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14.02.07 - Réussite scolaire et liaison CM2/6ème : le témoignage d’une prof de collège RAR à Paris

14 février 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable
  Sommaire  

Extraits du site « Betapolitique », le 14.02.07 : Comment combattre l’échec à l’entrée en sixième

Préambule : Les propositions qui sont faites là ont déjà été expérimentées, avec succès (1) ; elles ont prouvé leur efficacité aussi bien en ZEP que dans des établissements lambda. Mais il faut préciser que lorsque les enseignants sont volontaires, qu’ils croient en leur projet, et qu’ils sont enthousiastes, cela change tout ! C’est une variable d’ajustement à prendre en compte.

Constats :

Les études en sociologie et en sciences de l’éducation attestent de l’importance du pallier de la 6ème ; beaucoup d’élèves en échec scolaire à la fin de la scolarité obligatoire l’étaient déjà à ce niveau (et l’étaient davantage qu’en CM2).

Arrivés en classe de sixième, les enfants ne se retrouvent pas toujours avec leurs copains, passent d’un maître (ou deux ou trois dans certaines villes) à une dizaine de professeurs qui se concertent rarement et dont les pratiques ne sont pas toujours cohérentes. Certains enfants sont donc très désorientés ; ils auraient besoins de référents (des enseignants qu’ils verraient assez souvent) et de sentir une cohérence entre les enseignants. Les élèves ont besoin qu’on fasse du lien entre les diverses disciplines (transversalité), mais aussi d’apprendre à passer de l’oral à l’écrit, car c’est l’enjeu majeur de la classe de 6ème. Ce passage ne se faisant pas de la même manière dans les disciplines littéraires et scientifiques, il peut-être source de confusion, donc d’échec, chez beaucoup d’élèves.

Malheureusement, au collège les enseignants n’ont pas toujours conscience que ce passage à l’écrit est encore « en cours d’acquisition » et ils n’ont pas toujours les outils nécessaires pour faire progresser les élèves ; ils n’y sont pas assez formés.

Les élèves manquent aussi à ce niveau là d’autonomie ; il y a bien des dispositifs qui sont parfois mis en place (ATP) (2), mais ces heures servent trop souvent de variable d’ajustement des emplois du temps et ne sont pas toujours intégrées à un projet pédagogique cohérant.

De plus, et cela peut paraître étonnant au bout de 5 années de scolarité obligatoire, beaucoup trop d’élèves ont encore des dyslexies ou des dysphasies non diagnostiquées. Il suffit alors souvent que l’élève qui a une de ces pathologies soit pris en charge pour qu’il progresse rapidement.

En outre, il me semble (cela est d’ailleurs apparu dans beaucoup de débats participatifs) que si l’on met en place un dispositif, il faudrait qu’il concerne et la classe de 6ème et la classe de 5ème ; certains élèves, la maturité aidant, arrivent à rattraper en 5ème les lacunes qu’ils avaient avant.

 Propositions

1) Généraliser les dispositifs du type « Liaison CM2/6ème » ; les enseignants de maths et de français de 6ème et de CM2 d’un même bassin de formation (voir propositions sur la carte scolaire) pourraient par exemple élaborer en commun à la fin du 3ème trimestre des évaluations que passeront les élèves de CM2. L’élaboration des sujets des évaluations pouvant être une occasion de rencontre et de dialogue entre les enseignants du 1er et du 2nd degrés ; ces derniers confronteraient ainsi leurs attentes, s’enrichiraient mutuellement et, pourquoi pas, harmoniseraient leurs pratiques.

2) Professeurs référents : Les professeurs de math et de français étant les enseignants qui ont le plus grand nombre d’heures de présence face aux élèves, ils en seront les référents. En plus de l’enseignement de leur discipline, ils auront en charge l’Aide au Travail Personnel (ATP), et l’un des deux aura aussi la charge de professeur principal (PP). Ainsi les élèves verront ces deux enseignants 14h/28h de cours /semaine.

. Mettre 1h/mois de concertation pour le prof de français et de math dans l’emploi du temps. Rétablir les heures d’ATP (3) (chaque élève aura une heure en demi groupe par semaine) et institutionnaliser l’heure de vie de classe (elle ne l’est pas actuellement). Ces heures ne devant pas, comme cela se fait trop souvent, servir de variable d’ajustement pour les emplois du temps. L’heure de vie de classe pourra entre autres servir à préparer les élèves à l’orientation (les enseignants y seront préalablement formés).

. Impulser un travail de transdisciplinarité entre les différentes disciplines, et plus particulièrement entre les maths et le français. Les enseignants seront au préalable formés à ce travail (les stages sur site ont prouvé en cela leur efficacité) et l’ensemble des enseignants des disciplines scientifiques seront formés à l’apprentissage du passage à l’écrit.

. Afin d’aider les élèves à créer du lien entre les disciplines, les enseignants seront encouragés à enseigner, de manière ponctuelle (rythmes à définir), et sur la base d’un projet pédagogique, à deux enseignants sur une même heure de cours. Chaque heure de cours en commun nécessitant une demi-heure de concertation.

3) Favoriser le travail en demi groupes en math, en français et en langue vivante 1 : Les élèves seront en alternance en classe entière (hétérogène) pendant un nombre donné d’heures puis en groupes à effectif réduit (1h/semaine/discipline dans les disciplines citées ci-dessus suffit). Ces groupes à effectifs réduits seront quant à eux des groupes de niveau : un groupe dit de « consolidation », pour les plus en difficultés, et un autre « d’approfondissement », pour les autres. Ce dernier groupe pouvant avoir un effectif plus important que le premier. Cette disposition permettra de réduire les trop forts écarts, sans pour autant stigmatiser les élèves les plus faibles. Elle a aussi l’avantage de rassurer les parents ; les classes hétérogènes ont prouvés leurs bienfaits et sur les élèves les plus en difficultés et sur les plus performants. Ce qui n’est malheureusement pas admis par tous, que ce soit des familles ou du corps enseignant.

Là aussi il y aura une nécessaire formation/information sur comment différentier et diversifier sa pédagogie.

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Notes

1. CLG Marx Dormoy, Paris 18ème (secteur La Goutte d’Or, La Chapelle, Stalingrad). Ce collège ZEP a été classé plusieurs années de suite « meilleur collège de Paris », dans l’évolution qu’il faisait faire à ses élèves (de l’évaluation de 6ème au brevet) ; il avait même certaines années des résultats bruts au brevet meilleurs que d’autres établissements non ZEP, et une quinzaine d’élèves (plus ou moins selon les années) partaient chaque année dans de grands lycées Parisiens (H4, Condorcet, Chaptal, Charlemagne, Lamartine, etc.).

2. Aide au Travail Personnel : heures consacrée à la méthodologie ; apprendre à faire ses devoirs, à utiliser un cahier de texte, à apprendre ses leçons, etc.

3. Heure qui était utilisée à traiter des « affaires courantes » et à préparer à l’orientation.

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