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Quelle éducation prioritaire ? : un dossier de Carnets rouges (n° 19, mai 2020), revue du PCF sur l’éducation (en ligne)

20 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Carnets rouges n°19 | Mai 2020 | Quelle éducation prioritaire ?
Le dernier numéro de Carnets rouges est en ligne !
Vous pouvez le lire et le télécharger librement sur le site internet de la revue.

SOMMAIRE

L’Édito | Paul Devin
À sa création en 1981, l’Éducation prioritaire traduit la volonté d’une lutte contre les inégalités sociales par le renforcement de l’action éducative dans les territoires où l’échec scolaire est le plus élevé. Quarante ans plus tard, si son impact reste faible sur la réduction des inégalités, force est de constater qu’elle a permis de contenir la dégradation dans une société où les inégalités sociales et économiques se sont fortement renforcées. Nul ne peut savoir ce que serait devenue l’école des quartiers les plus pauvres sans l’éducation prioritaire. Pour autant, les espérances portées en 1981 ne se sont pas concrétisées par une rupture dans la production des inégalités scolaires et, dans certains quartiers, la concentration des difficultés entrave très fortement la réussite de l’ensemble des élèves.

Le dossier
L’éducation prioritaire en France… et ailleurs : entre objectifs de démocratisation et orientations néolibérales | Jean-Yves Rochex
On insiste souvent sur l’instabilité et la discontinuité dont, en France, la politique d’Éducation prioritaire (EP) a fait l’objet de la part des différents ministères et des autorités politico-administratives, nationales et déconcentrées, discontinuité ayant rendu nécessaire de « relancer » ou « refonder » à plusieurs reprises cette politique. On insiste moins sur le fait que s’affirment et se contredisent, d’une phase à l’autre, des approches et conceptions différentes de ce type de politique, évolutions et contradictions qui peuvent paraître masquées dans notre pays par une certaine continuité réglementaire et terminologique

L’impensé de la priorisation territoriale de l’éducation prioritaire. Retour sur le rapport « Territoires et réussite » | Choukri Ben Ayed
Le rapport de la mission « Territoires et réussite » remis par Ariane Azéma et Pierre Mathiot à la demande du Ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, ne laisse pas indifférent. Il présente un impressionnant concentré des dysfonctionnements du système éducatif en matière de lutte contre les inégalités. Ces constats ne sont pas nouveaux, ils ont déjà été étayés largement par la recherche. L’originalité du rapport est qu’il se centre sur le niveau territorial. Cette centration sur le niveau territorial, en lien avec la question des inégalités, n’est pas anodine elle s’inscrit dans une évolution croissante de la territorialisation des politiques publiques dans différents domaines comme ceux de l’emploi, de la santé ou du social.

Education prioritaire : un label, une garantie | Anne-Sophie Legrand
Le ministre de l’Education nationale souhaitait un « changement de paradigme » : une politique d’éducation prioritaire plus subtile qui n’est pas en noir et blanc, une approche plus graduelle ou, dit autrement, une allocation progressive des moyens qui permette de les diluer discrètement jusqu’à la dose homéopathique. Le 5 novembre 2019, le couperet est tombé. Le ministre a pu annoncer la fin du label REP en 2021, c’est-à-dire le démantèlement des deux tiers de l’éducation prioritaire abandonnée à une gestion académique.

Cité éducative. Un dispositif « novateur » au service des enfants et de la jeunesse ? | Emmanuel Degrittot
Issue du rapport Borloo, la « cité éducative » a pour objectif de regrouper, à partir du collège et des écoles, tous les lieux et tous les acteurs prêts à soutenir, ensemble, l’éducation des enfants. C’est un vaste programme interministériel qui est affiché et qui montre, sur le papier, une volonté de répondre à de réelles préoccupations, à un enjeu de société fondamental : celui du vivre ensemble, celui de la lutte contre les inégalités sociales et scolaires.

Curriculum et inégalités | Marion van Brederode
Un mouvement historique de diffusion de l’instruction, démarré dès la fin du XIXème siècle, a abouti à une explosion de la fréquentation scolaire, à un allongement important de la scolarité et à une élévation globale du niveau de formation de la population. Cependant, ce mouvement n’a pas réussi à relever le défi de réduire les inégalités de réussite à l’école liées à l’origine sociale des élèves malgré la mise en place, dès 1981 en France, d’une politique d’éducation prioritaire pouvant être considérée comme une réponse du ministère de l’Éducation Nationale à l’émergence de l’échec scolaire comme problème social.

