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Instruction à domicile : des réactions syndicales, une étude récente et une pétition (le Café). Autres prises de position

7 octobre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

La loi contre les séparatismes critiquée par les syndicats
FSU et Se-Unsa soulignent les limites de la proposition de loi sur les séparatismes présentée par E Macron. Tous deux dénoncent par exemple la complaisance envers l’enseignement privé qui est lui aussi religieux. Anne Coffinier prend la défense des écoles hors contrat et dénonce un amalgame.

"La diversité culturelle n’est pas une menace. C’est quand la République se détourne des réalités sociales, qu’elle laisse perdurer ou s’amplifier les inégalités et les discriminations facteurs d’exclusion, que s’installe le terreau favorable à la remise en question de la laïcité et du vivre ensemble", estime la FSU, première fédération syndicale de l’éducation. "Si l’instrumentalisation du fait religieux existe, les usages radicaux et politiques de la religion ne relèvent pas uniquement de l’islamisme. Les réseaux liés à l’intégrisme chrétien ou à des sectes au sein de nombreux secteurs sont passés sous silence, peut-être parce qu’ils sont parfois ancrés dans les sphères de décision". Pour la FSU, cette loi vise surtout à lancer une campagne électorale. "L’ensemble du discours présidentiel s’inscrit en droite ligne de celui de son ministre de l’Intérieur pour préparer les futures élections présidentielles en instrumentalisant la laïcité".

Le Se-Unsa se déclare favorable mais avec réserve aux mesures sur l’instruction à domicile. "Cette disposition est susceptible de protéger un grand nombre d’enfants instruits en deçà des standards éducatifs, d’autant que l’administration de l’Éducation nationale manque actuellement cruellement de moyens pour mettre en œuvre la totalité des contrôles règlementaires... Cette mesure, dont la constitutionnalité et la conformité au droit européen restent à démontrer au regard du principe de liberté d’enseignement, devra, pour ne pas en rester à un effet d’annonce, être assortie d’un correctif au projet de loi de finances 2021. En effet, celui-ci ne prévoit actuellement pas d’augmentation de postes d’enseignants et de personnels éducatifs pour accueillir les élèves concernés". Mais le Se-Unsa souligne les limites du projet de loi. "Bien qu’il soit nécessaire de s’attaquer à l’islamisme radical, il ne faudrait pas que ce réveil républicain annoncé par le président de la République ne s’opère à l’encontre que d’une seule religion, tout en prolongeant l’assoupissement et le laisser-faire vis-à-vis d’autres... Comment comprendre les regrets quant à la mixité sociale perdue, tout en continuant de la laisser prospérer sans contraintes, notamment à l’École avec le financement public des établissements d’enseignement privé ?"

Educ’France, une structure crée par Anne Coffinier en soutien aux écoles hors contrat craint l’amalgame fait par le président. "Il est urgent de sortir de la confusion sémantique. L’Instruction en famille (IEF) et l’école privée hors contrat sont deux réalités distinctes, dûment prévues par la loi et encadrées précisément. Rien d’illégal, rien de clandestin à cela. Seulement des propositions éducatives plus souples, dans le contexte d’un système scolaire public qui s’est beaucoup rigidifié et qui ne correspond pas à tout le monde... Il est temps de cibler les contrôles sur ceux qui se mettent hors cadre, et non pas de resserrer le cadre sur ceux qui le respectent déjà.Rappelons tout de même que l’essor des écoles privées hors contrat et de l’instruction en famille provient notamment de ce que l’école publique, telle qu’elle se trouve actuellement, ne convient hélas pas à tous les enfants, et que l’école privée sous contrat n’est pas autorisée à se développer par l’Etat. Tirer sur l’école à la maison ou sur les écoles privées hors contrat, c’est tirer sur l’ambulance".

