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Le rapport annuel des inspections générales analyse le recrutement et les missions pédagogiques et didactiques des professeurs référents et des assistants pédagogiques de RAR

8 mars 2008 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site de la Documentation française, le 07.03.08 : Rapport annuel des inspections générales 2007

Inspection générale de l’éducation nationale et Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche

- À l’heure de la décentralisation, des nouvelles technologies et de la nécessaire prise en compte des publics en difficulté, quelles missions, quels enjeux, quels modes d’action pour l’établissement scolaire ?

- À l’heure aussi de la LOLF et de la révision générale des politiques publiques, comment améliorer la performance de l’appareil universitaire et du dispositif de recherche et accroître, à la faveur de recompositions, leur visibilité ?

- À l’heure enfin du dépassement des frontières, quelles actions internationales envisager, en matière éducative, pour une inspection générale ?
Questions centrales, auxquelles souhaite répondre ce rapport public 2007 des inspections générales des ministères en charge du système d’enseignement et de recherche.

Sommaire

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 Un extrait

 chapitre II

 L’établissement et ses élèves

 l’enjeu de la réussite et de l’insertion

(...)

L’implantation des moyens humains supplémentaires et leur gestion

Le ministère a annoncé en moyenne quatre emplois de professeurs référents par réseau et deux à quatre emplois d’assistants pédagogiques, soit 1 000 enseignants et 3 000 assistants pédagogiques.
Ces emplois n’étant pas des créations nettes supplémentaires (sauf dans un très petit nombre de cas), les recteurs ont dû les récupérer sur leurs propres moyens, en bénéficiant parfois d’une exception au retrait ou à la régulation. Mais des tensions fortes ont généralement apparues dans les académies où des redéploiements ont dû se faire dans l’urgence, y compris entre anciennes ZEP (ou REP) et nouveaux RAR.

 Les professeurs référents

La mission de ces personnels supplémentaires répond à quatre objectifs pédagogiques, qui visent essentiellement à améliorer l’efficacité du travail des enseignants : mieux structurer les équipes pédagogiques ; développer l’accompagnement et la formation des jeunes enseignants ; permettre la concertation de l’équipe ; enfin favoriser la mise en oeuvre des PPRE.
Cette mission ne doit devenir ni une charge d’enseignement ordinaire déguisée ni un « encadrement intermédiaire » des équipes d’enseignants. L’originalité du dispositif repose donc, pour une bonne part, sur cette définition nouvelle d’une charge pédagogique essentiellement articulée sur le travail au sein de l’équipe.

Recrutés sur entretien après candidature, ces enseignants sont affectés sur des postes implantés en collège, ce qui ne préjuge en rien de l’organisation de leur service. Issus du premier comme du second degré, ils ont en effet vocation à intervenir dans l’un ou l’autre niveau - second trait d’originalité du dispositif.

Le choix des candidats s’effectuant hors barème, sur critères qualitatifs, leur affectation est strictement subordonnée à l’adéquation de leurs compétences pédagogiques aux missions proposées. Une évaluation est conduite à la fin de la première année, puis à l’achèvement de la période, pour prononcer un éventuel renouvellement.

La mise en place des premiers professeurs référents à la rentrée 2006 fait apparaître des écarts par rapport au projet national.
D’abord, le calendrier s’est avéré incompatible avec les objectifs définis. En effet, les équipes chargées de la mise en place des RAR ont connu l’officialisation des réseaux et de leurs moyens au mois de février 2006. Il a été souvent demandé aux chefs d’établissement d’adresser au rectorat des fiches de poste, avant même de connaître le contenu de la circulaire qui décrivait le dispositif ambition réussite et les missions des professeurs référents.
De ce fait, le pilotage du dispositif s’est effectué, dans un premier temps, sur la base d’une répartition de moyens supplémentaires et non sur celle d’objectifs pédagogiques clairs.
En outre, son centre de gravité s’est déporté sur le collège. Ainsi, un déséquilibre s’est établi dès l’origine entre le premier et le second degré dans la répartition des missions et des moyens.

D’autre part, les choix dans la répartition des moyens ont été différents dans chaque académie. Les recteurs ont donné à tous les réseaux les mêmes moyens ou les ont répartis selon la taille de chacun d’eux. Les répartitions entre moyens du premier degré et moyens du second degré ont été ou non arrêtées par le recteur, pour des raisons de politique pédagogique ou de gestion des emplois.
Certaines académies ou certains inspecteurs d’académie ont fortement pesé pour conserver un service d’enseignement d’au moins un demi service ; d’autres ont laissé, sur ce point, une totale liberté. L’organisation et la durée des services sont très variables : beaucoup de disparités entre les établissements subsistent et sont parfois sources de tensions.