À travers le cas d’une discipline, les mathématiques, y a-t-il en ZEP un enseignement ordinaire ou spécifique ? | Denis Butlen
Nous montrons comment les difficultés rencontrées par les élèves peuvent se conjuguer, voire se renforcer en raison de certaines pratiques enseignantes. Nous mettons ainsi en évidence un processus dialectique de construction des difficultés d’apprentissage des mathématiques pouvant conduire des élèves, notamment issus de milieux socialement défavorisés, à manifester des connaissances de plus en plus fragiles. Dépasser ces difficultés, élaborer des alternatives en termes d’enseignement constituent un défi posé au système éducatif, à la recherche, à la formation et plus généralement, à la société.

Quand maîtriser la langue écrite ne suffit plus pour lire et écrire en classe | Elisabeth Bautier
Depuis une vingtaine d’années, les évaluations internationales (PISA, PIRLS), les programmes d’enseignement, les théories d’apprentissage qui sous-tendent les situations pédagogiques reposent sur des usages du langage et de la langue dits « littératiés ». Cette notion de littératie étendue ou élargie signifie que la maîtrise de l’écrit, en lecture comme en écriture, ne peut être réduite à la maîtrise des seules formes écrites du système linguistique. Il s’agit, bien au-delà de cette maîtrise, néanmoins toujours nécessaire, de mobiliser des usages du langage, à l’écrit mais aussi à l’oral, supposant la mobilisation simultanée des ressources cognitives, langagières et linguistiques, des habitudes de raisonnement, de réflexion, qui s’élaborent dans la fréquentation de l’écrit et évidemment des savoirs scolaires, eux-mêmes toujours construits dans l’écrit.

Les politiques d’éducation prioritaire des gouvernements de la « nouvelle gauche latino-américaine » : transformations timides | Cintia Indarramendi
Ce texte propose de réfléchir aux effets du « tournant à gauche » sur les politiques d’éducation prioritaire (PEP). Après avoir présenté ce « tournant » nous analyserons les ruptures et continuités par rapport aux orientations des politiques néolibérales des décen- nies précédentes ainsi que par rapport à l’évolution des PEP dans différents pays de l’OCDE.

 

Hors-dossier : autour de Lucien Sève
« L’urgence d’élaborer davantage. » | Christine Passerieux
La troisième vie de Lucien Sève vient d’être brutalement interrompue par le coronavirus. Cet immense philosophe n’a cessé de conjuguer rigueur intellectuelle, insolence politique, attention sans faille aux autres, passion pour la « dispute » intellectuelle, empêchant de penser en rond toutes celles et ceux qui l’ont rencontré ou ont fréquenté son œuvre. Notre revue est de ceux-là, dont il saluait l’existence et à laquelle il a contribué sans hésiter.

Suite à son décès en mars dernier, Carnets rouges a décidé de republier dans ce numéro deux articles qu’il avait publié précédemment dans la revue.

Destins scolaires, science du cerveau et néolibéralisme | Lucien Sève
« Tous les enfants partagent la capacité d’apprendre et de progresser. » Que cette évidence encore si disputée figure depuis 2013 dans la loi est un acquis de singulière importance. Acquis de haute lutte, beaucoup aujourd’hui n’imaginent plus à quel point. Lorsque je l’engageai dans L’Ecole et la Nation avec ma longue étude de 1964 « Les « dons » n’existent pas », je ne rencontrai d’abord presque que des critiques, même chez les esprits les plus avancés

Apprendre n’est pas ce qu’une certaine neuroscience cognitive nous raconte | Lucien Sève
Donc, l’école publique française n’a pas seulement la chance d’avoir pour ministre la plus médiatique des personnalités, elle a aussi pour penseur pédagogique en chef le plus titré des neuroscientifiques, premier disciple de Jean-Pierre Changeux qui fonda naguère la science française de l’homme neuronal – Stanislas Dehaene. Lequel a entrepris de nous apprendre ce que veut dire apprendre. Et bien qu’il soit hardi de ramener à un bref article en noir le contenu érudit d’un gros ouvrage bourré d’imagerie cérébrale en couleurs, prenons le risque.

Propositions de lecture
Enfances de classe | Sous la direction de Bernard Lahire
Note de lecture proposée par Erwan Lehoux

Les gestes professionnels dans la classe | Dominique Bucheton
Note de lecture proposée par Patrick Rayou

Sans foi ni loi | Marion Brunet
Littérature jeunesse proposée par Françoise Chardin

Celle qui venait des plaines | Charlotte Bousquet
Littérature jeunesse proposée par Françoise Chardin

Extrait de reseau-ecole.pcf.fr de mai 2020

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