FSU

Se Unsa

Sur le projet de loi

Extrait de cafepedagogique.net du 06.1020

 

Quelle réalité pour l’instruction en famille ?
En 2018, dans la revue française de pédagogie (n°205), Philippe Bongrand et Dominique Glasman proposaient une "exploration sociologique" de l’instruction en famille, présentée comme un "phénomène émergent". Leur analyse relativise les propos tenus par E Macron le 2 octobre et interroge l’amalgame fait par le président. Selon P Bongrand et D Glasman, on compterait 30 139 enfants en instruction à domicile. Ce chiffre ne prend pas en compte les très nombreux enfants pauvres privés d’école, évalués par des associations à 100 000 personnes. Sur les 30 000 jeunes officiels, 16 000 relèvent de motifs reconnus impératifs par l’Education nationale : maladie, sportifs de haut niveau, enfants de parents itinérants etc. Et 14 000 ont fait le choix de l’instruction en famille. L’étude montre comment le discours officiel sur ces enfants s’est durci depuis 1999 avec le soupçon de radicalisation. " Ces profils de familles existent, comme nos enquêtes en cours auprès de parents ou d’agents chargés de leur contrôle permettent de le documenter. Mais les connaissances actuelles ne permettent en rien d’affirmer qu’elles seraient prépondérantes parmi les familles qui instruisent hors établissement", assurent les deux chercheurs. " Le risque existe d’accorder moins d’attention au cas, beaucoup plus fréquent et banal, des parents qui déscolarisent leur enfant faute de pouvoir scolariser dans un établissement qui réponde à leurs attentes". C’ets le cas d’enfants victimes de harcèlement à l’école ou dont les parents veulent éviter l’établissement du secteur. Aussi pour les deux auteurs, l’étude de ces familles permet de mieux saisir les réalités de l’éducation nationale. " L’instruction dans la famille permet d’interroger la nature et la portée de la forme scolaire de socialisation... la plupart des questions posées à l’instruction en famille peuvent aussi interroger l’institution scolaire. L’instruction en famille permet à un grand nombre d’enfants d’apprendre et de progresser, si l’on se fie aux contrôles publics : les contrôles de l’Éducation nationale concluent que l’instruction donnée est conforme au droit à l’instruction de l’enfant pour 90,5 % des enfants non scolarisés (hors CNED réglementé) en 2010-2011, 93 % en 2014-2015 et 92,7 % en 2016-2017 (MEN, 2018). Que pourraient tirer de tout ou partie de ses pratiques les dispositifs scolaires ou établissements qui s’efforcent de remettre au travail des élèves qui ont décroché ?"

Dans la revue

Sur le site OZP

Extrait de cafepedagogique.net du 07.10.20

 

Instruction en famille : Une pétition déclare 80 000 signatures
" Je refuse que l’on nous prive de la liberté d’instruction qui est dans notre Constitution et ce au nom du nouveau "dada" de notre Gouvernement : le séparatisme. Cela fait un moment qu’ils veulent nous enlever ce droit, cette liberté et ce choix de vie et de pédagogie, mais là ils vont y arriver et c’est non !" Une pétition hostile à la suppression de l’instruction en familles réunit plus de 80 000 signatures quatre jours après le discours d’E Macron.

La pétition

Extrait de cafepedagogique.net du 07.10.20

 

L’école à la maison : enfants malades ou "pas dans le moule", qui sont les 50.000 élèves concernés ?
Emmanuel Macron souhaite la fin de l’instruction en famille (IEF) pour lutter contre les séparatismes, ce qui a rendu furieuses les familles prônant un véritable choix de vie.

Extrait de huffingtonpost.fr du 05.10.20

 

"Dans certains cas, l’instruction à domicile peut entraîner une forme de repli sur soi"

"Le principe de coéducation, en vigueur en France, soulève depuis longtemps les questions suivantes : Quel est le rôle alloué à la famille ? Quel est celui alloué à l’Etat ?", rappelle Jean-Louis Auduc, membre du Conseil des sages de la laïcité."Le principe de coéducation, en vigueur en France, soulève depuis longtemps les questions suivantes : Quel est le rôle alloué à la famille ? Quel est celui alloué à l’Etat ?", rappelle Jean-Louis Auduc, membre du Conseil des sages de la laïcité.

Extrait de lexpress.fr du 065.10.20

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