obligations de service des professeurs des écoles ne soient ramenés à 24 h par semaine au lieu de 26 ?
C’est de là qu’est née l’idée de l’obligation faite aux enseignants de faire 2 heures d’aide personnalisé par semaine. Au départ donc, la motivation gouvernementale n’avait pas grand chose à voir avec l’intérêt de l’enfant. Il s’agissait surtout de satisfaire les parents sans réduire les obligations de service, ce qui aurait pu déteindre sur le secondaire.

- Cette suppression du samedi matin n’a pas été appliquée partout. Environ 10% des écoles auraient gardé la semaine de 4jour et demi
Par ailleurs l’ANDEV (association nationale des villes éducatrices) et l’AMF (association des maires de France) travaillent sur des solutions de rechange, et notamment sur celle de l’école le mercredi matin.

- Quant à l’accompagnement éducatif, actuellement réservé aux écoles en éducation prioritaire et qui lui aussi s’ajoute à l’emploi du temps des enfant, tout le monde sait que, s’il n’a pas été généralisé à l’ensemble du primaire, c’est pour des raisons budgétaires.

Un rythme de travail déséquilibré pour tous
- En éducation prioritaire, où les difficultés scolaires sont grandes, le temps de travail quotidien des enfants s’alourdit dangereusement en se concentrant sur 4 jours, ce qui nuit beaucoup aux acquisitions et aux apprentissage ; et les activités créatives disparaissent au profit des courses du samedi au supermarché.

- Le temps de travail quotidien des enseignants aussi s’alourdit en raison de l’application par certains du principe "travailler plus pour gagner plus" (l’accompagnement pédagogique est exercé surtout par des enseignants), et cela au détriment du temps de concertation. Les enseignants n’ont plus le temps ni la possibilité de se réunir, d’où une grave menace pour le travail en équipe, qui constitue pourtant une condition essentielle d’un travail pédagogique efficace en éducation prioritaire.

Quelles solutions ?
- Peut-on inventer et faire accepter un aménagement du système actuel qui irait dans le sens de l’intérêt de l’enfant ? Même si certains communes ou écoles ou organismes comme le CRAP tentent un effort militant en faveur d’un retour à des rythmes plus équilibrés et en particulier prônent la solution de la classe le mercredi matin, l’absence actuelle d’école le samedi et le mercredi matin arrange trop de gens pour qu’on puisse trop espérer revenir en arrière de façon massive.
La semaine de 4 jours arrange en effet
. les parents, qui, pour beaucoup, sont heureux de disposer du samedi matin avec leurs enfants (sans parler des nombreuses familles recomposées). Il existe d’ailleurs des désaccords sur cette question à l’intérieur même des fédérations de parents d’élèves.
. les enseignants, qui, dans leur grande majorité, ne renonceront pas maintenant aisément au bénéfice des samedi et mercredi libres ;
. les centres de loisirs et nombreuses associations qui proposent des activités aux enfants le mercredi matin...
Certains adhérents craignent même que cela ne se termine un jour par un abandon de l’aide personnalisée sans contre partie au bénéfice des enfants.

- En effet, les tentatives politiques pour améliorer la situation ont été un échec. Bertrand Delanoë a essayé à Paris mais a dû renoncer devant la "bronca" soulevée par cette tentative.

Ne pourrait-on envisager une "conférence de consensus national" sur une question qui dépasse les clivages politiques et les intérêts catégoriels, conférence qui réunirait des spécialistes, responsables et citoyens de tous bords pour ressayer de sortir des positions démagogiques ou corporatistes ? Le Sgen-Cfdt a proposé une concertation de ce type.

Une question aussi idéologique et pédagogique
- L’aide personnalisée ramène à une position d’ordre idéologique, dans la mesure où ce dispositif colle à une conception très individualisée de l’aide aux élèves en difficulté.

Mais elle ramène également à plusieurs problèmes d’ordre pédagogique :
. L’aide personnalisée est-elle une solution bien adaptée aux difficultés rencontrées par les élèves ? En effet, si le cas à traiter est lourd, cela relève des RASED mais on sait les dangers qui les menacent ceux qui restent. S’il est léger, cela devrait aussi bien relever de la pédagogie individualisée en classe normale.
Reconnaissons cependant que l’aide personnalisée a au moins des supporters : les élèves concernés, qui semblent heureux de bénéficier d’un contact de 2 heures plus personnalisé et décontracté avec des adultes.
. L’aide personnalisée par ailleurs a fini d’achever la politique de cycles née avec la loi d’orientation de 1989 et qui déjà auparavant était peu développée. Dans les écoles ZEP qui ont mis en place les cycles, cette politique a eu aussi pour effet de produire de l’attractivité et de maintenir encore un peu de mixité sociale par la qualité pédagogique reconnue.
. Enfin l’aide personnalisée est peu appliquée en maternelle, car les enseignants ne savent pas faire de la remédiation pour des enfants de cet âge, et l’administration commence à s’en rendre compte.

CONCLUSION :
Les propos de ces adhérents sont francs et directs - bien dans la note des réunions OZP - mais laissent transparaître une tonalité désabusée, sinon pessimiste. Un coup de blues passager ?

L’OZP ne va pas en tout cas s’en tenir là et compte bien continuer à rechercher et à soutenir toute réflexion ou initiative allant dans le sens du respect des rythmes de l’élève en éducation prioritaire.

Compte rendu rédigé par Jean-Paul Tauvel

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