Enfin, le recrutement s’est opéré dans l’urgence. En général, s’il est apparu aisé dans les petites académies, il s’est révélé beaucoup plus difficile dans les autres : deux ou trois vagues de recrutement y ont été nécessaires et on a dû y faire appel à des personnels « disponibles », surnuméraires ou remplaçants, pour compléter le nombre de volontaires.
Ce recrutement a donc été peu fondé sur les compétences attendues, notamment dans les grosses académies, faute d’avoir pu disposer du temps nécessaire à l’élaboration d’un véritable cahier des charges préalable. Le recrutement sur profil se révèle toujours plus satisfaisant que celui qui ne l’est pas.

Néanmoins, toutes ces observations, faites dans les premiers temps, doivent être nuancées. Peu à peu, beaucoup de ces professeurs référents ont trouvé leur place et souhaitent être reconduits dans leur mission.

En début d’année, dans bien des cas, les professeurs référents ont été ressentis moins comme des atouts que comme des sources de problèmes. Leur présence a suscité des interrogations, plus en termes d’organisation (quels élèves leur confier ? Sur quels horaires ?) qu’en termes didactiques et pédagogiques. Les équipes de direction ont dû résister à la tentation des enseignants d’utiliser ces personnels supplémentaires comme simples moyens de dédoublement des classes.

Au fil des observations, il apparaît que les professeurs référents jouent à la fois le rôle d’enseignants, pour une partie de leur service, d’intervenants, de responsables des assistants pédagogiques, de quasi-délégataires du président du comité exécutif et, plus rarement, de conseillers pédagogiques.
Ils partagent leurs tâches entre le premier et le second degré ou se limitent à un seul degré. Dans la très grande majorité des cas, seules des fiches de poste existent et non des lettres de mission, même si, dans les appellations, une certaine confusion est entretenue.

Ce catalogue montre un déficit de légitimité institutionnelle des professeurs référents, qui rend leur impact parfois incertain. Si l’intérêt de cette aide est quasi unanimement salué (notamment le suivi individualisé des élèves, l’aide à l’allègement des classes et l’amélioration des conditions de travail), beaucoup d’incertitudes ou d’interrogations subsistent :

- les objectifs de recrutement ont été remplis, mais pas forcément les objectifs de qualité du recrutement ;

- le problème du rôle et des tâches des professeurs référents se pose : est-on dans la substitution, l’appui, l’accompagnement ?

- les professeurs référents sont-ils des spécialistes à qui l’on délègue la difficulté scolaire (avec le risque d’une fracture pédagogique) ou sont-ils des personnels d’appui à une communauté éducative qui traite collectivement cette difficulté ?

- enfin, les résistances vis-à-vis du dispositif rendent parfois leur intégration difficile.

Il est donc souhaitable qu’une réflexion s’instaure au niveau de l’académie et de chaque réseau, afin de mieux définir les missions pédagogiques et didactiques des professeurs référents.

 Les assistants pédagogiques

Le recrutement des assistants pédagogiques a été le plus souvent de qualité. En majorité, ils se situent à un niveau « bac + 3 » et se destinent à l’enseignement.

La plupart des académies soulignent le bénéfice qu’elles retirent de leur présence. Leur activité dépend des relations qu’ils entretiennent avec les professeurs référents, qui organisent trop souvent leur emploi du temps sans consignes précises. Ils sont chargés de tâches très variées, allant du « tout » au « rien ».

Du côté du « tout », ils sont amenés à prendre en charge les élèves en grande difficulté, comme si le propre du métier d’enseignant, en ce qu’il a de plus exigeant, pouvait être confié à des personnes non formées. Du côté du « rien », ils peuvent être employés à surveiller une étude, à donner à faire un exercice sans savoir à quel cours il correspond, dans quel programme il s’inscrit et hors de toute réflexion didactique.

De manière générale, dans le premier degré, ils assurent la surveillance des études et l’aide à la différenciation pédagogique, en particulier dans le cadre de la mise en place des PPRE. Dans le second degré, leur reviennent les études surveillées pour un tiers du temps, le soutien, les PPRE en co-intervention, l’accompagnement scolaire des élèves ou la surveillance pendant les heures dites de « permanence ».

Cette liste montre que l’on attend d’eux une grande polyvalence, souvent supérieure à celle des professeurs référents, ainsi qu’une réelle intervention dans l’acte pédagogique. Elle est l’indice d’une difficulté pour les situer entre projet scolaire et action éducative. Aussi les inspections générales ont-elles recommandé que les assistants pédagogiques reçoivent une lettre de mission et que, comme le font déjà quelques académies, une formation leur soit assurée.

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